Grand document
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A
-24 janvier 1673 : Galland examine une monnaie, dans des circonstances indéterminées: « Je vis une médaille d'or d'Honorius pesant un sekin et vingt grains, laquelle estoit assés bien conservée avec cette inscription, D. N. HONORIVS. P.P. AVG. et au revers VICTORIA AVG. CONOB; avec une victoire tenant une palme » (II, p. 12). +
-4 février 1673 (d’Athènes) : « Monsieur l'Ambassadeur receut dix medailles (a) d'argent et quatre de bronze. La plus considerable de celles d'argent estoit une qui avoit d'un costé une tortüe au milieu de ces deux lettres A I qui me font assurer que c'est une monnoie des Aiginetes et le revers comme il est dans la figure que i'ai mise icy avec la proportion et la grandeur. La seconde (b) avoit une teste (dessin de la monnaie d'Égine) de pallas avec son casque et un hibou au revers avec ces trois lettres ordinaires Elle estoit de ceste grandeur que l'on voit icy (dessin d'un cercle qui donne le module). Les quatre autres avoient la mesme teste et le mesme revers mais (f° v) la grandeur estoit tout a fait differente comme on voit par ce modele (dessin d'un cercle qui donne le module). Il y en avoit neanmoins une qui avoit le revers ainsy marqué que ie le represente (dessin du revers) ou l'on voit ces trois lettres industrieusement placées. La premiere de celles de bronze representoit la teste de pallas avec un casque comme aux(3) precedentes, et au revers une pallas armée avec ce mot AQHNAIWN comme ie l'ay icy marqué grossierement, a sa fabrique ie conjecture qu'elle a esté frappee sous quelque Empereur Ro-(dessin du droit et du revers de la monnaie)-main. La seconde estoit (4) plus petite avec une teste de pallas d'un bon maistre et au revers un hibou et ces trois lettres AQH ou il faut remarquer que la troisieme est un H et non un E comme il est ordinairement aux autres, elle estoit de ceste grandeur (dessin d'un cercle qui donne le module). Les deux autres estoient deux medailles l'une de Constantin et l'autre d'Honorius de petit bronze du bas empire (II, pp. 19-20). +
-16 février 1673 (a) : Galland examine une monnaie, dans des circonstances indéterminées: « Je vis une médaille de Trajanus Decius avec la figure du Dieu Anubis (b) au revers et cette inscription GENCLLVRICI (c). Elle estoit d'or et bien conservée ». (II, p. 37) +
-Lundi 22 mai (1673): « Monsieur l'Ambassadeur, en recevant un pacquet de lettres qui luy fut envoié de Constantinople, par un exprès, receut une petite bouëte qu'on lui envoioit de Brousse, dans laquelle il y avoit cinq medailles, un grand Lisymachus d'argent tres bien conservé et d'un excellent relief, un petit Alexandre d'argent la teste couverte d'un muffle de lion, un autre[,] Medaille d'Argent de l'Empereur Severe, de la grandeur de moyen bronze avec ces mots AUT . KAI . CEB . CEΥΗΡΟC. CEB (a) et au revers ΕΦΕCΙΩΝ Β ΝΕΟΚΟΡΩΝ (b), avec la figure droite (c) de la fortune qui tient d'une main un gouvernail, et de l'autre une corne d'abondance, une autre de petit (c) bronze de l'Empereur Theodose, DN . THEODOSIVS . PP . AVG, et au revers GLORIA ROMANORVM . SMNR. La cinquiesme est une medaille grecque fort rare et fort particuliere qui d'un costé represente une teste bien faite et bien conservée couverte d'une salade semblable a celles de Castor et Pollux, et au revers un cheval (d) avec ceste inscription (série de point qui indique des lettres illisibles, la seconde est un cercle) CEIΡΩNOS (e) TRΩΩN (f), en voicy la representation dessinee par le sieur Rombaut Faydherbe de Malines, disciple de Dispembok pour le dessin et de Jourdan pour la peinture ». (dessin de la pièce, à la sanguine; II, Schefer 1881, II, p. 75-76) +
-Lettre du 2 nov. 1701 (de Caen) : « J’ai fait quelques observations sur votre Lettre latine à Mr. Perizonius, mais leur longueur fait que je n’ose hasarder de vous les envoyer par la poste. Nous allons dans peu de jours à Paris, où je les ferai imprimer dans quelqu’un des journaux qu’on y publie. Vous les y pourrez voir, s’ils vont jusqu’à vous. Je vous dirai seulement en général sur un article de votre dernière lettre à Mr Foucault, que vous avez grand tort de penser que l’ouvrage de Mr Vaillant fera du tort au vôtre, ou que le vôtre fera du tort au sien » [suit une comparaison entre les buts que se proposent les deux numismates] (Correspondance de Caen ; Abdel Halim, p. 415-416, n° CLXXII). +
-Lettre du 18 mars 1702 (de Caen) : « Vous pouvez m’envoyer vos remarques douteuses en toute sécurité ; je ne suis pas un critique aussi redoutable que vous l’imaginez, et j’espère que vous en tomberez d’accord quand vous aurez lu l’écrit, qui vous donne de l’ombrage. Je vous l’aurais envoyé sans songer à le faire imprimer s’il n’avait pas été trop long à copier » [suivent quelques remarques sur la méthode adoptée par Vaillant dans l’ouvrage qu’il se propose de publier sur les médailles consulaires] (Correspondance de Caen ; Abdel Halim, p. 425, n° CLXXIX). +
-Lettre du 24 déc. 1698 (de Caen) : « Le 24 décembre 1698, Monsieur [manque dans Denis], Je n'examine pas si la médaille que notre ami met en comparaison avec l'améthyste du cabinet de S.A.R. Madame, représente la tête de Ptolémée Aulètes. Je veux croire qu'elle le représente. Il s'agit de savoir si cette tête est ressemblante à celle qui est représentée sur l'améthyste. Pour vous en dire mon sentiment quant cette médaille me serait venue en la pensée, lorsque je m'expliquai en général il y a plus d'un an sur le défi qu'il venait de faire aux curieux de déclarer à quel prince ils croyaient que la tête, dont il venait de donner la gravure, ressemblât, je vous avoue que j'aurais été bien éloigné d'y trouver la ressemblance qu'il y trouve puisqu'ayant enfin déclaré lui-même son sentiment et qu'ayant posé les deux têtes l'une près de l'autre, je ne la trouve nullement. Je n'appelle pas ressemblance, une couronne égale, ni un visage également sans barbe dans l'une et dans l'autre tête. C'est par les traits uniformes de l'une et de l'autre qu'elle doit s'établir et quelque peine que le graveur se soit donnée pour les rendre tels, elles ne semblent pas assez ressemblantes, pour dire qu'en voyant l'une des deux l'on voit l'autre et que l'on soit convaincu de la ressemblance parfaite en les conférant [comparant] ensemble. Nonobstant mon incrédulité, je vous assure néanmoins que je ne suis pas du nombre de ceux qui n'aiment pas à souscrire aux découvertes des autres ou qui jugent de toutes choses avec chagrin, suivant le langage de notre ami. Pour marque de cela, c'est que je souhaite de tout mon cœur d'être le seul qui puisse se plaindre d'avoir de si mauvais yeux afin qu'il jouisse de la gloire de sa découverte si entière qu'il puisse me reprocher d'avoir abandonné en lui un ami, lorsque tout le monde le louera de sa sagacité et de sa pénétration. Je serai de bonne foi et je le congratulerai volontiers du bon sens qu'il aura eu, quoique contre mon opinion. Mais, supposons que l'améthyste représente Ptolémée Aulètes, pourrait-on croire, à cause qu'il a la tête couverte d'un voile, qu'il y est représenté en joueur de flute. Notre ami prouve assez bien que les fluteurs s'accommodaient la bouche avec une muselière. Cela doit pourtant se restreindre à quelques uns plus délicats que les autres et plus curieux de conserver la juste proportion de leurs joues : car les médailles, les pierres gravées et les marbres antiques nous représentent un grand nombre de fluteurs et de fluteuses qui ont négligé cette précaution. Mais, il ne prouve pas le voile avec la même netteté et il reconnaît lui-même l'équivoque du qui se prend aussi pour une muselière. De la manière dont ce voile est représenté sur l'améthyste, il peut remarquer avec tout le monde, qu'il ne fait nullement l'effet pour lequel il reconnait qu'il a été inventé qui est de cacher la difformité du visage puisqu'il n'empêche pas ici qu'il ne soit vu. Ce visage peut véritablement être vu, et même avec plaisir, puisqu'aucune grimace ne le rend difforme. Pour cacher la difformité du visage, au lieu d'être transparent comme il l'est, le voile devrait être épais et le cacher véritablement de manière qu'on ne le vît pas. Mais, en cet état, il me semble que personne, sans autre marque, ne s'aviserait jamais de le prendre pour un fluteur. On le prendrait plutôt, le visage ainsi caché, pour un affligé qui voudrait marquer davantage la grandeur de sa douleur. Avec ce voile, bien étoffé, il faudrait encore que la bouche parût emmuselée pour me servir du mot de notre ami. Car, je suis persuadé que le voile transparent, comme il parait sur l'améthyste, n'est pas le voile d'un fluteur, tel qu'on nous le décrit. Si jamais l'on ne s'était couvert la tête d'un voile chez les Anciens que pour jouer de la flute, il n'y a pas de difficulté que toute <figure>* voilée dans les monuments antiques devrait être prise pour la tête d'un fluteur ou d'une fluteuse. Mais, c'est que personne n'accorderait à notre ami et je ne crois pas qu'il le prétendît lui-même. C'est pour cela que je me garderait bien de prendre cette belle tête de femme avec le voile tirée d'après une sardoine pour celle d'une fluteuse. À propos de cette fluteuse, je serais curieux de savoir quelle raison notre ami a eue de lui donner le nom de Lamia, de même qu'à l'autre tête de femme qu'il produit d'après une pierre gravée du cabinet de S.A.R. Madame. N'est-ce pas pour grossir son ouvrage de l'histoire de cette femme et de Démétrius dont il ne s'agirait pas ? Sur quel fondement lui a-t-il plu de la baptiser ainsi ? Est-ce à cause que Lamia était belle et que la tête représentée sur cette pierre est belle ? Il y a une infinité d'autres pierres gravées qui représentent des têtes de femme<s> d'une beauté merveilleuse, peut on dire pour cela qu'elles représentent Lamia. Notre ami me permettra de dire qu'il s'est donné trop de liberté dans ses conjectures et qu'en voulant nous expliquer tout, il ne nous explique rien. N'êtes-vous pas avec moi de ce sentiment, après son explication selon lui des trois point mystérieux gravés vis-à-vis de l'estomac de son prétendu fluteur, voulant qu'ils signifient non seulement les trois principales parties de la musique, mais encore les trois modes anciens et uniformes des instruments. Je parcourus, car il n'y a pas moyen de lire avec attention une matière si sèche et si ennuyeuse, je parcourus, dis-je, tout ce qu'il dit de la musique ancienne à cette occasion et lorsque j'arrivai à l'endroit de cette explication, à laquelle je ne m'attendais pas, j'en fus si surpris que je ne pus m'empêcher de m'écrier : je m'estime heureux de n'avoir pas assez d'esprit pour arriver à un tel point de raffinement et je ne porte point d'envie à notre ami de l'avoir si pénétrant jusques dans ces minuties; après cela, ajoutais-je, il n'y a plus rien qui ne puisse s'expliquer. Il n'est pas nécessaire de relever la fausseté de cette explication qui est une vision toute pure. Mais quoique ce soit véritablement une vision, je suis néanmoins persuadé que c'est un endroit dont notre ami, de l'humeur dont il est, s'applaudit d'avoir mieux rencontré que dans aucun autre de tout son ouvrage. C'était pour venir à cette explication ingénieuse et réservée à lui seul qu'il avait pris grand soin d'avertir qu'il donnerait l'explication de la moindre circonstance représentée sur l'améthyste : cela, sans doute, valait bien la peine de prévenir le lecteur pour lui donner un avant-goût de la satisfaction extrême que lui donnerai une subtilité si peu commune. Il faut pourtant reconnaître à la louange de notre ami qu'il nous donne beaucoup de choses curieuses et recherchées quoi qu'avec confusion ; mais pour son honneur j'aurais souhaité qu'il se fut attaché uniquement à traiter sa matière sans la perdre de vue et qu'il ne se fut pas détourné pour corriger le texte de quelques auteurs latins et grecs qu'il n'a pas entendus parce que ses corrections ne donnent pas une grande idée de son habileté dans la critique. Comme il a un grand soin d'appuyer d'autorités tout ce qu'il avance, afin de faire voir qu'il a une grande lecture de tous les bons auteurs ; pour faire voir que personne n'était exempt de la raillerie des Alexandrins, il en rapporte un exemple par lequel il prétend qu'ils appelaient les gouverneurs des provinces éloignées sitientes, des altérés pour ainsi dire et il cite un passage de Pline pour le prouver. C'est à la page 28 : mais Pline dit toute autre chose comme nous l'allons voir. Voici le passage. Sinus insulis refertus (notre ami ne rapporte point ces mots qui sont nécessaires) ex iis quae Mareu vocantur, aquosae : quae Eratonos, sitientes. Regnum ii [his] praefecti fuere [Pline, HN, VI, XXXIV (169)] ; c'est-à-dire : il y a un golfe rempli ou parsemé d'îles dont celles qu'on appelle les îles de Mareus ont beaucoup d'eau et celles que l'on nomme les îles d'Ératon n'en ont point. Ces personnages, à savoir Mareus et Ératon, étaient des gouverneurs du temps des Rois. C'est le véritable sens de Pline qui fait la description d'un golfe de la Mer Rouge et qui, comme vous le voyez, n'entend parler d'aucune raillerie. Sitientes ne se rapporte point a praefecti mais aux îles dont le passage fait mention. Notre ami qui, par la trop grande vivacité de son esprit, n'a pas compris que les gouverneurs dont parle le passage y fussent nommés, a imaginé deux corrections aussi fausses l'une que l'autre et qui rendent le sens confus d'une manière qu'il n'y a que lui qui puisse l'entendre, à savoir en séparent nos d'avec Erato et en lisant ibi pour ii. Il devait considérer que Mareu est écrit en latin pour et Eratonos pour . La rapidité de son imagination qui le porte à favoriser ses premières pensées, le fait tomber dans ces sortes de bévues. La correction d'un autre passage du même auteur, au même livre, ch. 30, et non pas 70 que je prends pour une faute d'impression, n'est pas plus heureuse. Il y ôte usus ignium pour y suppléer usus ungium [HN, VI, XXXV (30)]. Je suis fâché d'être ici contraint de dire à notre ami que la démangeaison de critiquer ne devait pas le porter à faire dire une extravagance à Pline qui paraît partout de si bon sens. En effet, est-il possible de s'imaginer que ces peuples qui avaient eu des ongles de tous temps aient ignoré jusques à Ptolémée Lathurus qu'ils pouvaient s'en servir pour se gratter et pour égratigner, car c'est à quoi l'usage des ongles est utile ? Est-il difficile de comprendre que dans l'Éthiopie dont parle Pline, où il fait si chaud, des peuples aient pu vivre sans l'usage du feu ? Laissons de croire qu'ils furent jusques alors assez grossiers pour ne savoir pas faire ce que les singes font si naturellement. Votre rhétorique ne serait peut-être point capable de lui persuader le contraire. Portarent pour portarem et Neapolitani pour Neapoli, p. 152 [Galland renvoie aux pages de l'imprimé et donc Genébrier lui a adressé non pas le manuscrit mais le livre], dans le passage de la lettre de Cicéron [Epistolae ad Quintum fratrem, II, 10, de mai 55 a.C., lettre 121 de l'édition Nisard, chez Didot, vol. V, 1864; 12 (II, 9), 2, datée de juin 56, éd. Loeb] ne sont pas mieux imaginés. Cicéron veut dire qu'il menait Ptolémée de Naples à Baïes [en fait Cicéron conduit Anicius de Naples à Baies, avec une escorte de cent hommes armés, dans une litière à huit porteurs, mais pas celle offerte par Ptolémée à Anicius, mais l'erreur vient en partie de Baudelot qui n'a rien compris au passage qu'il veut corriger, confondant dans sa traduction Anicius, correctement désigné p. 151 comme un ami de Cicéron, avec Ptolémée, p. 152]. Ainsi ces corrections ne redressent pas le passage, elles le corrompent. Parlons présentement des corrections grecques que vous ne trouverez pas plus recevables que les latines. Nonobstant le changement que l'on nous fait de , un des surnoms de Ptolémée Aulètes, en , je m'en tiendrai à [p. 254 de Baudelot] qui est un beau nom et qui signifie « Désirable ». Notre ami est trop prévenu en faveur du dont il ne peut cesser de parler [pp. 254-257] pour ne pas soupçonner qu'il lui fait plus d'honneur qu'il ne lui en appartient. P[age] 283, le changement de en dans les deux vers grecs rapportés par Plutarque pour faire signifier des bandages au mot d' [armes] n'est pas supportable. Minerve voulant jouer de la flute avait quitté sa lance et son bouclier, et peut-être son casque, ses armes ordinaires, et sur cela le satyre lui dit : « Cet air de fluteuse ne vous convient pas, quittez vos flutes pour reprendre vos armes et laissez nous voir vos joues avec leurs agréments ordinaires ». L'explication de notre ami est forcée et accommodée à son sens particulier et non pas au sens naturel de ces vers. Quoiqu'il veuille dire, le mot d' en cet endroit-là signifie la lance, le bouclier et le casque de Minerve et non pas des bandages de fluteurs et de fluteuses [Plutarque, De cohibenda ira, Mor. 456 B]. Pages [sic ed.] 294, le mot de changé en doit demeurer en sa place mais à l'ablatif, en cette manière [avec iota souscrit] : il se rapporte à , pour signifier : « il retint par force ». Le mot , qui signifie à double son, des vers de Nonnus [Nonnos de Panopolis, Dionysiaques, X, 225, voir p. 362 de Baudelot; le mot comme souvent chez Nonnos est un hapax, pour le sens de « double son », voir LSJ, s.v.] qu'il a plu à notre ami de changer en , sans aucun fondement, doit aussi demeurer à sa place. Il m'avait parlé de ce changement et j'avais pris la liberté de lui dire qu'il ne fallait pas se hasarder de corriger les auteurs si librement à moins que d'être fondé sur de bons manuscrits authentiques ; que le mot est un mot grec fort bon et convenable à l'endroit où il était employé et que la raison qu'il m'apportait, la même qu'il a insérée dans son ouvrage, n'était pas recevable ; mais l'événement fait voir de quelle manière mon avis fut reçu. Le passage était destiné à l'usage auquel il a servi : il n'y avait pas moyen de le déranger pour le placer ailleurs et il ne fallait pas que la peine d'avoir feuilleté Nonnus fut perdue. Je laisse là quelques autres corrections inutiles pour remarquer des fautes qui viennent de la connaissance imparfaite de la langue grecque. Dans le passage que je viens de marquer qu'il faut laisser le mot de , ceux-ci t [Plut, Mor., 456 C] ne signifie pas la rudesse mais l'impétuosité du souffle. [e.g. p. 303], qui signifie « le cou », signifie chez notre ami, fort mal à propos en différents endroits le nez et la tête. Il n'a pas su que le mot a signifié le cou avant que de signifier l'isthme de Corinthe qui est un « col de terre » et non pas une « langue » comme il l'explique. Ainsi, qui vient du même mot signifie un ornement du cou, c'est-à-dire un collier. C'est pour cela qu'il fait sans raison une longue digression pour prouver faussement que ce dernier mot, employée dans l'Odyssée d'Homère [pp. 342-347], a du rapport avec les jeux isthmiens quoique ces jeux ne fussent pas établis du temps d'Homère, prétendant qu'il a été inséré depuis ce poète. Tout ce qu'il dit là-dessus n'est qu'une fable de son invention et le mot n'est pas une coiffure ni un ornement qui couronne la tête, c'est un collier [sur et ainsi que sur les mots de cette famille, voir Chantraine, DELG, pp. 469-470] de même que qu'il n'a pas entendu. Cette faute lui en a fait faire plusieurs autres. Les Fricasseuses d'Aristophane citées en gros caractères [p. 349] ne sont pas des fricasseuses, ce sont des fricasseurs [Les Rôtisseurs, ]. Il devait consulter la grammaire grecque sur la signification des mots terminés en -. Lui qui aime si fort les proverbes et qui ne saurait s'empêcher d'en citer souvent n'a pas entendu celui-ci : qui se trouve p. 357. Ce n'est pas comme il l'explique enfler un roseau. C'est inflare rete, « enfler des filets », pour dire « prendre de la peine et travailler inutilement ». J'aurais à dire beaucoup d'autres choses et particulièrement touchant les médailles qu'il explique : mais comme cela demande une discussion trop longue, vous voudrez bien me dispenser de passer plus outre. Je me suis seulement attaché à ce peu de remarques pour vous dire mon sentiment sur l'Histoire de Ptolémée Aulètes, comme vous me l'avez demandé, afin de vous les indiquer comme celle qui feront un tort considérable à la réputation de notre ami auprès de tous les savants qui se font un mérite de bien entendre les auteurs latins et grecs et qui se piquent de savoir la langue grecque dans la perfection, sachant qu'il faut bien posséder ces connaissances pour avoir l'entrée dans la belle littérature. Je ne l'ai point fait par un esprit de malignité, mais parce que je suis véritablement touché du peu d'estime que cela lui attirera de la part de ceux qui en peuvent juger. Je suis parfaitement, Monsieur, votre etc. » (Correspondance de Caen ; Abdel Halim, p. 243, n° XCIII – transcription complète de Guy Meyer).
-Lettre du 20 mai 1700 (de Caen) : « Je le (nb : Baudelot) plains de la persuasion où il est dans l’infaillibilité de ses sentiments, encore plus d’avoir les oreilles fermées aux bons avis de ses véritables amis, et de ne les avoir ouvertes qu’aux louanges qu’on lui donne par flatterie ou par pur compliment. Je ne sais ce qu’il pense de la liberté que je me suis donnée. Vous savez en quels termes et avec quel douleur, je vous ai toujours parlé du peu de disposition, que je voyais en lui de s’acquérir une véritable réputation parmi les gens de lettres, par ses préjugés et par ses préventions presque sur toutes les matières. Je ne suis pas le seul qui ai remarqué les fautes dont je vous ai entretenu ; d’autres que moi les ont aperçues en France, et chez nos voisins. Ce n’est pas une marque d’approbation, que personne ne les ait relevées en public. C’est qu’elles sont en si grand nombre, et de telle nature, que l’on ne veut point perdre à les réfuter le temps que l’on peut employer plus utilement. Il ya déjà du temps que j’ai achevé ma Réplique à la Défense de M. Dubos ; mais je ne suis pas encore bien résolu de la faire imprimer. Sa publication n’ajouterait rien davantage à la bonne cause des trois Gordiens, dont le défenseur des quatre n’a rien diminué, puisqu’il n’a pas répondu aux plus fortes objections que je lui ai faites, et que ce qu’il a opposé aux autres ne les détruit pas. Ceux qui liront nos raisons de part et d’autre, sauront bien prendre le bon parti » (Abdel Halim p. 285=286, n° CXIX). +
-Lettre du 17 juillet 1693 (de Paris) : « Quoique mes lettres à Mr Dubos détruisent entièrement le système de dissertation touchant les quatre Gordiens ; néanmoins son sentiment est que mes lettres et sa dissertation soient imprimées conjointement ; mais pour son intérêt mon sentiment serait de n’imprimer ni sa dissertation ni mes letres » ; « On lui (Foy-Vaillant) a apporté hier la première épreuve de l’explication des médaillons de Mr l’abbé de Signi (nb : l’abbé François de Camps de Signy, 1639-1721). Comme il ne doit y avoir que cinquante pages d’impression, je crois que c’est un ouvrage que l’on verra bientôt » (Paris, Bnf, Man. Fonds français 9362, f° 196-197 ; Abdel Halim, p. 189-190, n° LXIX). +
-Lettre du 25 déc. 1698 (de Caen) : « Je ne sais si vous aurez appris que le dernier ouvrage de notre ami M. Baudelot paraît enfin sous ce titre : Histoire de Ptolémée Aulètes. Dissertation sur une pierre gravée antique du cabinet de Madame. J’en ai reçu un exemplaire de sa part par l’entremise d’un ami commun qui m’a demandé en même temps ce que j’en penserais. Je lui envoyai ma réponse hier, en le priant de la communiquer seulement à l’Abbé Giraud, et à un très petit nombre d’amis particuliers, et de confiance, souhaitant qu’elle ne fasse point d’éclat, en considération de l’amitié dont M. Baudelot m’honore. J’espère que la copie que je vous en envoie avec cette lettre vous fera passer quelques moments assez agréablement, en attendant que vous ayez reçu l’ouvrage au sujet duquel elle est écrite, qui vous divertira encore davantage » (Correspondance de Caen ; Abdel Halim, p. 244, n° XCIV). +
-Lettre du 17 fév. 1699 (de Caen) : « Touchant ce que vous me mandez par votre lettre du 13 de janvier, de la médaille de Tibère que possède M. Cuper, j’ai de la peine à croire que l’on y lise IMP. VNICVS ; je voudrais l’avoir vue pour en être persuadé. Il n’est pas possible de croire que cela soit, puisqu’il est constant qu’Auguste, sur l’autorité de ses médailles, était aussi IMPERATOR, et qu’il l’a été jusqu’à XXI … M. Cuper et M. Spanheim ont grande raison de n’être pas content des Antiquités grecques de M. Gronovius … » ; « L’on a voulu dire à M. Baudelot, sans parler de moi, quelque chose des fautes grossières qu’il a laissées dans son flûteur ; mais il n’est pas moins sourd qu’aveugle, et il est persuadé que c’est par jalousie que l’on en parle. Il est heureux de croire que ce qu’il fait est hors de repréhension ; mais c’est à la manière de ceux qui bâtissent des châteaux en Espagne. Pour vous dire quelque chose touchant à la curiosité des médailles à l’occasion de celles de M. Cuper, M. Vaillant en a présenté une singulière à M. le Duc de Maine, pour étrennes. C’est un Carausius d’argent avec EXPECTATE VENI, au revers, qui représente la Félicité tendant la main à Carausius. M. Vaillant l’a achetée d’un Anglais » (Paris, BnF, Man. Fonds français 9360, f° 193-194 ; Abdel Halim, p. 249-250, n° XCVIII). +
-Lettre du 13 mars 1699 (de Caen) : « Je suis bien aise que ma critique vous ait donné du plaisir. L’ouvrage qui m’a fourni le sujet de ce petit amusement vous aurait diverti davantage, s’il était venu jusqu’à vous. Je me suis seulement attaché aux fautes les plus grossières. Les autres m’auraient emporté trop loin, et m’auraient fait perdre trop de temps. L’on a voulu parler de quelques-unes de ces fautes à l’auteur sans nommer personne ; mais il se croit irrépréhensible, et incapable d’en commettre aucune. S’il n’est pas habile homme dans les matières qu’il entreprend, il est au moins heureux dans la persuasion où il est de l’être, et de ne pas s’apercevoir que l’on se moque de lui. Je n’attends plus rien de bon de tout ce qu’il promet. Par-dessus toute chose, il faut entendre parfaitement les auteurs grecs et latins, pour bien traiter ces sortes de sujets, et il ne les entend pas, et ne les entendra jamais ; non seulement perche uccello vecchio non impara mai : mais encore, parce qu’il abonde trop en son sens, qu’il a tout au revers de celui des autres. Il y a longtemps que j’avais entendu dire que M. Dubos devait se défendre contre M. Cuper, qui lui a donné prise en quelques endroits, comme je l’ai connu en lisant son ouvrage l’année passée à la Bibliothèque du roi ; mais je ne savais pas sous quel titre ni que ce dut être en latin. Pour ce qui regarde ce que j’ai écrit sur le même sujet, je ne crois pas qu’il ait rien trouvé, qui puisse détruire mes arguments. M. Cuper que je ne laisse pas d’honorer comme il le mérite, a écrit avec trop de sécheresse, et il n’a pas approfondi la question. Depuis la dernière lettre que j’ai eu l’honneur de vous écrire, j’ai fait la même réflexion que M. de la Thuillère, sur ce qui lui a donné occasion de lire IMP. VNICVS, et j’en ai écrit mon sentiment à M. Oudinet dans les mêmes termes. Il n’y a pas de doute que c’est cela qui a fait tomber M. Cuper en erreur, dont il se relèvera facilement, d’abord que vous lui aurez mandé ce que l’on en pense. M. Vaillant va faire travailler à une seconde édition de son dernier ouvrage, plus augmentée, et il prétend faire graver une médaille rare à chaque tête, comme dans ses Numismata praestantiora. Il a traité pour cela avec un libraire de Hollande. Cette édition sera meilleure que la première, en ce qu’il pourra corriger toutes les fautes qu’il a renvoyées à l’errata, qui est fort long. Néanmoins, elle sera toujours défectueuse, en ce que les inscriptions et les descriptions des têtes, de chaque médaille y manqueront. Je lui en avais dit mon sentiment avant qu’il eût commencé de faire imprimer ; mais ce fut inutilement, parce qu’il n’avait fait ses collections que sur les inscriptions, et les descriptions des revers. De plus, il ne voulait pas charger son ouvrage d’impression, et c’est aussi ce qu’il a observé dans les Numismata Praestantiora. Cependant je suis persuadé qu’il faut rendre ces sortes d’ouvrages parfaits, autant qu’on le peut » (Paris, BnF, Man. Fonds français 9360, f° 194-195 ; Abdel Halim, p. 253-255, n° C).
-Lettre du 21 nov. 1699 (de Caen) : « Vous avez eu connaissance de mon voyage à Paris. J’y ai fait un séjour de trois mois dans des occupations continuelles, tant pour faire de nouvelles acquisitions de médailles que pour d’autres commissions dont j’étais chargé » ; « Je ne suis pas moins satisfait que vous de la sincérité de M. Cuper, touchant l’Auletes de M. Baudelot. La vérité doit l’emporter par dessus tout autre intérêt. M. Baudelot est le meilleur homme du monde. Il a plusieurs belles connoissances, il aime les livres, les antiquités et les médailles. Mais il a le défaut de ne pouvoir revenir de ses préventions,dont il est d’autant plus difficile de le guérir, qu’il s’y estengagé depuis longtemps, en se faisant un point d’honneur de penser d’une manière différente de celle des autres. Je l’ai vu quelquefois à Paris. La mort de Madame sa mère ne lui a guère procuré plus de repos qu’il en avait auparavant ; au contraire, il paraît que ses affaires vont plus mal. J’étais encore à Paris, lorsqu’il perdit un procès, qui n’était pas de peu de conséquence. L’augmentation de médailles pour notre cabinet, que j’ai apportées de Paris, est de cinq à six cent, en or, en argent et en bronze, de toutes les grandeurs, et il y en a de très rares. M. Foucault en a aussi apporté quelques unes de son voyage en Poitou, parmi lesquelles il y en a une de Germanicus qui n’a pas encore été vue. Elle représente d’un côté la tête de ce Prince, avec cette inscription : GERMANCVS (pour GERMANICVS) TI. AVGVSTI F. AVG. N. Au revers, Germanicus paraît assis, tenant une patère de la main droite, la gauche appuyée au côté, avec cette autre inscription: CONSENSV SENAT. ET EQ. ORDIN. P. Q. R. Elle m’a fourni le sujet de quatre ou cinq lettres que j’ai écrites à un savant P. Jésuite de Rouen (nb: Pierre-Joseph de Grainville), à qui j’en avais donné avis, lequel prétendait par l’inscription et par le type de la médaille, que Germanicus avait été mis au rang des dieux. Mais, pour lui prouver le contraire, je me suis servi de l’Arrêt du Sénat, donné touchant les honneurs qui lui furent rendus après sa mort, et rapporté par Tacite, ou il n’est fait aucune mention de consécration. Mais il a de la peine à se rendre à mes raisons touchant le temps que la médaille a été frappée, prétendant que ce fut sous Caligula fils de Germanicus. Mon sentiment est que ce fut sousTibère, dans le temps que tous les honneurs portés par l’Arrêt du Sénat lui furent rendus, et il me semble plus soutenable que le sien. Je crois vous avoir parlé de la tête d’Hippocrate trouvée dans notre cabinet sur une médaille de l’île de Cos. Comme la médaille est fort petite, M. Foucault l’a fait dessinée d’une grandeur raisonnable, et j’ai fait, pour les mettre au dessous, ces quatre vers, que je soumets a votre censure :Hippocratis vultum, quam cernis reddit imago ;Divina in scriptis mens manifesta patet. At scripta et vultum in corpus si junxeris unum,Hippocrates, dicas, en mihi vivus adest. Je suis toujours avec un très grand respect, … » (Paris, BnF, Man. Fonds Français 4363, Correspondance de l’Abbé Nicaise, f° 11-12 ; Caillemer 1885, Lettre n° 19, p. 96-98 ; Abdel Halim, p. 277-279, n° CXV).
-Lettre du 12 févr. 1700 (de Paris) : « M. Vaillant, puisque vous me demandez de ses nouvelles, est dans une santé parfaite, et nous dînames hier ensemble chez un gentilhomme suédois curieux de médailles. Il travaille avec autant d’application que d’assiduité à l’explication des médailles consulaires. Vous savez que Goltzius a donné ces médailles seulement par rapport aux Fastes, et Fulvius Ursinus par rapport aux Familles, et que ni l’un ni l’autre, ils n’ont rien dit des médailles en particulier. C’est à quoi il s’applique présentement. Il m’a chargé de vous faire ses compliments. Pour ce qui me regarde, la vente des livres de M. Boucot m’a donné de l’occupation tout le temps qu’elle a duré de même que la recherche des médailles pour l’augmentation du cabinet de M. Foucault, laquelle continue de m’en donner. Je lui en ai acquis plus de six cents propres à toutes les suites dont son cabinet est composé, et nous sommes en marché de plus de cent autres d’argent, tant impériales que consulaires. S’il fait cette acquisition, sa suite d’argent impériale sera de plus de 2600 médailles » ; « Je n’ai vu M. Baudelot qu’une seule fois en passant de ce dernier voyage. C’a été chez M. l’Abbé Giraud, où il vint dans le temps que j’y étais. Il est toujours entêté de son Flûteur, et persuadé qu’il a fait le plus bel ouvrage du monde. Il a su que M. Spanheim par honnêteté en a dit du bien à Madame. Il a été l’en remercier. Jugez si M. Spanheim n’aura pas ri en lui-même du compliment. J’apprends que M. Spanheim va nous donner une nouvelle édition de son ouvrage De usu numismatum augmentée de nouvelles dissertations, de même qu’une ample dissertation en […] touchant la fête de Bacchus. Je fais une grande estime de toutes les productions de son esprit ; […] il me semble qu’il faut perdre haleine trop souvent en le suivant, pour trouver quelque chose qui arrête. Je ne sais rien de M. Toinard (Thoynard). Je ne l’ai vu qu’une fois à la bibliothèque du roi où nous n’avons pas eu grand entretien ensemble. Je ne crois pas que M. Dubos s’occupe à autre chose qu’à se divertir à l’opéra, et avec ceux qui s’en mêlent. Touchant à l’Histoire des quatre Gordiens, il ne paraît pas qu’il songe plus à répondre à M. Cuper qu’à ma lettre. Je crois que M. de Lompré s’était chargé de la fatigue sur ce qui me regarde, puisqu’il m’a dit qu’il avait une Réponse toute prête de sa composition, qu’il ne faisait pas imprimer pour de certaines considérations. Je lui dis qu’aucune considération ne devait l’empêcher de soutenir la vérité s’il croyait l’avoir de son côté » (Paris, BnF, Man. Fonds Français 9362, correspondance de l’Abbé Nicaise, f° 179-180 ; Abdel Halim p. 280-283, n° CXVI).
-Lettre du 23 juillet 1700 (de Caen) : « Vous ne me dites rien du Vindiciae pro quatuor Gordianorum historia : ne l’auriez-vous pas encore reçu ? Vous y trouveriez de quoi passer une demi-heure de temps assez agréablement. Vous avez été mal avec M. Baudelot, et vous voilà enfin raccommodé avec lui ; je m’en réjouis. Mais, je suis mal avec lui à mon tour, et je ne sais pas quand nous serons raccomodés. Quelques amis qui ont lu ma lettre touchant son Aulètes, lui en ont fait voir un extrait. Au lieu d’en profiter, j’ai su qu’il s’en est scandalisé, et c’est pour cela qu’il ne m’a pas envoyé sa Lettre à M. Lister… Si la Response de notre ami (je ne laisse pas de l’appeler de ce nom malgré sa colère), si sa Response, dis-je, à M. l’Abbé de Vallemont, se trouve aussi modérée que la préface de sa Lettre à M. Lister, et qu’elle soit appuyée de bonnes raisons, il en recevra des louanges, et il ne serait pas aisé à M. l’Abbé de Vallemont, de répliquer, du moins, solidement. Car de l’humeur dont il est, bien ou mal, il ne manquera pas de répliquer. Il s’est engagé à traiter d’une matière dans laquelle il n’est pas bien versé, et à l’âge où il est, il n’y a pas apparence qu’il vienne à bout de l’approfondir davantage. Philoxène a cru pouvoir dire aussi un mot, et son sujet lui en a donné l’occasion, de sa hardiesse à publier des médailles qui n’ont jamais été. M. Foucault m’a chargé de vous envoyer le dessin qu’il a fait faire de la médaille d’Hippocrate, que vous trouverez en ce paquet, et de vous prier en même temps de la garder pour vous, et de ne pas la communiquer « ; « La Gemme antiche, nous vient aussi de Rome : c’est M. de la Chausse lui-même qui l’envoie » (Paris, BnF, Man. Fonds Français 9362, correspondance de l’Abbé Nicaise, f° 184-187 ; Abdel Halim p. 331-333, n° CXXXIX). +
-Lettre du 16 jan. 1701 (de Caen) : « Depuis que je n’ai eu l’honneur de vous écrire, j’ai fait tenir à M. de Spanheim les traductions latines des deux lettres contre le quatrième Gordien. Je ne doute pas qu’il ne les ait envoyées à M. Cuper, après la réponse honnête qu’il a eu la bonté de me faire sur ce sujet … Je ne perds point de vue le Selecta de nos médailles impériales ; j’en fais toujours quelque chose chaque matin, et j’emploie les après-midi au catalogue des pièces contenues dans quatre à cinq cents volumes de recueils in-8°, que nous achetâmes l’année passée à la bibliothèque de M. Boucot… » (Paris, BnF, Man. Fonds Français 9362, correspondance de l’Abbé Nicaise, f° 192-193 ; Abdel Halim p. 345-347, n° CXLVI). +
-Lettre du 15 avril 1683 (d’Istanbul): He will not conceal from B. that his mission was to investigate Greek MSS. and coins, but he has been officially diverted to investigate Oriental codices, from which he hopes to enrich the Royal Library. He hopes for finds of Arabic, Persian, Turkish and Macedonian codices. (Oxford, Bodleian Library, MS Smith 72 fols. 37-40). +
-Lettre du 7 sept. 1700 (de Caen) : « illustre et savant M. Cuper » : « Puisque cette occasion, Monsieur, me procure l’honneur de vous écrire, vous prenez trop d’intérêt à tout ce qui regarde le progrès des belles-lettres, pour ne pas apprendre avec plaisir que le cabinet de M. Foucault s’enrichit tous les jours par les acquisitions qu’il fait de nouvelles médailles. Il n’y a pas longtemps qu’il en a fait une de plus de trois cents, qui ont été apportées de Syrie. Il y en a des rois de Syrie, des colonies du même pays, des grecques impériales, et plus de deux cents latines du Bas-Empire, depuis Dioclétien jusqu’à Honorius, considérables par les lettres qu’elles ont à l’exergue, qui servent à prouver qu’il faut les expliquer autrement que le P. Hardouin a prétendu les expliquer. Il y a aussi de quoi se convaincre que la diversité des têtes de Constantin, ne vient pas de la pluralité des empereurs de ce nom, que ce père s’est imaginée ; mais, de ce que l’on a mis le nom de Constantin autour des têtes de Galerius Maximianus, de Galerius Maximius, et de Licinius le père, dans les endroits, comme la chose le fait voir, où l’on n’avait pas son portrait. Ce sont des particularités qui se remarquent à l’œil. J’attends encore dans peu de jours plus de cent médailles que l’on m’envoie de Constantinople, où je ne doute pas qu’il y en ait un grand nombre, qui pourront avoir place dans ce cabinet » (Paris, BnF, Ms. Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 102-104 ; Abdel Halim, p. 337-338, n° CXLII). +
-Lettre du 23 nov. 1700 (de Caen) : « J’ai su par l’entremise de M. l’Abbé Nicaise, que par les soins de M. Cuper, un libraire de Hollande était résolu de réduire en un seul recueil, tout ce qui a été édcrit sur la question, savoir s’il y a eu trois, ou quatre Gordiens, et pour cela de faire traduire en latin ce qui a paru en français. Sur cet avis ayant jugé à propos de traduire moi-même les lettres d’Entyphron et de Philoxène, je prends la liberté, Monsieur, de vous adresser les traductions que j’en ai faites, et de vous supplier de vouloir bien les faire (parvenir) à M. Cuper, comme vous avez déjà eu la bonté de lui faire tenir la lettre française de Philoxène. J’ai fait quelques petits changements et additions à cette dernière, une particulièrement qui regarde la multiplicité des Constantins que je réduis par les médailles, aux seuls que l’on doit reconnaître. Si vous avez la curiosité et le loisir de la lire, afin de vous épargner la peine de la chercher, vous la trouverez à la page 124. Après avoir achevé les catalogues des différentes suites des médailles du cabinet de M. Foucault, il y a quelques semaines que j’ai commencé de travailler aux Selecta des impériales les plus particulières qui s’y trouvent en argent et en bronze de toutes les grandeurs, avec des remarques abrégées sur chacune suivant la matière qu’elles me fourniront d’en dire quelque chose. Il y a peu de têtes dans toute la suite dont ce cabinet ne fournisse quelque médaille » (Paris, BnF, Ms. Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 104-106 ; Abdel Halim, p. 343-344, n° CXLIV) +
-Lettre du 7 nov. 1699 (de Caen) : « Mon Révérend Père, si j’avais la faiblesse de m’en faire accroire, et de m’imaginer que j’ai quelque mérite, rien ne serait plus capable de me gâter que la dernière lettre / dont vous m’avez honoré. Mais je me connais, et il y a quelque chose en moi par où je suis assez heureux pour être de votre goût, ce qui me manque… A ce que votre révérence me mande de ne pas attendre qu’elle me fasse des questions, je cnnais qu’elle ne me donnera pas autant d’occupation que m’en donne le R. P. de Grainville. Depuis environ cinq semaines, nous nous sommes écrit plusieurs grandes lettres au sujet d’une nouvelle médaille moyen bronze de Germanicus que M. Foucault a rapportée de son voyage du Poitou, dont je vous envoie un dessin, lequel tel / qu’il est, vous la fera assez connaître, sans quil soit nécessaire de vous en faire la description. Le P. de Grainville a prétendu deux choses sur cette médaille ; l’une qu’elle marque que Germanicus a été consacré, et l’autre qu’elle a été frappée par les soins de Caligula, son fils. Pour prouver qu’il a été consacré, il s’est fondésur l »inscription du revers, à cause qu’elle se trouve au revers d’une médaille de la consécration d’Auguste, et sur la patère que Germanicus tient à la main au revers. Pour lui montrer que la preuve qu’il tire de l’inscription n’est pas recevable, je lui ai cité une médaillle petit bronze de Jules César du cabinet de M. Foucault, d’une très grande rareté, où elle se trouve aussi, non pas au sujet de sa conservation, mais de son triomphe pour avoir fait la conquête des Gaules, ce qui paraît par le mot GALLIA qui se lit aussi au revers, avec le type qui représente une victoire debout sur une cotte d’armes, et un escalve les mains / (248) liéés derrière le dos. Et par là, je lui ai fait connaître que cette inscription n’est point particulière ni attestée pour signifier une consécration ; mais tout autre honneur accordé du consentement général des Romains. A l’égard de la patère, je lui ai avué qu’on la voit très souvent à la main des divinités, mais parce que sur cette médaille, ni sur les autres, ni ailleurs, Germanicus n’est pas appelé DIVVS, comme (BnF, Ms. Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 245-253; Abdel Halim p. 275-276, n° CXIV).