Grand document
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A
-Lettre du 13 octobre 1690 : « Monsieur, en repassant mes papiers, j'ai trouvé un dessein fait a la hâte d'une médaille de Trajan de grand format comme vous voyez ci-joint. Cette médaille est fort considérable et si dans le temps que je l'ai fait j'avais eu la difficulté de TR P VI ou VII en tête, comme je l'ai a présent, j'y aurai regardé de plus près. La médaille est chez un avocat dans une petite rue vers l'Église de Notre-Dame, monsieur Dron vous y pourra mener, car j'y ai été avec lui et avec M. l'Abbé Nicaise; je l'avais mise a part et peut être cet avocat l'a encore mise a part et sera facile à trouver parmi une infinité de vilaines qu'il y a. Il y faut remarquer du côté de la tête, s'il y a TR. P. VI ou VII, car dans mon dessin j'ay mis, après les VI, un point, ce qui est une marque que je me suis douté qu'il y eut encor un plus grand nombre. Cette médaille aussi nous fait voir que Trajan n'était pas encore appelé GERM. DAC. quand il fut COS. DES. V. (En P.S. : La médaille ci-dessus n'est ni chez le Roi ni dans d'autres Cabinets de Paris.) » (Paris, BNF NAF 14823, f° 105 r, adresse au dos et cachet conservé, en ligne sur Gallica). +
-Lettre du 6/26 mars 1694, d'Arnstadt : « Monsieur, je vous suis bien obligé de toutes vos bontés que vous avez pour moi et souhaiterai avoir l'occasion de vous témoigner ma reconnaissance; j'ai reçu tout ce que vous m'avez envoyé; Hardouin de numi Herod; le catalogue des medailles de la Reine de Suède et les médaillons de M. d'Exprelat. Ayez bien soin des deux listes du P. Hardouin, cependant si vous avez encore besoin de l'original de sa lettre que j'ai, je vous l'enverrai de bon cœur. Je suis ici et me suis engagé avec M. le Comte de Schwartzbourg, c'est un Grand Seigneur, riche et la personne la plus acharnée de la médaille que j'ai vu : j'y ai bonne pension et tous les subsides pour travailler à mon ouvrage de médailles : on travaille actuellement à battre les planches de cuivre et se prennent du [signe égyptien ankh, « croix ansée »] des mines de M. le Comte; il y a aussi des curieux en herbe, qui regardent mes recueils stupentes et se font un plaisir de m'écrire tout ce que je veux, extraire des passages d'explications, ne demandant autre chose qu'à me servir pour apprendre, tellement que je nage en pleine eau. Mon Cabinet a un Cabinet pour le moins aussi grand que celui de M. de Seignelay, en tous métaux et en toutes grandeurs, plusieurs médaillons et quantité de grecques singulières que je n'avais pas vu. J'établis par tout correspondance pour l'augmenter. Faites mes cordiales salutations à notre cher ami Monsieur Dron. S'il arrive quelque médaille curieuse a Paris, ayez la charité métallique de m'en conserver un dessin ou colle de poisson, et amassez moi ce qui se publie en vous payant. Si Vous me voulez écrire, donnez la lettre à M. l'Abbé Bizot. Il y a à Gotha un savant qui fait imprimer tous les mois quelque nouveauté en matière de littérature. Il m'a pressé de lu faire tenir cette lettre à Paris, donnez-là au R.P. Mabillon en l'assurant de mes très humbles services et respects, comme aussi son illustre ami du même couvent. Si vous voulez, je vous enverrai régulièrement ces nouveautés ou du moins ce qui le mérite. Je crois que je ferai réimprimer mon Specimen avec l'assurance de mon travail présent. Si l'on avait quelque considération pour moi a la Cour je ferais le Cabinet du Roy a part. » (Paris, BNF, NAF 14823, f° 107 r, adresse au dos, en ligne sur Gallica ; Th. Sarmant 2003, p. 79, note 14).
-Lettre du 26 juin/6 juillet 1694, d'Arnstadt : « Monsieur, ces lignes ne sont que pour assurer de mes très humbles services et pour vous demander la résolution d'une difficulté que je trouve dans Marc Aurèle : il y a sur quelques unes des medailles TR POT. XXVII. IMP. VI. COS. III et aussi TR. POT. <XXVII.> IMP. VII. COS III d'un autre côté, il y a TR. POT. XXVII. IMP. VI. COS. III. Or je ne saurais accorder ces suites : pourquoi il y a IMP. VII avec XXVII puisqu'il y a distinctement IMP. VI avec TR. POT. XXVIII et par conséquent une indubitable rétrogradation. Vous trouverez dans les médaillons de M. de Pamiers de quoi vous convaincre et son incomparable médaillon avec ADVENTVS AVG. IMP. VI. COS. III suffit pour faire la preuve et TR. P. XXVIII du côté de sa tête. J'aurais souhaité que M. Vaillant eut touché cette difficulté puisque dans le médaillon précédent il avait trouvé TR. P. XXVII avec IMP. VII. Je pars dans ce moment pour Hall ou S.A.S. Monseigneur l'Électeur de Brandebourg se trouve pour faire l'inauguration d'une Université et Monsieur Spanheim s'y trouve et me présentera à ce Prince. Mes Cordiales Salutations a nos amis et surtout à Monsieur Dron. Le départ m'oblige de finir en vous en assurant que suis sincèrement et tout à vous. (la suite est de la main de Thoynard sur cette page et, au dos, autour de l'adresse : Ajouter d'Occo des medailles d'or et d'argent, où du coté de la teste il y a TR. P. XXVIIII. avec IMP. VI. au revers. Mezzabarba en rapporte pag. 224. une de bronze de son cabinet, ou il y a aussi du côté de la tête TR. P. XXVIII et au revers IMP. VI. avec MARTI VICTORI. Dans le cabinet du Roy il y a une médaille d'argent, où du côté de la teste on lit M. ANTONINVS AVG. TR. P. XXVIII et au revers RELIG. AVG. IMP. VI. COS III. Mercurius stans, dextrâ pateram, sin. caduceum. cité p. 68. par le P. Pagi. anno 174* *. Toutes semblables, du moyen bronze., hormis qu'il y a TR. P. XXVIII. r S C, sine inst. La même toute semblable en argent chez M. Foucault avec TR P XXVIII. Moyen Bronze, M ANTONINVS AVG TR P XXVII Cap. Laur. dextr. [, revers,] RELIG AVG IMP VI. COS III Mercurius dextrâ exuntram (?) sin. caduceum. Hinc incl. S C ad pedes. Page 31, I. ou II. médaillon. cf M. Aurèle. Page 37. II. médaillon cf L. Verus où il y a TR. P. XXVIII. cap. laur. dextr. Moyen bronze, GERMANIA SVBACTA IMP. VI. COS III. In imo S C; [revers] Figura muliebris humi d [je ne déchiffre pas les deux ou trois mots qui suivent]. Moyen Bronze, M. ANTONINVS TR. P. XXVIII. cap. laur. dextr.; [revers] IMP. VII. COS III. [rature] <Hinc ind> S C in ardâ (?), Figura militaris stans, sinistr. hasta (?), dextrâ victoriolam sin. hastam. Moyen bronze, M. ANTONINVS AVG TR P XXVII Cap. laur. dextr.; [revers] SECVRITAS PVBLICA IMP. VI. COS III, Figura muliebris dextr. hasta. manu dextrâ versus (?) caput sublatâ Sin. palmam longam. humi insidertum (?). Hinc incl. S C. » (Paris, BNF NAF 14823, f° 108 r-v, adresse au dos, en ligne sur Gallica; Th. Sarmant 2003, p. 79, note 15).
-Lettre du 26 août 1694 (d'Arnstadt) : « Monsieur, je suis ravi que vous fassiez la figure d'un Télèsphore entre Ésculape et UGEIA, c'est a dire, reconvalescent entre le médecin et la santé après une longue maladie* je ne vous souhaite qu'un seul pareil accident encor, puisque Vous n'avez la figure que de 35 en 35 ans : il vaut mieux cependant que vous ayez hérité de Mad(moisell)e vostre sœur que de lui avoir procuré un tel bonheur. Je crois que je me suis trompé a l'égard des medailles de Tit(us), car j'ay regardé fort exactement dans mes recueils et colles sans pouvoir trouver la rétrogradation. C'est une faute d'impression dans Mezzabarba, pag 124, lign. 57, et au lieu de TR P. VIII. IMP. XV : il faut y corriger TR P. VIII. IMP XV etc. Quant aux medailles de M. Aurèle la difficulté est plus grande et la chose mérite une explication un peu plus nette et exacte. Prenez bien garde à la médaille de M. Aurèle de M. Foucault, car j'en ai vu de semblables qui ne provenaient que de l'hasard en frappant sur la médaille d'un Emp(eureu)r précédent : et vous trouverez que l'on a frappé le coin de M. Aurèle sur une médaille qui était frappée d'Antonin Pie : car a sa TR.P.V. il n'était encore [qu'] IMP proclamé outre qu'il n'a eu que trois Consulats : tellement que la moitié de l'inscription de la médaille Fucaldi appartient à M. Aurèle et l'autre à Antonin et cela parce que le coin n'a pas frappé par tout sur la médaille. Je crois qu'il en est de même à celle de chifletius, déjà citée par M. Spanheim et je ne l'ai plus trouvé à Besançon chez M. Chifflet, lorsque je vis son Cabinet. J'ay vu M. Spanheim a Hall où il était avec S.M.Él(ectorale). de Brandebourg, à laquelle j'ai eu l'honneur de faire la révérence : Elle m'a entretenu une demi heure durant et m'a invité d'aller à Berlin voir son Cabinet, comme de fait j'espère d'y aller au premier jour, non pas pour y entrer en service, mais pour examiner le Cabinet Électoral et recevoir quelqu'aide pour l'avancement de mon ouvrage de médailles, je travaille aux planches d'icelui, avec un graveur que j'entretiens ici. Ne pourriez vous pas faire un essai chronologique de tous les Empereurs par années où il y a exactement tous leur TR. P. IMP. et COS. Cela m'épargnerait beaucoup de temps et j'y joindrais cela a mon ouvrage sous vostre nom. J'écris aujourd'hui a M. Leibniz et lui fais vos compliments. J'envoie à Gotha à M. Tenzel** la lettre du R.P. Mabillon, que je vous prie d'assurer de mes très humbles respects, comme aussi le reste de nos amis. » (Paris, BNF NAF 14823, f° 109 r, adresse au dos, en ligne sur Gallica ; Th. Sarmant 2003, p. 79, note 16).
-Lettre du 29 janvier 1695, d'Arnstadt : « Monsieur, j'aurais souhaité recevoir de plus grandes nouvelles de votre part, par l'occasion de M. Leers (?)* et il m'a envoyé votre billet. J'ai communiqué le livre du P[ère] H[ardouin] des Hérodiades à quelques amis, entr'autres à M. de Spanheim, qui m'a demandé de vos nouvelles : ils en sont fort scandalisés, et je crois qu'on imprimera ce traité, mais il serait à souhaiter qu'on y fit quelque sauce, c'est pourquoi je vous supplie de m'envoyer au plutôt quelque matière pour cela, afin que l'on puisse traiter cet auteur secundùm stultitiam suam. Mon Specimen, mutatis mutandis, sera achevé a pâque et je travaille assidument aux planches du premier tome du grand ouvrage : lequel contiendra les XII premiers Empereurs que l'on commencera à imprimer l'été prochain. Ne Seriez [vous]** pas homme à m'y aider en faisant un compendium chronologicum et exacte là-dessus, par colonnes, où a chaque année, il y ait les consulats : TR. POT. //IMP et ce qui est nécessaire comme vous savez mieux; je le ferais ajouter sous votre nom et vous en ferai tout l'honneur nécessaire, sans vous flatter, personne ne saurait faire cela mieux que Vous & vous m'obligeriez infiniment. Le R. P. Noris, cardinalable m'a écrit : Vale dixi Musis et Musæis, ainsi il n'y a rien à espérer davantage de ses études : il se plaint d'être englouti par des affaires publiques et les congrégations : et que son carrosse, chevaux et train le consument : je lui ai répondu que je croyais VEHICULATIONEM ITALIAE REMISSAM, le plaignant beaucoup d'être sorti de son repos, par craindre comme Paucus (?) d'être mangé par ses chevaux. Son livre de Epochae Syromacedonum s'imprimera à Leipzig; n'avez vous aucune médaille a y ajouter ou quelque observation à faire, de quoi il faudra l'avertir et, par provision, me l'envoyer, afin que sans faire le grand tour a Rome, j'attende la dessus ses ordres : car il faut faire honneur a cet illustre ami. Je ferai imprimer dans mon Specimen un petit récit de ce que le P[ère] H[ardouin] m'a fait et j'y joindrai sa lettre : conservez bien les deux listes. J'aurais bien besoin d'un Ertinger, car mes graveurs me font enrager, en voulant toujours ajouter a mes dessins et embellir mal a propos. M. de Rheims ne fait-il rien pour le Cabinet du Roy, ce n'est pas qu'il manque d'argent pour faire honneur à son Prince, puis qu'il a ordonné 500 mille livres a M. de Villeroi, pour sa charge de Capitaine des gardes du Corps, ainsi que je viens de lire dans les gazettes de Francfort. Je vous supplie de m'indiquer l'auteur qui a écrit sur le Capricorne d'Auguste pour prouver qu'il n'y est pas né sous ce signe. Ayez, la bonté de m'extraire son sentiment et en peu de mots et ses raisons. J'ay perdu les dessins et les observations que j'avais fait sur les deux medailles de Polémon qui appartiennent à M. Foucaut, demandez cela a M. Dron et renvoyez moi une copie, je vous en supplie. Dite moi vostre sentiment sur ce que je mets dans mon Specimen [Dessin] de la médaille d'Auguste ci-joint, que le monogramme*** signifie UPATOU IB. Car la 26 année de son règne revient justement a son douzième Consulat, ainsi l'on a marqué autrement sous Auguste que sous Néron, comme vous avez le premier trouvé. Vous trouverez dans mon Specimen quantité de médailles nouvelles et j'aurai soin d'envoyer des exemplaires à mes amis par la voie de M. l'Ambassadeur. Conservez moi toujours l'honneur de vostre amitié... (En P.S. : Quand bien je ne joindrai aucun compliments pour Monsieur Dron, je suis sur que vous lui en feriez de ma part, c'est pourquoi assurez le de mes très humbles services. La Gazette a publié que M. Galland a été pris pour s'être trouvé, par accident et malheur, chez le P(asteu)r La Roque, j'en suis fâché et souhaite qu'il soit remis en liberté, car je ne saurais croire qu'il ait fait quelque chose contre le service du Roi. L'on m'a dit que vostre Harmonie des Évangélistes allait s'imprimer. On l'attend en ce pays avec impatience. M. Carppow m'en a parlé. J'ay été à Gotha la semaine passée où j'ay parcouru 32 volumes de dessins de médailles faits par Strada : les desseins sont aussi grands qu'une affiche médiocre et une bonne partie fausses : je reconnais que ce Jacob Strada est cause de tant de medailles fausses, car il en a visiblement inventé et avec peu de jugement par exemple, il joint Othon et Poppée du temps de son règne. A Vespasien il attribue TR. POT. XX avec une magnifique TRIVMPHUS IVDAICUS et ainsi ailleurs. » (Paris, BNF NAF 14823, f° 110 r-v, en ligne sur Gallica ; Th. Sarmant 2003, p. 78, note 13 et p. 131, note 107).
-Lettre du 6 juillet 1696 (d'Arnstadt) : « Monsieur, le respect que j'ai pour une personne de vostre mérite est si grand, que je ne saurais vous oubliez quand je voudrais : je vous ai écrit un billet de Hollande par la voie de M. Graevius et je n'en vois aucun vestige de réception dans votre lettre. Si mon Specimen vous a plu, il plaira bien a d'autres, mais à vous dire le vrai, je n'en suis pas trop satisfait moi-même : j'écris aujourd'hui à M. Caen (?) à Rotterdam pour savoir ce que sont devenu les exemplaires que j'ay envoyé a mes amis de Paris il y a un an. Si l'abbé Bizot, à qui je les ai adressé, les a reçu, ils seront en purgatoire et il faudra les faire sortir par l'intercession de quelque Grand Saint. Les deux médailles de Polémon sont assurément de deux princes et sous deux Empereurs, si M. Vaillant soutient le contraire, c'est qu'il prétend conserver son infaillibilité, comme un Pape métallique. La médaille d'Asender d'or est très considérable, priez M. Rigord de m'en envoyer la colle, car j'en ay vu une a Nuremberg, où la teste ne ressemble point du tout a votre gravure : quant a Saturninus sur la médaille d'Antioche, je suis fort de vostre opinion que OUOLO ne peut être Volumnius l'intendant, deux magistrats si différents étant incompatibles sur une même médaille. Je trouve cependant la même difficulté pour le nom de Saturninus Volusius, parce que le nom de la famille se met toujours le premier, on dit Sentius Saturninus et non Saturninus Sentius etc. De plus comme la médaille est très fruste, à ce que j'en juge, il faut bien prendre garde que l'on ne prenne des apparences de lettres ou des lettres numérales pour un nom. Cependant si les lettres OUOLO se trouvent indubitablement, je crois qu'il faut lire SATVRNINUS VOLVSIANVS, pouvant se faire qu'il a été adopté par Volusien et ainsi ayant passé de la famille Sentia à celle de Volusien, Gouverneur de Syrie, a conservé son surnom de Saturninus, abolissant la famille Sentiæ et pour montrer qu'il entrait dans une autre, il a pris le nom d'adoption VOLVSIANVS, ainsi que cette terminaison était fort en usage pour ceux qui étaient adoptés : TREBONIANVS, POMPEIANVS, IVLIANVS, ANTONIANVS, AELIANVS, AVRELIANVS etc. Cependant, je vous prie, prenez, bien garde, peut-être que les lettres OU entre la tête et la palme ne sont que la terminaison de CATORNEIN OU, et qu'il n'y en a point en bas sous le bras gauche de l'Oronte, en ce cas le reste ne serait que l'époque, ETO. Vous me ferez un très sensible plaisir et service si vous m'envoyez une relation fidèle et circonstanciée touchant le Philosophe, car j'en suis sollicité par des amis qui me touchent et qui ont intérêt de la savoir au vrai. On a mieux fait de le condamner un souffleur en galère que de le pendre, car ce dernier malheur l'aurait empêché de souffler, au lieu que le premier lui en donne le moyen a force de ramer. Msgr. le Comte de Schwartzbourg augmente toujours son Cabinet en Grand Seigneur. Il a eu en ces jours passés entr'autres une médaille ΗΡΟΔΟΥ ΤΕΤΡΑΡΧΟΥ LΛΒ. Une palme etc ΤΙΒΕΡΙΑΣ dans une couronne, où Vous remarquez que cette médaille est pareille a une autre que feu M. Patin a vu in Thes. Mauroceno, p. 112 et que le P. Hardouin cite dans ses Herodiana, pag. 9, où il s'égaye fort en l'air sur la lecture de Patin qui est ridicule ΠΕΡΙΟΔΟΥ ΤΕΤΑΡΤ, pour montrer que Tiberias l'année quatrième de Tibere, et vous remarquerez cela dans son panégyrique, si jamais vous vous mettez après. Je ferai rendre fidèlement à M. Graevius les ports des lettres, c'est un très grand homme, qui m'a accablé d'honneur et de bienfaits à mon denier voyage d'Hollande. Le livre du P. Noris est achevé d'imprimer à Leipzig. M. Spanheim me mande qu'il est occupé aux index et préfaces sur Callimaque et Julien, ainsi nous verrons bientôt ces ouvrages-là, où assurément la sauce vaudra mieux que le poisson. L'on a aussi publié, L. Begeri, Thesaurum Brandburgicum, c'est le Thes. Palatinum habillé de neuf, il a cependant beaucoup de très belles additions. Un grand in-fol°. Souvenez Vous de me r'envoyer les listes du P. Hardouin. Conservez moi l'honneur de vostre amitié... » (Paris, BNF NAF 14823, f° 111 r-v, en ligne sur Gallica; Th. Sarmant 2000, p. 71, note 13, 2003, p. 117, note 27).
-Lettre du 31 ( ? 8 ?) novembre 1696, d'Arnstadt : « Monsieur, vous m'avez fait la grâce de mander quelque chose touchant le Sr Mesgrigny, du depuis un de mes intimes amis m'a envoyé la copie ci-jointe d'un placet qui doit avoir été présenté au Roi. Et il me prie avec la dernière instance de m'informer par quelque ami fidèle de la vérité du fait. Je ne saurais mieux m'adresser qu'a vous ou a Mr. Dron. C'est pourquoi je Vous supplie le plus que je puis de m'informer de deux choses. 1. Si le placet a été effectivement présenté au Roi et si le fait y contenu, s'est passé comme la teneur le marque. 2. Si les projections se sont faites réellement chez Made. de Montigny. C'est tout ce que je désire de savoir, pour connaitre si Mesgrigny dit vrai ou faux. Je vois bien que mon ami a fait quelque liaison avec le Sr. Mesgrigny, c'est pourquoi il est important de savoir ces deux articles. Au reste je sais bien que vous ne faites pas cas ni de l'art de ces gens ni d'eux, cependant ayez seulement l'amitié de m'informer mais exactement de ces deux choses et de quelqu'autre particularité, si vous en pouvez savoir, afin que suivant cela je puisse informer mon ami pour se précautionner ou non. Mr. Dron, de son côté, ne manquera point non plus de vous aider en ces informations et faites que je les puisse avoir au possible. J'espère tout cela de vostre sincère amitié. Je n'écris point à Mr. Dron parce que j'attend sa réponse sur une très ample lettre. J'ai pourtant avis, qu'on a retiré de chez lui quelques medailles d'or. Que faites vous, mon cher patron*, ne verrons nous rien de vous** ? Que dit on de Eumenius Pacatus***, se tient-il en repos ou s'il continue de grossir ses sottises. Mr. Vaillant ne fait-il rien et les autres curieux de Paris. J'ai envoyé, il y a c 1/2 année par la voie de Mr. Leers (?) de Rotterdam 20 exemplaires de mon Specimen, adressés à l'abbé Bizot défunt****. Ils ont été envoyés à Lille, à un nommé Mr. Tievet, du depuis je n'[en] ay point entendu parler, et ils sont là, encore faute d'ordre dudit abbé Bizot, ou ils sont parmi ses effets scellés, j'en ai écrit à Mr. de La Joye et Mr. Panel principaux créanciers, qui m'ont promis de les rendre en cas qu'ils s'y trouvent. Ayez la bonté de vous en informer, même s'il se peut par l'autorité du R.P. de La Chaise ou de M. le P. Bignon de les faire déterrer : car c'est un grand malheur pour moi, que mes patrons et amis ne les aient pas reçus pour connaitre que je n'ay pas manqué a mon devoir. Le livre du P(ère) ou C(ardinal) Noris est imprimé à Leipzig. Thesaurus Brandenburgicus est publié à Berlin par M. Beger. M. de Spanheim a publié les ouvrages de Julien avec des notes si amples, qu'il est dommage qu'une si bonne sauce soit employée a un méchant poisson. Il va se mettre après une nouvelle édition de ses Diss. de Usu & Pr. N. in fol.° (auctior et emendatior). Pour mon ouvrage il ne court pas la poste mais j'avance toujours. Mes respects et salutations a nos amis. Continuez moi l'honneur de votre amitié dont une marque réelle sera si vous déferez a la prière que je Vous fais ci-dessus. » (Paris, BNF NAF 14823, f° 112 r, adresse au dos, en ligne sur Gallica ; Sarmant 2003, p. 124, note 63 et p. 133, note 121).
-Lettre du 28 février 1697 (d'Arnstadt) : « Monsieur, je vous écris la présente pour vous demander si vous ne seriez pas d'humeur de lier commerce de lettre avec Monsieur Leibnitz*, Conseiller de S.A. El. de Hanover et de la Sérénissime Maison de Brauschweig & Luneburg. C'est homme excellent vous doit être connu de réputation et par ses écrits. Il souhaiterait avoir un ami fidèle et généreux à Paris, pour s'entredemander ce qui passe en matière de lettres, livres et curiosités, offrait la réciproque pour ce qui se passe en Allemagne et autres lieux où il a une très vaste correspondance. S'il prend la liberté de vous écrire, je vous supplie de lui répondre suivant mon espérance et votre générosité ordinaire. Vous n'aurez que du plaisir d'une telle correspondance et qui ne vous sera point onéreuse, car les lettres vous seront livrées à Paris franches de port : on recevra de même les vôtres en indiquant une personne pour cela et j'espère que vous m'aurez obligation d'une telle connaissance. En mon particulier j'en serai ravi car vous me pouvez écrire surement par la même (sc. voie) et j'attendrai vostre réponse sur cette proposition. A cette occasion il faut que je vous importune touchant une véritable information sur la médaille de Zénodore le Tétrarque. Eumenius Pacatus (nb : Hardouin) qui suivant sa louable coutume se pare toujours des plumes d'autrui la rapporte comme de son cru dans ses Hérodiades, quoi que j'aie été le premier qui l'ait lue : j'en ay vu trois, l'une est chez le Roi : l'autre étoit chez Mr. de Seignelay et, apparemment, l'illustre Mr. Foucault la possède à l'heure qu'il est : la troisième est chez notre véritable ami et Nathanaël, Mr. Dron. La difficulté que j'y trouve est que sur deux colles que j'en ay je ne saurais déterrer la véritable lecture : outre cela j'en ai fait deux dessins, à l'un j'y ai mis L.ΒΝΣ à l'autre L.ΒΠΣ ainsi que Eum. P. la met. Au revers j'ai lu sur celle de Mr. Dron ΖΗΝΟΔΩΡΟΥ ΤΕΤΡΑΡΧΟΥ ΡΧΗ et sur celle de M. de Seignelay il y a quelques autres lettres, la-dite colle me semble montrer ΖΗΝΟΔΩΡΟΥ ΤΕΤΡΑΡΧΟΥ K CIARXH B mais je ne saurais accorder ces flûtes et je vous supplie d'examiner ces deux médailles exactement à votre accoutumé. Le Π de L.ΒΠΣ n'est pas fermé assurément en haut et il semble être L. ΒΜΣ. ou L.ΒΝΣ. Mais quand je lirais de cette manière le temps ne s'accorderait point, car ΒΜΣ revient au temps de Pompée ou Zénodore n'avait aucune part en sa tétrarchie étant possédée par Ptolemée Mennei, qui se racheta de Pompée pour mille talents, à ce que nous apprend Josèphe. Si ce n'est qu'on veuille supposer que Zénodore a voulu exprimer ce temps pour montrer l'époque et l'origine de sa tétrarchie, aussi la tête de la médaille semble, en quelque façon, être celle de Pompée**, à cause des cheveux élevés qui paraissent sur le front. Si je lis ΒΝΣ, cela revient à Jules César, où il n'était pas encor allé en Orient et Ptolemée Minei vivait encore n'étant mort que durant le temps de M. Antoine. Aussi la tête sur la médaille ne peut être de Jules César, à cause qu'il était chauve. Si je lis ΒΠΣ cela revient fort bien au règne de Zénodore, car ayant été fermier de Lysanias, fils de Ptolémée M. il en eut ensuite la tétrarchie et a vécu jusqu'a l'année A.V.C. 734 Apulejo et Silio Coss***. ainsi que nous pouvons voir dans Josèphe et Dion, dont le premier nous récite les particularités de sa mort s'étant tué à Antioche, après avoir voulu ruiner Hérode auprès d'Auguste par les députés ou accusateurs de Gadara. Et, je m'étonne que le Omniscius Eumenius Pacatus ait ignoré cela, ainsi qu'il parait dans ses Herodiades pag. 25****. L'inscription de l'autre côté de la médaille me fait de la peine car j'y lis ΖΗΝΟΔΩΡΟΥ ΤΕΤΡΑΡΧΟΥ K CIARXH B peut être se glorifie-t-il d'avoir été asiarque au sujet des jeux en l'honneur d'Auguste sur la bataille d'Actium et par là il a voulu flatter ce Prince, pour gagner sa bienveillance contre Hérode. Si j'avais la médaille je crois que je viendrais bien à bout de la déterrer entièrement, en confrontant les trois ensembles, car elles sont égales. Cette médaille est aussi chez l'Empereur l'ayant trouvée dans le grand recueil Mss de Strada ou elle est dessinée comme ci-joint. La première tête de ce dessin [DESSIN] et sur la médaille ne ressemble point à Auguste ainsi il est bon d'examiner tout exactement ce que j'espère de vostre bonté et que vous le feriez avec plaisir. S'il y a L. ΒΠΣ, assurément, il n'y aura rien à redire, mais le contraire me semble par la colle et qu'il y a ΒΜΣ ou ΒΝΣ. Enfin je serais ravi de déterrer au vrai le sens de cette médaille curieuse. Vous ne m'avez plus rien écrit sur l'affaire de Mesgrigny, qui est en Suisse et un de mes amis s'embarque avec lui. » (Paris, BNF NAF 14823, f° 113 r-v, en ligne sur Gallica ; Th. Sarmant 2003, p. 133, note 122).
-Lettre du 7 janvier 1674 (de Berne): Morell a passé 6 semaines avec Spon à Lyon. Achat de pièces de monnaie. un colis avec une lettre pour Patin (Basel, UB, G2 II 16:fol. 154). +
-Lettre du 6 juin 1672 (de Berne): La pièce d'aurelia ne peut être rendue .Morell est disposé à donner à Faesch toute autre rareté. Le pharmacien avec la pierre de bézoard est actuellement en voyage à Zurzach. Demande d’un index des ouvrages de Tristan St. Amant ; faire éventuellement copier les commentaires par les élèves. (Basel, UB, G2 II 16:fol. 142-143). +
-Lettre de décembre 1672 (de Berne): Un envoi de Lyon pour le Baron von Kallenberg et pour l’administrateur Findelkeller : Faesch doit leur montrer la collection numismatique (Basel, UB, G2 II 16:fol. 145). +
-Lettre du 8 décembre 1672 (de Zurich): Description enthousiaste du séjour à Lyon : Spon et d'autres ont été la gentillesse même. Les antiquités et les pièces de monnaie, les acquisitions de pièces de monnaie, les nouveaux amis. Départ du Baron von Kallenberg et de Findenkeller pour Bâle. Faesch est censé jouer aux échecs avec eux, etc. (de Zurich): (Basel, UB, G2 II 16:fol. 146-147). +
-Lettre de 1673 (de ?): Pendant le voyage. 3 bonnes pièces d'or à Solothurn près de Msr. Du Crest pour 32 Louis d'or (Basel, UB, G2 II 16:fol. 141). +
-Lettre du 23 janvier 1673 (de Berne): A propos d'un peintre pour Patin : Patin devrait voir ce qu'il demande et s'ils peuvent travailler ensemble (Basel, UB, G2 II 16:fol. 148). +
-Lettre du 22 février 1673 (de Zurich): Cabinet de Plätter. Un livre de Dürer. Demande d'examen des dessins de monnaies ne figurant pas dans les livres de Patin. Invitation à venir à Berne avec Patin, également Wettstein. Plans de voyage (Basel, UB, G2 II 16:fol. 149). +
-Lettre du 25 septembre 1673 (de Berne): Une lettre pour Patin demandant à Morell de la faire. Demande de prêt du livre de Paruta, Numinis Siciliae (Basel, UB, G2 II 16:fol. 149). +
-Lettre du 2 octobre 1673 (de Berne): Wegen der Zeichnung von W. Stettler: Er wird F's Wünsche berücksichtigen, jedoch kann nach M's. Meinung vom Sujet der Auffassung nicht abgewichen werden, das ist gut. Einzehlheiten der Ausführung. Preis von 10 Th. nicht zuviel, ev. 8. Aber F. soll lieber St. mehr geben für die tadellose Ausführung (Basel, UB, G2 II 16:fol. 152-153). +
-Lettre du 24 avril 1674 (de Bern): Stettler n'a encore tiré aucune des pièces de Patin : Stettler est malheureux en amour et ne peut pas le faire. Message de Patin expliquant la difficulté de sa situation ; donc risqué de vendre les pièces pour lui. Pour les monnaies grecques: les pièces qui ne sont pas dans la Goltz. Enquête pour savoir si le crucifix en ivoire est toujours à vendre (Basel, UB, G2 II 16:fol. 155-156). +
-Lettre du 5 mai 1674 (de Berne): Merci de vous être donné du mal pour le crucifix. Faesch devrait l'acheter. Les événements de la guerre en Bourgogne : la défense acharnée de Besançon. Stettler de plus en plus malheureux : ne travaille pas. Demande de la Bible de Mangold (Basel, UB, G2 II 16:fol. 157-158). +
-Lettre du 16 juillet 1674 (de Berne): Merci pour la Bible; les 4 tableaux lui reviennent. Morell ne les avait qu'en commission. Restitution du livre de Paruta. Une pièce de monnaie pour que Patin l'examine. (Basel, UB, G2 II 16:fol. 159). +