Grand document
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C
-Lettre du 3 févr. 1673 : Patin donne des conférences privées de numismatique (Erlangen, Universitätsbibliothek, coll. Trew, CP n° 29 ; F. Waquet 1989, p. 992, note 65). +
-Lettre du 4 avr. 1675 (de Bâle) : commerce de monnaies antiques (Erlangen, Universitätsbibliothek, coll. Trew, CP n° 49 ; F. Waquet 1989, p. 982, note 16). +
'I have obeyed your commands in presenting your service to Mr Sutherland who thinks himself thereby very much obleidged to you and gives his humble service to you and desired me to acquaint you that Charleton and he have corresponded of a long time about ancient coyns and collected for each other such duplicates as they could procure, and if your curiosity ly that way he will be most ready to obey your commands of q<sup>ch</sup> you may acquaint me per next...' (London, British Library, Sloane MS 4038, f.337; Cowan 1933, pp. 92-3; Burnett 2020b, p. 1121) +
19 May 1789 (from ?): “J'ai vu avec plaisir ce que vous dites de la leçon diplomatique et numismatique, dans la lettre que vous avez écrite à M.T de Laserna-Santander, et je suis charmé que sur ce sujet nos sentiments soient les mêmes. La science numismatique fut cultivée de bonne heure dans les Pays-Bas. Déjà, du temps d’Erasme, on y recueillait les médailles et l’on s'appliquait à les expliquer; mais ce fut surtout Goltzius qui y fit fleurir cette science, cet homme de génie, aussi grand antiquaire que bon peintre, et imprimeur excellent, fit une étude particulière des médailles, et il dessina toutes celles qu'il trouva dans les cabinets des Pays-Bas, de l’Allemagne, de l’Italie, de la France, et les publia à son retour à Bruges. Quoique de son temps, il y eut déjà dans les Pays-Bas près de 200 cabinets de médailles, et le dit lui-même à la tête de la première édition de son J. César, il contribua à en répandre le goût de plus en plus et à en rendre la connaissance plus générale. Après lui, le Père André Schot, Gevaerts, Nonnius, le chanoine Hemelaers, Philippe Rubens et d’autres savants Belges, se distinguèrent dans cette science. Mais bientôt après, le goût s’en perdit, comme de beaucoup d’autres sciences. À la brillante époque de la littérature belgique, sous Albert et Isabelle, on vit succéder une longue nuit, et on ne trouva plus que quelques curieux isolés, qui s’occupassent en secret à recueillir des médailles.... Il faut donc réveiller le goût de cette science utile et agréable, et qui fut cultivée autrefois avec tant de succès dans les Pays-Bas. Rien à mon avis ne saurait plus y contribuer qu’une bonne leçon donnée par un habile antiquaire” (Voisin 1837, p. 9-10). +
-Lettre du 6 janvier 1750 (de Toulouse) : « Je regarderais que ce serait une espèce de félonie que de ne pas faire passer au Cabinet du roi tout ce que je pourrais trouver de rare en ce genre. Tout antiquaire français devrait penser ainsi, empêcher la dissipation des pièces rares qui se trouvent dans le royaume, et que l’on devrait consigner dans un dépôt aussi sacré, où en faisant honneur à la nation elles passeraient sûrement à la postérité la plus reculée « (Paris, BnF, Méd. 1 ACM 1 ; Sarmant 2003, p. 288, note 85). +
-Lettre du 16 décembre 1758 (de Toulouse) : « Vous trouverez ci-joint une lettre de change de 60 l. sur M. Joseph Amis de votre ville à quatre jours de date pour valeur des deux pièces que vous m’avez envoyées […] J’ai quelque scrupule sur ce médaillon. Il me semble que le mot Hadrianus a été refait et que sous les lettres qui le composent, il y a d’autres lettres plus grosses qui se voyent encore un peu […] Quoiqu’il en soit, je consulterai cette pièce et si mes soupçons se trouvent fondés, je vous la renverrai, et vous voudrez bien m’en tenir compte. Je vous serai bien obligé de m’annoncer tout ce qui vous tombera de rare, surtout en tête que je n’ai pas, dont je vous ai donné souvent le catalogue » (Paris, BnF, Ms. N. acq. fr. 11820, f° 196 ; Sarmant 2003, p. 285, note 75). +
-Lettre du 31 août 1686 (Paris) : « Voici deux petites pieces que je vous envoye encor par la voye de Mr Rainssant …voyla tout ce que je scay pour le present si ce n’est […] que Mr l’evesq[ue] de Pamiers a fait graver ses médaillons et ses plus belles médailles pour nous les donner en suite avec une espece de commentaire « (Lettre 618). +
Lettre du 24 septembre 1762 (de Vézénobres) : « Il s’agit, mon cher Monsieur, de me faire un petit plaisir, et dès lors je suis convaincu que vous voudrez bien vous y prêter avec votre affabilité reconnue. Le sieur Lion, que vous connaissez sans doute, et qui va souvent brocarder à l’auberge d’Orange, avait dernièrement deux médailles d’or de Trajan, d’un travail un peu sec, mais très bien conservées. Je vous prie de vouloir bien négocier avec lui comme si c’était pour vous-même, de façon qu’il vous confie ces deux médailles pour que je puisse choisir et renvoyer l’autre. S’il a encore les deux et qu’il ne veuille en confier qu’une, prenez sans balancer celle dont la tête vous paraîtra la mieux conservée, et la plus ressemblante aux grands bronzes connus, à moins que le revers ne fût tout à fait remarquable et le buste point défiguré car c’est là l’essentiel pour moi. À l’égard du prix, vous le connaissez mieux que moi, mais je ne pense pas qu’une médaille qui ne fut jamais du nombre des rares doive aller plus loin qu’aux environs de 25 ou 30 francs. Cependant, je vous laisse à cet égard /[fol. 5 v°] pleine et entière liberté et pour vous être moins à charge, je vous envoie sous ce pli un louis d’or et demi valant 36 livres et vous me ferez compte de l’excédent ou moi à vous, si le cas échoit, à la première occasion.Si par hasard vous trouvez chez ledit Lion, ou ailleurs, un bel Antonin Pie, en or aussi, je vous serai obligé d’en faire l’acquisition pour moi et j’aurai soin de vous rendre avec grande exactitude, ce que vous aurez eu la bonté d’avance de surplus pour moi. Si vous ne pouvez pas trouver de commodité bien sûre pour me l’envoyer, vous pouvez, si vous le juger à propos, tenter la voie du porteur de Nîmes à Alès qui passe à la porte de mon château deux fois au moins par semaine et à qui je donnerai amplement pour boire, si il m’apporte une de vos lettres un peu garnie. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 5-6). +
Lettre du 6 octobre 1762 (de Vézénobres) : « J’ai à vous rendre, Monsieur, des grâces de toutes les espèces et des assurances à vous donner de toute ma reconnaissance. Ce sentiment est bien doux quand il regarde quelqu’un pour qui l’on a déjà une estime aussi sincère et aussi bien fondée : la médaille de Trajan m’a fait plaisir, il n’y avait point en effet à balancer sur le choix. Non seulement le revers de l’Arabe est moins commun, mais le buste à plus de relief, et comme la tête exprime un âge un peu plus avancé, cela ajoute encore à l’idée que nous formons d’une plus grande ressemblance. C’est par cette raison ce me semble que les caricatures bien dessinées des Italiens conservent ordinairement cet avantage, quoique exagéré, mieux que les portraits les plus finis, et la vieillesse, ou pour mieux dire l’age plus mur, est une véritable caricature des mains de la nature même. Je ne doute pas que vous n’en eussiez déjà fait la remarque et elle est assez singulière pour en tirer bien des inductions, soit pour les masques de théâtre des anciens, soit pour leurs statues colossales. Si le juif Lion, quand il aura reçu son autre Trajan, veut bien encore vous confier son Vespasien et son Philippe en y mettant un prix raisonnable, je les verrai avec plaisir, et si je garde l’un des deux, je pourrai lui donner en échange un beau Tibère que j’ai en double en or, qui est très bien conservé, et même avec quelque petit bénéfice si vous le jugez convenable. Ainsi, je pourrai vous envoyer, ou par porteur ou par quelque / [fol. 7 v°] autre commodité, si vous me l’indiquez et que je payerai volontiers les deux médailles, l’une de Trajan pour la lui rendre, l’autre de Tibère pour la lui troquer, ou plutôt vous aurez la bonté de garder cette dernière en cas que vous puissiez à votre plus grand loisir en faire affaire avec le possesseur de l’Antonin Pie qui ne devrait pas, en bonne justice, être plus cher que Tibère, mais dont je consens cependant à donner le retour honnête que vous fixerez. Il n’y a rien à tout cela de pressé à beaucoup près. J’ai éprouvé par moi-même, combien les arguments de M. Boudon sont longs, embarrassés et peu concluants. Ainsi, puisqu’il balance en estimant sa Faustine cent écus, il n’y a qu’à n’y plus songer, à moins qu’il ne vint quelque jour à vouloir s’en défaire et à n’en trouver que quatre louis ou en dessous. En ce cas, je vous prierai de la prendre comme pour vous et d’en donner jusqu’à 10 pistoles et même quelque chose au-dessus pour en déterminer. C’est une misère dans tous les genres d’avoir à traiter avec gens mal instruits et qui croient l’être bien. Il vaut encore mieux avoir à se débattre avec un brocanteur d’office, même un peu fripon. Il est plus aisé d’en tirer parti du côté de l’intérêt, pourvu qu’on ne se laisse pas tromper sur le mérite de l’objet même. La Pallas de M. Pichoni devrait avaler une douzaine au moins de Faustines comme celle de M. Boudon. Je lui ai vu aussi une petite médaille d’Alexandre en or, et une très petite bague de cornaline-onix, consacrée, je pense, à Mercure. Ayez /[fol. 8 r°] la complaisance de vous informer fort à loisir s’il s’est dépouillé aussi de ces deux effets et surtout du dernier et en ce cas, tâchez de savoir combien il en a tiré. Je vous demande pardon, Monsieur, de toutes ces petites importunités. Elles donnent du moins un léger véhicule au commerce de la curiosité, mais dans ce commerce, je ne sens que trop qu’il n’y a rien à apprendre pour vous et beaucoup à gagner pour moi. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 7-8; Rambach 2023, p. 26, note 33).
Lettre du 13 octobre 1762 (de Vézenobres) : « Tous les marchés, mon cher Monsieur, que l’on fait avec des Juifs doivent se sentir un peu de l’ancien goût de l’érain et je crois qu’il faut passer par-dessus cette observation quand on veut se satisfaire et qu’on est trop vieux pour attendre les bons marchés. Ainsi, je vous renvoie par la présente que je compte que M. de Castelnau voudra bien vous faire remettre avec sûreté :
1°. Le Philippe de Macédoine, parce que j’en ai un infiniment plus beau, bien mieux conservé et qui ne m’a jamais coûté que 30 lt. Cela serait inutile à dire à présent, si cela n’était pas exactement vrai, mais il faut bien que tout le monde vive et le juif tout comme un autre.
2°. Celui des deux Trajan que je ne prends pas.
3 °. Le Tibère que j’ai promis.
Par ce moyen, Monsieur, un autre Trajan se trouvera payé par les 33tt que j’aurai pris la liberté de vous adresser et que vous lui avez données. Il ne me réserve donc à lui faire compte que du Vespasien nouvellement envoyé et que je garde volontiers, de façon qu’au moyen de 6 lt de bénéfice qu’il demande et que je vous prie bien du tout jusqu’à nouvelle découverte. Le Tibère que je lui envoie est certainement très beau et je ne m’en défais que pour n’en avoir pas une trop grande quantité d’incompatible avec mes facultés présentes. Je vous redevrai donc 6 lt que je ne joindrai pas cette lettre pour éviter les frottements et dont je vais faire note parmi les affaires les plus sacrées./ [fol. 9 v°] Il me reste à troquer un Titus en or qui est assez bien. Vous m’obligerez si à votre plus grand loisir, vous pouvez m’en faire défaire en troc avec du retour de ma part pour un Antonin Pie surtout, ou pour un Othon en or, et à leur défaut pour un Commode, mais rien ne presse pour cela, et encore moins pour les curiosités de M. Boudon, dont il est juste d’attendre la commodité, c’est-à-dire le caprice. Sa bague de Mercure est bien la même que vous m’indiquez et quoi que ce ne soit pas une merveille, je voudrais fort qu’elle ne sortit pas de la banlieue. Je prendrais volontiers aussi la Plautine d’argent, mais son prix est trop rebutant et il ne faut pas s’accoutumer à glisser trop au bord du précipice quand on ne veut pas tomber au fonds. Je vous prierai seulement de m’en dire le revers. Je vous remercie de m’avoir mis à portée de faire mon juste remerciement à M. le président de la Boissières, et je finis à la hâte, parce que l’exprès de M. de Castelnau presse, mais ce ne sera pas sans vous renouveler les assurances sincères de l’attachement le plus vrai et le plus respectueux. Calvière. Vous aurez la bonté de m’apprendre par la poste quand vous aurez reçu cette lettre et les 3 médailles. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 9; Rambach 2023, p. 27, note 35).
-Lettre du 7 novembre 1765 (de Vézénobres) : « Si vous savez par la réponse de M. Pèlerin quelque chose des dispositions du pauvre comte de Caylus, vous m’obligerez beaucoup de me les faire savoir. Il devait /[fol. 10 v°] avoir beaucoup d’ouvrages sur le chantier et nommément sa suite de Desgodets qu’il était en état de très bien faire et dont il serait grand dommage que le public fut privé. À l’égard de ses propres antiquités nombreuses, je crois qu’il les destinait pour le cabinet du roi. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 10-11 – online : https://www.seguier.org/correspondance/edition.aspx?id=528). +
-Lettre du 4 décembre 1765 (de Vézénobres) : « On m’a apporté ces jours-ci la dissertation de M. l’abbé Winckelman sur les antiquités d’Herculanum. Elle m’a fait plaisir, quoi que ce ne soit pas, si je ne me trompe, un antiquaire du premier ordre. Mais nous avions eu jusqu’ici peu de connaissances sur cet objet. Les volumes imprimés et gravés par ordre de la cour de Naples ne peuvent s’acquérir à prix d’argent, mais je ne désespère pas que quelque jour les libraires de Hollande n’en fassent faire une réduction en le faisant copier avec choix et même avec des additions instructives et si ce recueil était réduit ainsi en 3 ou 4 volumes in 4°, du format de ceux du pauvre comte de Caylus, je suis persuadé qu’ils trouveraient à s’en défaire à profit et que nous pourrions en jouir à un prix honnête. Toutes [les] curiosités du comte de Caylus ont dû passer dans le cabinet du roi, du moins il m’a dit plusieurs fois que c’était son intention et je ne doute pas qu’elle n’ait eu son exécution, quoi que ce soit porter de l’eau à la rivière. Mais j’aime encore mieux les savoir là, qu’entre les mains des Anglais qui nous battent quelquefois en temps de guerre et qui viennent nous enlever ce que nous avons de plus précieux en temps de paix. » ((Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 10-11 – online https://www.seguier.org/correspondance/edition.aspx?id=529). +
Lettre du 8 avril 1768 (de Vézénobres) : « À l’égard des curiosités, vous en trouverez peu de nouvelles, à la réserve d’une quarantaine de médailles et d’un très beau fragment égyptien en basalte vert que j’ai acquis à Lyon, dans les premiers temps où j’espérais / [fol. 17 r°] le plus que Dieu voudrait bien exaucer nos vœux pour le succès de ce remède, à l’occasion duquel il y a beaucoup de choses à dire, soit en sa faveur, soit contre. Mais depuis mon malheur, j’ai abandonné tout cela. Cependant, je crois, si je ne me trompe, que mon nouveau cabinet mérite à quelques égards le coup d’œil d’un connaisseur. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 16-17). +
-Letter of 16 July 1769 (from Vézénobres): « à l’égard des médailles de M. Boudon de Clairac, vous conviendrez qu’il n’y avait là rien de friand à beaucoup près […]. J’en ai pris vingt et une du gros paquet de soixante cinq et dix du petit paquet de vingt six, le tout du Bas-Empire, un Domitien, en or, plus la petite bouquetière d’Athènes » (Bibl. mun. Avignon, ms. 2356 ; Cavalier 2013, p. 191; Rambach 2023, p. 28, note 45). +
Lettre du 3 janvier 1771 (de Vézénobres) : « Mon cabinet ne mérite pas selon moi toutes les éloges que vous lui donnez. C’est le hasard plutôt qu’un dessein prémédité qui a rassemblé tous ces différents morceaux à deux cents lieues de la capitale, à peu près comme se forma par des circonstances très imprévues la fameuse colonne anglaise à la bataille de Fontenoy. J’ai acquis depuis peu trois nouvelles médailles en argent qui me font quelque plaisir. Il y a parmi une médaille grecque que je crois très ancienne et que je ne manquerai pas de soumettre à vos lumières, la première fois que je pourrai / [fol. 19 v°] me procurer le plaisir de vous embrasser et de me renouveler moi-même les assurances de l’amitié la plus sincère et la plus reconnaissante, de même que des sentiments tendres et respectueux avec lesquels j’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Calvière. Ce 3e janvier 1771. Je m’aperçois que le livre que vous demandez n’est point celui que je vous envoie, sans qu’il y ait de ma faute, ni peut-être de la vôtre, mais Antiquariæ supellectillis & c. est un autre livre de Pétau, tout différent du mien, quoi qu’il en soit parlé dans la première page, en faisant l’énumération des divers ouvrages de ce savant. Cependant, comme celui-ci renferme beaucoup de médailles gauloises et que vous en avez beaucoup, je me fais un véritable plaisir de vous l’envoyer. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 19). +
Lettre du 2 décembre 1774 (de Vézénobres) : « À l’égard de la médaille de Trajan avec le revers de la statue d’Hercule, je vous dois un remerciement de votre attention à me l’envoyer, mais comme je / [fol. 21 v°] l’ai déjà deux fois parmi mes médailles, je n’ai garde de vous en priver et il suffira, lorsque je repasserai par Nîmes, que vous m’en cédiez une autre, bien entendu que je ne veux en choisir qu’une ou deux tout au plus que parmi les moins importantes des vôtres et seulement comme un remplissage et point autrement. Ménagez votre santé, Mon très cher Monsieur, et mettez-moi toujours au nombre de ceux de vos amis qui sentent le mieux tout ce que vous valez et qui sont avec l’attachement le plus juste et le plus inviolable, votre très humble et très obéissant serviteur. Calvière père. À Vézénobre ce 2e décembre 1774. Comme je n’ai pas voulu que votre médaille de Trajan put se perdre par la poste, j’ai charge mon gendre de Mandajors, qui est allé à Nîmes ce matin, de vous la / [fol. 22 r°] remettre en main propre. De mon côté, je pourrai m’être trompé au sujet de la médaille d’un Hercule assis et peut-être le retrouveriez-vous en le cherchant ou dans Antonin ou dans Commode. Je veux à toute force embellir ou augmenter mon médailler qui est assez passable aujourd’hui. Mandez-moi, s’il vous plaît, si vous n’avez point trouvé parmi celles que j’avais mis à part pour vous les offrir, celle de Domitilla fourrée, au revers de pietas augusta. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 21). +
Lettre du 7 décembre 1774 (de Vézénobres) : « Je me hâte de vous faire le remerciement que je vous dois pour la médaille d’Hadrien que vous avez eu la complaisance de m’envoyer. C’est bien précisément celle que j’avais en vue et en l’examinant mieux je la trouve belle et assez singulière, mais quant à l’explication, elle est au-dessus de mes forces et c’est de vous que j’en attends une, après vous avoir expliqué mes idées qui ne sont que superficielles. D’abord, il paraîtrait assez simple et d’usage même, d’attribuer la figure du revers à celle de l’empereur même, d’autant plus qu’on ne voit dans ses mains ni la patère ni la haste pure, attributs ordinaires par lesquels les monétaires désignaient les divinités. D’un autre côté, cette barbe longue et assez avancée sur la poitrine n’est point celle d’Hercule ni de Hadrien qui la portaient l’un et l’autre courte et touffue. Il m’est donc venu dans l’idée qu’on avait peut-être eu l’intention de représenter le demi-dieu Quirinus / [fol. 23 v°] que le même Hadrien a déjà célébré ailleurs sous le type de Romulo conditori, portant sur ses épaules les dépouilles des vaincus & c. Ici, ce même fondateur qu’on dépeint assis pareillement sur des faisceaux d’armes a plus la barbe longue et pointue que lui donne une belle médaille de C. Memmius et par surcroît il tient dans sa main gauche un rouleau qui pourait être le recueil des premières lois qu’il donne aux Romains. Resterait en ce cas à expliquer ce que c’est que cette espèce de colonne sur laquelle il s’appuie de la main droite qu’il tient élevée. Ne pourrait-on pas dire que c’est un des soutiens du trône sur lequel il était et qu’il avait fait environner de guirlandes de fleurs dans la fameuse fête qu’il donna aux Sabins & c., car elles y sont distinctes. Mais toutes ces interprétations ne sont que des amusettes ou des délires vis-à-vis de celles que peut donner un homme aussi instruit que vous et avec autant de pénétration. J’avais oublié de vous dire que ma fille de Loriol avait remis entre les mains du R. Père Calais, jacobin, les 6 lt qui lui reviennent pour le petit livre que j’ai acquis de lui et il y a /[fol. 24 r°] apparence qu’il vous l’aura déjà sans doute mandé de même. Vous avez grand raison de me dire que c’est vous-même qui me fîtes apercevoir que cette Domitille fourrée pouvait être de quelque mérite quoi que la tête fut toute enlevée et de me rappeler que je vous avais prié malgré cela de vouloir bien l’accepter. Aussi, n’était-ce que pour savoir si elle se trouvait ou non parmi les 3 ou 4 autres doubles qui ne m’étaient plus bonne à rien, mais je ne vous priais point de me le renvoyer. C’est ce que votre attention et vos politesses vous ont engagé de faire. Ainsi, c’est de vous que je la reçois, car il est réel qu’elle n’était plus à moi sous aucun titre. Voici l’usage que j’en veux faire. Quelques antiquaires, et même en assez grand nombre, prétendent qu’il n’y a point de Domitille vraie en argent et Vaillant, plus circonspect et aussi éclairé qu’eux tous, se contente de soupçonner avec quelques-uns d’eux, que les médailles de ce métal que nous avons de cette impératrice pourraient bien être l’ouvrage de quelque artiste moderne très habile et possédant l’art d’imiter parfaitement. Or, notre médaille fourrée détient amplement ce soupçon /[fol. 24 v°] d’autant plus qu’elle porte un autre revers de pietas august. qui depuis fut imité par Domitia, sa belle-fille. Ainsi, selon moi, la réalité palpable de cette fourrée détruit le soupçon imputé à celle beaucoup plus belle que j’ai eu dans ma dernière acquisition d’Avignon, de 223 nouvelles. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 23).
Lettre du 4 janvier 1775 (de Vézénobres) : « Je serai bien aise d’apprendre par vous-même quelques nouvelles de votre santé, de vos travaux et même de vos amusements. Les miens sont toujours à peu près les mêmes, un peu de livres, de médailles, de dessins et un peu d’ajustements nouveaux dans mes jardins. Voilà en quoi tout cela consiste. Et comment on arrive petit à petit au terme, sans que ce dernier moment soit moins désagréable à passer pour les plus grands de la terre que pour nous autres. J’ai fait venir il y a quelques jours un de vos jardiniers de Nîmes qui s’appelle Moriés. Il m’a fourni quelques plantes communes et j’en suis assez content, ainsi il reviendra encore au mois de mars. Je crois devoir vous faire des excuses de vous avoir redemandé cette chétive médaille de Domitilla. Je / [fol. 25 v°] crois vous en avoir expliqué la raison bonne ou mauvaise, mais je ne laisse pas d’en être honteux parce que cela n’a rien de commun avec mes façons de faire ordinaires. Cependant, quoi qu’il en soit, j’ai retrouvé parmi mes rogatons une autre médaille très fourée et délabrée et j’espère que vous ne trouverez pas mauvais que je l’aie mise sous le cachet de cette lettre. C’est une Domitia que je ne crois pas à beaucoup près aussi curieuse que la Domitilla, mais qui pourtant n’est pas je crois au nombre des plus communes. Si vous en avez une pareille et en meilleur ordre, vous rejetterez celle-ci dans un coin pour la joindre à d’autres drogues, bonnes à troquer quand l’occasion s’en présente. » (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 141, f° 24-25). +
-Lettre du 7 avril 1702 (de Venise) :« J’ai eu l’occasion de connaître Mr le Chevalier Fontana (nb : Fountaine) et de lui faire toucher plusieurs médailles rares en argent du cabinet du noble Antonio Cappello Sénateur de la Patrie. Ce jeune seigneur se loue infiniment des honnêtetés qu’il a reçues de vous, et de l’antique au moderne il possède une connaissance entière. Je lui dois beaucoup de civilité pendant son séjour, mais la plus sensible obligation dont je lui suis redevable, est assurément celle de m’avoir donné de votre part la lettre toute remplie d’érudition, que vous avez écrite à Mr Perizonius. Comme je n’ai pas encore eu le loisir de l’examiner, vous aurez la bonté de me donner quelques semaines de temps pour les remarques, que vous exigez sur ces médailles consulaires, mais à ce que je vois quoique inventis addere soit assez facile en ce monde, vos conjectures sont si bien fondées, que vous embrassez le tout, sans laisser le moindre jour aux autres d’y pouvoir ajouter quelque chose. Par votre Specimen de la première et seconde édition, et par la renommée, qui vous publie pour / l’homme du monde le plus savant, j’avais l’avantage de vous connaître ; mais j’espère de lier avec vous une correspondance de bonne amitié, par les assurances que m’en donne Mr le Chevalier, que vous l’aurez pour agréable, trop heureux de contribuer par accident quelque chose à la gloire d’un si grand homme. La figure à genoux de la première médaille dans la famille AEMILIA représente sans doute la province d’Arabie, comme on la trouve in Traiano, et point du tout le roi ARETAS, lequel, quoique vaincu, devait porter le regium paludamentum, et par conséquent le diadème, distinction inséparable de son caractère ; de la même manière que les rois amis du peuple romain, par exemple Rhoemetalcès, Herodes, Deiotarus et Sauromates. La continuation du 1er tome in folio de Mr Begerus n’a pas encore paru en Italie ; mais je puis vous témoigner sans vanité, qu’ayant parcouru l’Europe, et visité beaucoup de fois les cabinets plus fameux depuis 20. ans de pratique dans le métier de la médaille, je n’ai jamais remarqué la couronne de rayons sur le dos du chameau, mais seulement une espèce de tête ronde, ou de couverte, qui servait pour la commodité d’y monter. / Touchant la 4ème médaille de la même famille, il n’y a que moi seul qui puisse vous en instruire, ayant acheté il y a 3 ans de la veuve de Mr Patin toutes les médailles de bronze, que j’ai trouvé dans son cabinet, entre lesquelles celle de Lepidus, dont il est question, est un vilain jet sablonneux ; la tête et la barbe refaites avec le secours du burin, et les lettres du même côté d’une égale fabrique. Mais le revers n’est point retouché, ce qui m’a persuadé que le véritable original pourrait être une médaille d’Auguste. Les peuples de cette île en ont frappé plusieurs, que l’on trouve dans le livre de Mr Vaillant de Num. Graec. P. m. 3 Il ne faut pas s’en étonner, car j’ai trouvé quantité de médailles fausses dans les cabinets de Morosini, Theupolo, Coraro (nb: Correr), Ruzini et Garzoni, que ce fameux antiquaire avait vendu pour bonnes. Je ne sait pas si sa dernière aventure est parvenue à votre connaissance ; la voici en peu de mots : il avait vendu pour 50 pistoles la famille HORATIA au Duc de Parme. Les antiquaires d’Italie l’ayant reconnue pour un coin moderne, ce Duc avait résolu de lui faire / un affront, et le bon homme en est mort de déplaisir. Cette espèce de supercherie s’est confirmée lorsqu’après sa mort, l’on a trouvé le même coin moderne avec cent autres de Cavin (nb : Cavino), que madame son épouse a vendu en France pour une somme considérable. Ceux qui cherchent le Corles ( ?) ne passeront jamais le pont, dont il est question. Votre remarque est juste sur la médaille de l’onzième table dans la famille ANTONIA. La figure debout doit exprimer M. Antoine nudo capite ; et si la mémoire ne me trompe je me souviens d’avoir lu qu’il se servait ordinairement pour la devise de son cachet du même type amuletique que nous y voyons du côté du revers. La médaille de la famille AUFIDIA corrige le texte de Tacite ; il y a plusieurs années que je l’avais remarqué. L’on voit dans la mienne autour de la tête le nombre de XVI. Outre cette nouvelle famille, je possède l’AUTRONIA, l’ATINIA, la MITREIA, et beaucoup d’autres médailles, que Patin n’a jamais vu, dont je vous enverrai les dessins lorsque vous le souhaiterez. Il faut malgré moi que je défende Mr Vaillant sur la famille BELLIA, nam recto Augusto nummum tribuit ; ceux qui verront mes médailles / en tomberont d’accord. J’ai confronté mille fois celle de Caligula et celle d’Auguste. La 1ère a le cou étroit, le visage un peu long, et facilement on le distingue ; la 2ème a le cou proportionné, la physionomie agréable et ressemble parfaitement. L’opinion que vous avez du carpicorne dans la famille OPPIA, contre les sectateurs de Suétone, est à peu près la même du P. Hardouin de Num. Herod . lorsqu’il explique le revers de la médaille de Lucius Caesar. Votre sentiment sur l’époque de Bithynie, qui ne se doit déduire qu’après la récupération de cette province, est très digne, et très bien fondée. J’ai une médaille moyenne avec la tête de Jupiter ΝΙΚΟΜΗΔΩΝ. In postica vero Roma galeata sedens in trophaeo, dextra palladium. Finitum hastam. ΕΠΙ. ΓΗΙΟΥ. ΠΑΠΙΡΙΟΥ. ΚΑΒΩΝΟΣ ΔΚC. Anno 224. La même époque dans la Vibia se pourrait bien entendre par une autre médaille que je possède ab una parti caput Bacchantis hedera insignitum, cum litens ΑΠΑΜΕΩΝ. ΝΙΤΡΕΩΝ, ab alia vistur supra. ΕΠΙ. ΓΑΙΟΥ. ΟΥΙΛΙΟΥ. ΠΑΝΕΑ. ΕΛΣ. anno 236 / Le nom de ΜΥΡΕΩΝ (que je crois ville de la Lycie) est ajouté à celui d’ ΑΠΑΜΕΩΝ, pour la distinguer de tant d’autres du même nom, dont les auteurs font mention. Au reste j’avais autrefois songé que les traits du visage de la bacchante respiraient un je ne sais quoi de majestueux (outre que l’on y remarque plutôt de la vieillesse) que ce pouvait bien être la tête d’Apamée, seu ad monumentumexarata similitudo ; et si l’on n’y voyait pas distinctement une longue boucle de cheveux pendante jusqu’au sein, j’y aurai trouvé du rapport avec la tête de Jules César. Vous en serez le juge et vous rirez peut-être de ma faible conjecture. C’est une chose étrange, que l’on ne trouve point la 3ème médaille dans la famille SEMPRONIA assez bien conservée pour y ajouter quelque chose de nouveau. La mienne a le même dessin que les autres ; cependant j’y distingue une espèce de séparation du haut en bas entre la tête et les lettres,comme un bâton augural… TAIC… et derrière le cou un sceptre, ou lituus, pourtant d’assez bonne longueur, et d’autres caractères rongés de trous et aplanis ; au revers le tripus, avec le / nom de ΠΙΤΙΟetc. Mais je ne vois point de vestige d’Actaeon au sommet dela tête, et je ne m’éloigne nullement de votre opinion, que ce pourrait être Jules César. Le monogramme de ΚΟΡΚΥΡΕΩΝ dans la famille Proculeia est très vraisemblable ; la première médaille de cette table a derrière le cou un trident, ce qui confirme votre opinion et par conséquent la tête est de Neptune, qui a beaucoup de rapport avec l’île de Corfou. Dans la dernière table de la famille Claudia ubi VOLCANO, adde litram N, et lege VOLCANON. La médaille de la famille MUCIA doit aussi se graver dans la CORDIA. Le bon homme Patin ne s’en est point souvenu. La médaille de cuivre, que je possède de la famille Turulbia, doit se graver aussi dans la Posthumia. M. Vaillant n’a mis au jour que la moitié de son type. Entre les incertaines de la dernière table n° 6 le petit chien entre le trophée et la victoire me fait ressouvenir, que la famille ANTESTIA s’en servit fidèlement. / … (sur une inscription communiquée par Andrew Fountaine). Si ma correspondance vous est agréable, voici mon adresse : A Mr le Prince Seneschal de Ligne à Venise et sur une autre enveloppe : Il molto illustre Signore mio Padrone Collmo il Signore Valentino Nicoletti. Rialto. Venezia. Je serais ravi d’avoir l’occasion de vous être utile, et vous prie… » (Paris, BnF, Manuscrits, Nouvelles acquisitions latines 389 : Correspondance numismatique d’André Morell d’ Arnstatt, pendant les années 1702-1703, p. 23-30 [en ligne sur Gallica] ; Callataÿ 2015, p. 312, II.6).
-Lettre du 4 mai 1702 (de Venise) : « J’avais cru jusqu’à présent, Monsieur, sans avoir encore rien la chère satisfaction de votre correspondance que vous étiez effectivement le plus habile et savant antiquaire de notre siècle. Votre Spécimen m’en avait donné une idée infaillible, mais la réponse obligeante du 4e du mois passé me fait aisément comprendre que vous êtes l’homme du monde le plus charmant. Grand Dieu ! quelle joie d’être instruit aussi agréablement : vous êtes né avec mille beaux talents, je les admire et je les envie, verum sine (livore ?). Il ne faut point s’étonner si votre Grand ( ?) vous estime. Il a témoigné son bon goût dans le choix de votre personne. J’aime votre mérite à la folie. Auriez-vous jamais cru dans vos vieux jours de recevoir à bon escient une déclaration d’amour ? Ne jugez pas si avantageusement des misérables conjectures, dont je remplis le papier. Scio me nihil fine. Mais puisque vous possédez quelque connaissance de la pépinière antique, dont je suis sorti, je dois vous dire en passant, que le ciel a châtié ma gloire dans un illustre emploi, que j’ai obtenu en Allemagne avec assez de malheur. Mes ennemis et envieux à la Cour de Vienne l’ayant offusquée par l’insigne présupposé d’un crime, dont mes mœurs et mon caractère étaient tout-à-fait éloignés. Le tumulte et un peuple favorisé par la vox, vox populi vox dei, me fit abandonner l’ambassade de Portugal où je suis établi avec assez d’avantage. Cependant le Roi mon maître ayant commis au plus sévère tribunal l’examen de mon crime prétendu sur la mort du feu Conte d’Aleneil, me absente, l’on m’a déclaré innocent par sentence définitive, et il y a plus de 3 ans que je puis retourner la tête levée chez moi ; cependant comme cela ne suffit pas à la délicatesse de mon opinion, et que le bruit commun à mon désavantage s’est répandu dans les climats les plus éloignés, je prétends que mon retour soit précédé de quelque emploi honorable, et je tiens ferme là-dessus. En attendant le succès d’un rêve avantageux, j’ai entrepris depuis que je suis à Venise une pauvre suite de colonies ; une des rois de Syrie, une des illustres dynasties de rois d’Asie, et une de Magna Graecia, qui comprend les médailles des villes. Quant aux suites latines d’or, d’argent et de cuivre des empereurs, je les ai abandonnées par l’impossibilité d’embrasser le fond. Il faut se fixer en matière de médailles ; c’est une dépense à laquelle la seule richesse de votre grande nation peut fournir et je n’aime aujourd’hui que la médaille dont je puis attraper quelque lumière pour l’histoire et pour l’érudition. J’en possède beaucoup sub ( ?) des empereurs et impératices je m’en passerais volontiers » (Paris, BnF, Manuscrits, Nouvelles acquisitions latines 389 : Correspondance numismatique d’André Morell d’Arnstatt, pendant les années 1702-1703, p. 50-57 [en ligne sur Gallica]).