Grand document
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C
Lettre du 18 août 1736 ( ?) : «Quant à ce que vous désirez savoir du prix des médailles d’or, il est biendifficile de répondre positivement à cet article, puisque telle médaille ne vaut que par son poids, pendant qu’une autre vaut cent francs de façon. En général, la conservation y fait beaucoup et toute pièce bien conservée peut être payée un écu de plus qu’elle ne pèse, mais, dans les cas embarrassants, je vous supplie de tâcher d’obtenir permission de m’envoyer la descripiton de la médaille. Le marchand y gagnera toujours si la pièce a quelque rareté, et cela nous épargnera le port des choses communes qui se présentent quelquefois en foule» (Paris, BnF, Mss. N. ac. Fran. 4384, f° 50 ; Sarmant 2003, p. 280, note 56). +
-Lettre du 17 novembre 1738 ( ?) : Labat se rend à Constantinople avec une recommandation de Rothelin auprès de l’ambassadeur de Villeneuve ; il renonce à acheter des monnaies d’Alep : « D’une part le catalogue n’est pas fait et peut-être ne trouverait-on personne à Alep capable de le faire ; de l’autre, indépendamment de catalogue, il faudrait être assuré de l’antiquité et connaître le degré de conservation de chaque médaille pour pouvoir décider de son prix. Ce sont là des embarras trop grands pour oser se flatter de conclure un pareil marché » ; « Le nombre de curieux ou pour mieux dire des commissionnaires des curieux est si grand à Constantinople que les médailles d’or y sont fort rares » (Paris, BnF, Mss. N. ac. Fran. 4384, f° 66 ; Sarmant 2003, p. 204, note 45). +
Lettre du 31 décembre 1738 ( ?) : « Je suis charmé que vous ne désapprouviez point le zèle qui m’a engagé à fixer en France le cabinet de M. le Bret. J’y trouverai peu de choses pour le mien, mais il ne sortira pas de notre pays et c’est ce qui m’a principalement déterminé. Je m’y serais définitivement enrichi, si M. Le Bret, ou, pour mieux dire, ceux qui ont fait ce cabinet pour lui avaient été plus connaisseurs en médailles ; presque toutes les pièces rares sont de coin moderne ou moulées, cependant il y a encore du bon et du beau, dont je ferai bon usage, s’il plaît à Dieu » (Paris, BnF, Mss. N. ac. Fran. 4384, f° 68 ; Sarmant 2003, p. 203, note 42). +
Lettre sans date ( ?) : dessein de faire graver toutes les médailles singulières de son cabinet: « Commes les restituées que vous avez vues, mais le graveur est si cher et is indolent qu’il n’est pas possible d’entreprendre une si grande dépense » (Paris, BnF, Mss. N. ac. Fran. 4384, f° 35 ; Sarmant 2003, p. 201, note 26). +
-Lettre du 16 janvier 1732 () : reçu de 16000 livres de M. Duvau pour la vente des «medailles d'or du cabinet de Mr de Maisons dont jay été adjudicataire et que je luy ay cedées » (Aristophil, Drouot, 20 nov. 2019, lot 761). +
Lettre du 25 juillet 1739 (s.l.) : Après avoir évoqué, p. 164, le nouveau Musée construit par Scipio Maffei, Brosses mentionne trois cabinets véronais dont ils ne parle pas des médailles:« Nous ne sommes pas fortunés en cabinets; celui de Moscardo, le plus célèbre d’Italie, est presque tout dissipé, et nous ne pûmes voir le reste; le maître était en campagne, n’ayant pas prévu notre arrivée. J’allai à celui de Saibanti, où il y a force manuscrits, quantité de bronze antiques, surtout de monuments égyptiens et de lampes antiques de toutes matières et de toutes figures, des cachets de famille en quantité, une tête grecque qui fera un Thésée si vous le voulez, grosse comme la boule des Bernardines, peut-être un peu moins. Au palais Bevilaqua, des statues dont quelques-unes antiques, des peintures (...).» (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XII, « Véronne, Vincence », p. 169). +
Lettre du 3 octobre 1739 (de Florence) : « En attendant, vous pouvez dire à Quintin qu’il se console de la mauvaise antienne que je lui avais annoncé sur la cessation du Musæum Florentinum; heureusement pour lui, l’abbé Niccolini est revenu de Rome et à remis l’ouvrage en train. J’ai vu le quatrième volume, qui contient les médailles, presque achevé d’être gravé; cependant je ne pourrai le lui apporter à mon retour, comme je l’avais d’abord espéré: il ne sera prêt que dans un an... » (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XXIII, « Route de Bologne à Florence », p. 308). +
Lettre du 16 juillet 1739 (de Milan) : « On s’est avisé de nous annoncer sur le pied de docteurs du premier ordre. (...) C’est le secrétaire Argellati, lequel vient de donner les éditions de Mezzabarba, de Muratori, de Sigonio et d’autres, d’ailleurs fort bon homme et fort serviable, qui nous a donné cette belle réputation, moyennant quoi il a fallu figurer dans les assemblées de lettrés « (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre VIII, « Mémoire sur Milan », p. 133). +
-Lettre du 15 septembre 1739 (?) : « J’ai réservé pour la dernière, la principale chose qu’il y ait en Europe. C’est l’institut ou académie des sciences, établissement formé depuis peu par le comte Marsili. Ceci mérite un grand détail et vous l’aurez. L’immense quantité de choses qui y sont comprises n’est pas plus admirable que l’ordre dans lequel elles ont été disposées; et, ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que tout ceci est l’ouvrage de quelques particuliers, qui l’ont entrepris depuis une vingtaine d’années. Voici donc d’une manière assez sèche le catalogue de ce qui le compose, après vous avoir dit que le bâtiment est, comme de raison, fort vaste et d’une belle architecture, de la façon de Tibaldi. (...) Salles d’antiquités, statues, idoles, médailles, poids, urnes, lampes, lacrymatoires, bronzes » (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XX, « Mémoires sur Bologne », p. 265 et 267). +
Lettre du 8 octobre 1739 (de Florence) : « C’est avec des statues, des bas-reliefs et des médailles du temps que l’on fait de bonnes notes aux historiens » (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XXV, « Suite du séjour à Florence », p. 336). +
Lettre du 24 novembre 1739 (de Rome) : « Les curiosités du palais (sc. royal) sont en grand nombre; c’est toute la riche collection Farnèse qu’on a transporté de Parme à Naples. (...) Tout ceci était resté jusqu’à présent fort mal en ordre et ne commence que depuis peu à prendre quelque arrangement, par les soins du sieur Venuti, lieutenant des galères : c’est un gentilhomme florentin fort habile surtout en ce qui regarde les médailles. Il y a ici de quoi satisfaire son goût à cet égard. Le recueil de la maison Farnèse est un des plus beaux et des plus complets qu’il y ait en Europe. J’ai été charmé en particulier de la manière heureuse et commode dont elles sont disposées dans de grandes armoires sans épaisseur, grillées et couchées à la renverse sur des tréteaux. Les médailles sont disposées en lignes horizontales au-devant de l’armoire comme des rayons; elles sont enfilées, ou font semblant de l’être dans des verges de cuivre comme des éperlans. Les brochettes portent des deux bouts sur les montants de l’armoire, dans de petites échancrures, où elles sont mobiles de sorte que, les extrémités des brochettes perçant en dehors, on peut tourner les médailles pour en voir les têtes et les revers, et cela sans ouvrir l’armoire; moyennant quoi on a facilité, sans pouvoir toucher ni déplacer les médailles, de les voir fort à son aise, tête et revers, et même tous les revers d’une même tête d’un seul coup d’œil. Les principales médailles qu’on nous fit remarquer sont un Britannicus avec le mot alabanda pour exergue au revers; un Pescennius Niger, frappé à Antioche, revers Dea salus; un Pertinax, ...» (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XXXI, « suite sur le même sujet » (i.e. Mémoire sur Naples), p. 388-389). +
Lettre s.l. s.d. : "Ficoroni fait depuis longues années le métier de démonstrateur d’antiquités; il a une grande routine de connaissances : c’est le guide ordinaire des étrangers; mais il est vieux et sourd, parleur impitoyable et fatiguant » (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XLVII, « Poètes épiques, Antiquaires, ...», p. 255). +
Lettre s.l. s.d. (théoriquement, mars 1740): « L’heure ordinaire de notre dîner faisant une lacune dans notre journée, nous la donnâmes à la bibliothèque de Muratori. Nous trouvâmes ce bon vieillard avec ses quatre cheveux blancs et sa tête chauve, travaillant, malgré le froid extrême, sans feu et nu-tête dans cette galerie glaciale, au milieu d’un tas d’antiquités ou plutôt de vieilleries italiennes; car en vérité, je ne puis me résoudre à donner le nom d’antiquité à tout ce qui concerne ces vilains siècles d’ignorance. Je n’imagine pas, qu’hormis la théologie polémique, il y ait rien d’aussi rebutant que cette étude. Il est heureux que quelques gens veuillent s’y adonner, oportet unum mori pro populo; et je loue fort les Ducange et les Muratori qui, se dévouant comme Curtius, se sont précipités dans ce gouffre; mais je serai peu curieux de les imiter. Sainte-Palaye, au contraire, s’extasiait de voir ensemble tant de paperasses du dixième siècle. Nous y fîmes diversion par quelques inscriptions romaines; car notre Muratori est un homme à plusieurs mains. Il nous dit qu’il s’était habitué à travailler ainsi tous les jours de sa vie sans se soucier des précautions qu’on prend contre le froid ou le chaud. Il nous fit des plaintes amères de ce que tutti I danari si spendevano in soldatesca, che andava rovinando affato le lettere. Enfin, après deux heures de conversation, où ne fut pas oublié le chapitre de notre ami le président Bouhier, dont le nom se trouve toujours naturellement dans la bouche des gens de lettres de tout pays, nous nous séparâmes du bonhomme, fort contents de sa simplicité et de sa vaste doctrine » (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre LVI, « Route de Rome à Modène, séjour à Modène », p. 544-545). +
Lettre s.l. s.d. (théoriquement, mars 1740) : « On y conserve entre autres choses trente volumes in-folio des ouvrages de Pyrrhus Ligorius, patrice Napolitain, tous écrits de sa main. Cet ouvrage roule presque en entier sur les médailles, les antiquités, et la géographie; c’est un travail immense ... « (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre LVIII, « Route de Milan à Turin, séjour à Turin », p. 577 - trésor des archives de l’Université de Turin). +
Lettre du 17 juillet 1739 (de Milan) :» Faute d’avoir su que le cabinet du comte Mezzabarba si riche en médailles antiques, avait été transporté de Milan à Pavie, nous avons séjourné inutilement dans cette ville [Pavie], sans y voire ce qu’il y en avait de plus curieux. Quant au cabinet de Settala, si célébré dans toutes les relations de Milan, il a le sort de tous les cabinets, qui est de dépérir peu à peu. Les héritiers du chanoine Settala ont vendu ou donné une partie des raretés qui le composaient. On peut pourtant s’amuser encore de quelques bonnes choses qui restent dans huit ou dix salles qui composent le cabinet, et qui sont remplies de beaucoup de chiffonneries » (... suit une description rapides de quelques curiosités dudit cabinet qui ne mentionne pas les médailles), pages 146-147).» (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre X, p. 146). +
Lettre du 4 octobre 1739 (de Florence) : « Vous saurez donc que ce qu’on appelle le Cabinet du grand-duc, sont les deux côtés parallèles d’une assez longue rue, qui se rejoignent à l’un des bouts par un corps-de-logis percé dans le bas de trois arcades, le tout d’ordre dorique uniforme, si bien exécuté par Vasari, que Michel-Ange n’a jamais rien fait de mieux à mes yeux. Ces deux lignes de la rue forment deux galeries qui ont, dans leur double contour, quantité de cabinets ou salons remplis de tant de choses diverses que je prétends ne vous en dire qu’un mot en gros, seulement pour vous en donner une notion. (...) Dans le huitième (sc. cabinet), environ cinquante mille médailles de toutes sortes d’espèces, grandeurs et métaux, parmi lesquelles j’ai vu deux Othon de cuivre moyen bronze car c’est une erreur de croire qu’il n’y en a point » (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XXIV, « Mémoire sur Florence», p. 323 et 326[Description des Galeries des Offices]). +
Lettre s.l. s.d. : « Que ne prenez-vous Ficoroni, comme je l’ai fait (sc. comme Cicerone) ? C’est le démonstrateur ordinaire, suivant la cour; on lui donne un sequin par jour. Mais vous voulez les choses à bon marché, et moi je vous montre gratis la lanterne magique. On le dit habile antiquaire ; en effet, il a donné quelques ouvrages passables en ce genre; il se donne ici pour être membre de notre académie des Belles-Lettres. Jugez comme il s’adressait bien pour prendre ce titre. Sainte-Palaye se contenta de faire un peu la mine, et, grâce à notre indulgente réticence, il est demeuré en possession de son titre. Tout ce qu’il m’a le mieux appris, c’est qu’il est très vieux et sourd comme un pot. Plût à Dieu, qu’il fut également muet ! Ces sortes de gens, quand on les mène avec soi, en vous faisant voir les antiquités avec leur baguette vous disent d’une même dactyle toute la râtelée de ce qu’ils savent ou ne savent pas, comme le moine qui montre le trésor de Saint-Denis, sans s’embarrasser si l’on est curieux ou non de les entendre, si l’on est pas plus pressé d’aller ailleurs sans s’interrompre, sans répondre aux questions que l’on leur fait ni aux éclaircissements qu’on voudrait avoir d’eux. Le bonhomme Ficoroni eut bientôt lassé ma patience. Diantre ! j’aime à parler un petit à mon tour. Je le congédiai à la première séance » ; p. 115 (description du palais et des collections Strozzi)« Il y a chez les Strozzi une quantité de curiosités de cette espèce (i.e. pierres gravées et camées), en médailles rares, pierres précieuses singulières, pierres gravées antiques... « ; p. 128 (description du palais de la Chancellerie, occupé par le cardinal Ottoboni)« Une galerie assez bien ornée, et une bibliothèque considérable, qui faisait partie de celle de la reine de Suède, dont le surplus est au Vatican. (...) On y trouve néanmoins beaucoup de manuscrits, outre une belle collection de médailles et de pierres gravées » (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XLI, « Suite du Mémoire sur Rome », p. 96, 115 et 128).
-Lettre s.l. s.d. : « Entrons dans les appartements. Marius, statue unique, mais il y a quelques bustes. Elle est au Capitole de temps immémorial: c’est par tradition que l’on sait que c’est un Marius. On dit aussi qu’elle a été confrontée avec une très belle médaille trouvée en Angleterre, dont la légende était fruste; mais on y lisait encore Cos. VII, ce qui ne peut convenir qu’à Marius « (voir Fr. d’Agay 1986, Lettre XLVI, « Suite du Mémoire sur Rome », p. 223-224 - description des trois palais du Capitole). +
-Lettre du 24 oct. 1708 (de Versailles) : « J’ai l’honneur d’être à présent de sa cour, et comme les bontés particulières, dont elle honore moi et ma famille, me mettent à portée de me trouver près d’elle diverses fois par jour, qu’elle aime passionnément les médailles, les pierres gravées, et généralement tout ce qui est antique, je l’ai priée de trouver bon que j’eusse recours à votre bonne amitié pour moi et à votre grande érudition pour pouvoir déchiffrer l’inscription de la pierre" (Paris, BnF, Fonds français, ms. 17712, f° 111v). +
-Lettre du 27 mai 1709 (de Versailles) : « Je vous envoie mon révérend père une médaille qui est tombée entre les mains de madame, et quelle a reconnu d’abord pour être moulée, vous en conviendrez sans doute vous-même au moment que vous la verrez. Cependant comme elle ne peut avoir été jetée, sur un original antique, que j’avoue ne connaître point du tout, Madame a jugé à propos de vous l’envoyer mon révérend père, pour avoir votre sentiment là-dessus. Le fond que je sais sur votre grande érudition pour tout ce qui regarde l’antique, et la connaissance parfaite de la langue grecque, me fait espérer que vous pourrez déchiffrer la signification des caractères de cette médaille. Elle me paraît du côté de la tête, dans le goût romain, et du temps d’Élagabale ou d’Alexandre Sévère. Voilà tout ce que j’en peux dire, au reste comme je suis persuadé que vous vous ferez un fort grand plaisir par rapport à Madame, de me marquer en cette occasion ce que vous pensez sur cette médaille, je n’ai fait nulle façon de vous / en supplier moi-même ; continuez-moi je vous prie votre bonne amitié et rendez-moi toujours la justice de croire qu’on ne saurait être plus parfaitement que je suis… » (Paris, BnF, Fonds français 17712, f° 115). +