Jean-Antoine-Hubert Roudil de Berriac - Jean-François Séguier - 1768-6-6
Jean-Antoine-Hubert Roudil de Berriac, Carcassonne
Jean-Antoine-Hubert Roudil de Berriac - Jean-François Séguier - 1768-6-6
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Lettre du 6 juin 1768 (de Carcassonne) : « Je commencerai par vous faire part qu’il y a environ huit à neuf mois que quelqu’un s’intéresse à moi et me conseille d’entreprendre de traiter le sujet que l’Académie des Inscriptions et belles-lettres de Paris a proposé pour le prix de la Saint-Martin 1768 et qui consiste à examiner quels furent les noms et les attributs divers de Jupiter chez les différents peuples de la Grèce et de l’Italie : et quelles peuvent être l’origine et les raisons de ces attributs. Je saisis assez imprudemment cette idée plutôt dans la vue de m’exercer à traiter des sujets de littérature que dans l’espoir de réussir à traiter celui-ci selon les vues de l’Académie /[fol 221 v°] indépendamment du sentiment de ma médiocrité qui m’aurait ôté cette espérance. J’avais songé trop tard à travailler et j’avais perdu cinq ou six mois qui s’étaient écoulés depuis que le sujet avait été annoncé. Je ne tardai pas à m’apercevoir que ce sujet était plus étendu que je n’avais pensé d’abord et fort au-dessus de mes forces. Cependant, je ne me décourageai pas. Je résolus seulement de renoncer à concourir au prix de cette année et néanmoins de m’occuper à des recherches relatives à la question proposée pour les discontinuer si le prix est adjugé, ou les suivre s’il arrive qu’il soit remis comme a été remis le prix de l’année 1767 dont le sujet était les noms et les attributs de Saturne et de Rhée. Vous savez, Monsieur, que l’objet de ce prix fondé en 1754 par M. le comte de Caylus a été d’encourager l’étude des anciens monuments : l’Académie s’en est même expliquée très positivement dans le programme du nouveau prix, en avertissant qu’elle ne demande pas le détail de tout ce que les Mythologues ont débité au sujet de Jupiter et qu’elle ne considère les dieux dans cette suite de dissertations que par rapport aux monuments. Après avoir cherché dans un grand nombre d’auteurs anciens tout ce qui m’a paru avoir rapport à mon sujet, j’ai parcouru les auteurs modernes qui ont traité des monuments anciens et que j’ai pu me procurer, tels que Golzius, les Nummi urbium illustrati du père Hardouin, plusieurs ouvrages de Vaillant, les dissertations de M. de Spanheim, de praest. et us. numism., les antiquités de Boissard, les médailles d’Occo, celles d’Aeneas Vicus, le corpus d’inscriptions de Gruter sans compter les chapitres de l’Antiquité expliquée qui traitent des noms et des attributs du Jupiter et le traité de Lilio Giraldi sur la même matière. Voilà pour ainsi dire les seuls livres d’Antiquités que j’ai pu découvrir ici et à Toulouse. C’est bien peu en comparaison /[fol 222 r°] de ceux qui me manquent, mais si l’Académie n’adjuge point le prix cette année, je serai à portée de les consulter à Paris où je compte d’aller cet hiver. Si au contraire elle l’adjuge, je serai dispensé de cette recherche. Je ne sais si je me forme une idée juste des sources où je puis puiser mais j’imagine qu’il me faut parcourir d’abord tous les recueils de médailles tels que ceux de Morel, Mezzabarbe, Tristan. Les ouvrages de Vaillant, de Seguin, d’Ursinus, Beger, Du Choul& c. 2° ceux qui traitent des pierres gravées et anneaux antiques. 3° Ceux qui roulent sur les anciennes inscriptions et les anciens marbres, le Commentaire sur les inscriptions de Gruter par Graevius, celles de Reinesius, de Fabretti, de Muratori& c 4° les descriptions d’anciens monuments les Admiranda ant. Rom. Vestigia de Belloni, les Monumenta vet. Antii, les Miscellanea de M. Spon, les Antiquités de M. le comte de Caylus, les volumes qui ont paru sur les Antiquités d’Herculanum… » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 147, f° 221-222).