Grand document
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A
-Lettre du 31 mars 1713 (de Paris) : [article du Dictionnaire historique et numismatique de Galland ; médaille consulaire incertaine ; médaille d’Auguste qui fait le sujet de la dispute entre Galland et Schott. Galland promet à son correspondant une copie de sa réfutation de l’antiquaire du roi de Prusse] « Je vous suis bien obligé du portrait que vous m’avez fait de votre personne. En échange, voici le mien : j’aurai 67 accomplis au 6e du mois prochain, et à cet âge je n’ai pas besoin de lunettes, non plus que vous. Je ne dirai pas comme vous que je marche en jeune homme. Un asthme de ventosité, que j’ai depuis presque ma jeunesse, m’oblige de ménager mes pas, malgré mes forces et mon courage. Je n’ai pas présentement occasion de monter à cheval, mais j’en supporterais la fatigue aussi facilement que je l’ai fait dans mes voyages. Pour ce qui est de l’habitude du corps, je suis d’une taille moyenne, ni gros, ni gras, ni aussi d’une maigreur à se faire remarquer. Je joins mes vœux aux vôtres sur la durée de notre bonne santé, jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu d’en disposer selon sa volonté, et de mettre fin à l’amitié, et à la correspondance qui est entre vous et moi depuis tant d’années » [critique d’ouvrages de numismatique du Père Hardouin ; essai d’explication de la pierre gravée dont l’impression a été envoyée par Cuper] « M. L’Abbé de Camps travaille fortement à mettre en état la seconde édition de ses médaillons »… « Ces dernières années, M. Paul Lucas fut envoyé au Levant par M. le comte de Pontchartrain, avec ordre d’acheter des médailles pour le cabinet du roi, et en chemin faisant, de copier les inscriptions antiques qu’il rencontrerait, et surtout de prendre à Angora, ou Ancyre, une nouvelle copie de celle qui contient les actions d’Auguste, dont il y a longtemps que nous avons la première par les soins du célèbre Busbeck » (Abdel Halim, p. 645-648, n° CCCXIV). +
-Lettre du 18 juin 1713 (de Paris) : « Je n’ai pas manqué de m’acquitter de votre compliment auprès de M. l’Abbé de Camps, qui m’a chargé de vous bien remercier de sa part de l’honneur que vous lui faites. Il acquiert très souvent de nouveaux médaillons […] » [Galland envoie à son correspondant sa réfutation de la dissertation de Schott relative à la médaille d’Auguste ; considérations sur cette médaille ; erreurs du Père Hardouin dans des descriptions de médailles ; médailles grecques frappées par les Nicéens ; observations sur les médailles envoyées par Cuper de Smyrne] [suit une copie, de la main de Cuper, de la disseration de Galland intitulée : Explication d’une médaille d’Auguste en argent, frappée par les soins de L. Caninius Gallus, l’un des triumvirs monétaires sous le règne de cet empereur, défendue contre l’explication de M. Schott, antiquaire de l’électeur de Brandebourg, en 47 pages in-8°, lue à l’Académie le 23 février et le 1er mars 1712] (Abdel Halim, p. 650-651, n° CCCXVII). +
-Lettre du 4 déc. 1713 (de Paris) : « Je n’ai reçu votre lettre du 15 juillet dernier, avec la copie de mon explication de la médaille d’Auguste contre celle de M. Schott, que le 22 de novembre » [projet de publication des médaillons de l’Abbé de Camps ; dispute avec Schott sur la médaille d’Auguste portant la légende C.C. AVGVSTI ; médaille de Géta publiée par Morel ; comparaison de médailles de Trajan et d’Hadrien ; médailles étudiées par Galland dans son Selecta du cabinet de Foucault ; médailles publiées par Spon dans ses Dieux inconnus]« Cela se fit le jour de la première séance de l’Académie d’après la Saint Martin, laquelle fut publique. Il (M. Kuster) paya son entrée par une lecture en français, très française, au sujet de sa dipsute sur Aes grave, contre M. Perizonius, laquelle fut écoutée par toute l’assemblée qui était très nombreuse, et de gens habiles, et de distinction, avec tout l’applaudissement qu’il pouvait désirer » (Abdel Halim, p. 654-655, n° CCCXXI). +
-Lettre du 20 févr. 1714 (de Paris) : « Touchant le Voyage de M. Paul Lucas, qui n’était pas encore arrivé à vos libraires de Hollande, je suis bien aise de vous avertir que M. Paul Lucas n’en a fourni que le Journal, bien sèchement. C’est un homme qui n’a aucune étude, et pas même de style en écrivant. C’est M. Baudelot qui a mis le Voyage d’Egypte dans l’état que vous pouvez l’avoir vu, et qu’il a orné du sien de la manière qui lui a plu. Et celui qui vient d’être mis au jour, est dû aux soins et au travail de M. Fromont, que je ne connais que de nom » ; « M. Vaillant, dans ses Médailles grecques, rapporte une médaille de Gordien […] » [médailles de Pacatianus ; sur le titre d’Auguste attribué aux empereurs romains ; médaille citée par Cuper, représentant un roi maure] « D. Anselme, que je n’ai vu depuis cinq ou six semaines, était enfin sur le point de commencer à faire imprimer le catalogue général des médaillons et médailles du bas empire depuis Trajan Dèce. Nous avons ici depuis six mois, et davantage, M. le chevalier Fontaine (Fountaine), d’Angleterre, qui a fait un grand achat de médailles, comme de celles de madame la comtesse de Véruë (Jeanne-Baptiste d’Albert de Luynes [1670-1736], qui les avait eues, en présent, du roi de Sicile d’aujourd’hui, de celles de feu M. le comte de Vaux, fils du fameux M. Fouquet, et d’autres. Il a accommodé M. l’Abbé de Camps des médaillons de Madame la comtesse de Véruë, qu’il n’avait pas. Tant ces médaillons, que plusieurs autres qui lui sont venus d’Italie et d’ailleurs, depuis un an, ont enrichi sa suite considérablement » (Abdel Halim, p. 657-660, n° CCCXXIV ; Callataÿ 2015, p. 315, II.23). +
-Lettre du 7 juin 1714 (de Paris) : « J’avais déjà eu l’honneur de lui rendre mes devoirs chez lui plus d’une fois, après avoir eu d’abord l’avantage de manger avec lui chez M. l’Abbé de Camps » ; « Je souhaite que vous tiriez de l’utilité, et de la satisfaction, du commerce de lettres qui est entre vous et M. de Ballonfeaux. Je ne doute pas que cela n’arrive ; mais aussi je suis bien persuadé, que vous saurez bien vous tenir sur vos gardes contre les visions harduiniennes dont il ne paraît que trop qu’il est prévenu » [critique des explications de médailles écrites par Ballonfeaux ; légendes des médailles de Gallien publiées par Mezzabarba ; erreurs de ce numimate] (Abdel Halim, p. 661-662, n° CCCXXVI). +
-Lettre du 26 juin 1714 (de Paris) : [considérations sur les médailles envoyées à Cuper par le prince de Ligne et Ballonfeaux] « M. le chevalier Fontaine est retourné en Angleterre, il y a environ un mois, avec intention de revenir dans peu de temps. Sa curiosité pour les médailles antiques ne s’étend presque pas plus loin que la connaissance de leur antiquité, de leur rareté, et de ce qu’elles peuvent valoir. L’érudition qui y est attachée ne le touche que très légèrement. Madame la comtesse de Verruë a été la favorite du roi de Sicile d’aujourd’hui. Comme le roi de Sicile, dans le temps qu’il était attaché à elle, eut remarqué qu’elle se faisait un amusement des médailles qu’il avait dans son cabinet, lequel en était bien fourni, il lui en fit présent. Elle les emporta avec elle en abandonnant la cour de Turin, pour venir faire sa retraite à Paris, où elle a continué de s’en divertir, jusqu’à ce qu’elle a trouvé occasion de les vendre avec compensement » ; « Au lieu du contenu des chapitres de vos Trois Gordines et de vos Elephants, je souhaiterais que vous donnassiez, sans remise, vos Eléphants mêmes, avec les savantes dissertations dont vous me parlez. Cela ferait beaucoup de plaisir à tous les gens de lettres, qui sont persuadés de votre capacité » [médailles de Gordien Pie, frappée par la colonie d’Antioche ; médaille de grand bronze de Tibère, du cabinet de Foucault ; médaille de Julia Domna, du même cabinet ; à propos de cette médaille dont Cuper demandait un dessin, Galland ajoute] « Mais, outre que M. Foucault est à la campagne pour du temps comme je le crois, et que d’ailleurs il est ordinairement fort occupé quand il est à Paris, je vous avoue ma faiblesse, qui est que j’ai une grande répugnance à l’importuner pour quoi que ce soit, et je ne le vais voir, au plus, que deux ou trois fois par an, pour lui rendre mes respects, et il arrive quelquefois que je ne le rencontre pas » (Abdel Halim, p. 665-668, n° CCCXXVIII ; Callataÿ 2015, p. 315, II.25).
-Lettre du 14 août 1714 (de Paris) : « Je n’ai eu que le temps de lui (nb : M. Drakenbourg de passage rapide à Paris) procurer la vue des médaillons et des médailles de M. l’Abbé de Camps. Mais il n’en vit que quelques tablettes en passant, tant il était pressé de reprendre le chemin de la patrie » ; « Vous devez présentement avoir eu nouvelle, non seulement du départ de Paris de Mr. Clermont ; mais même de son retour et de son arrivée à Amsterdam. Dans les entrevues et dans les entretiens que j’ai eu avec lui, je ne me suis pas aperçu qu’il eût fait une étude particulière des médailles antiques ; mais, j’ai remarqué qu’il en faisait une grande estime, et qu’il en regardait la connaissance et l’usage comme très utile. Ce que j’ai observé en lui, c’est un accès aisé, une honnêteté, une candeur, et une douceur capables de lui attirer l’amitié de tout le monde » ; « Vous aurez appris sans doute, par les nouvelles publiques, que M. le chancelier de Pontchartrain, oncle de M. l’Abbé Bignon, a remis sa dignité entre les mains du roi, et que le roi en a honoré M. Voisin, secrétaire d’état pour les affaires de la guerre. Ainsi, M. l’Abbé Bignon se trouve déchargé de la direction de la librairie. M. Voisin a choisi M. de Rochepot, son gendre, pour lui rendre le même service » (Abdel Halim, p. 671-672, n° CCCXXXI). +
-Lettre du 18 sept. 1714 (de Paris) : [médailles de l’empereur Hadrien publiées par le Journal de Trévoux] « Nous allons perdre à Paris Dom Anselme Banduri. Il est rappelé par le grand duc de Toscane, pour aller remplir la place de bibliothécaire, vacante par le décès du célèbre Magliabecchi, au mois de juillet dernier. Maisen partant le mois prochain, il donnera ordre pour continuer l’impression de son ouvrage, ou Catalogue des médailles tant grecques que latines, depuis Trajan Dèce, jusqu’à la fin du Bas Empire. Il était si bien accoutumé au séjour de Paris, depuis environ douze ans qu’il y est arrivé, qu’il n’en part qu’avec regret. Mais il ne peut pas se dispenser d’accepter l’emploi honorable auquel il est appelé par son bienfaiteur » (Abdel Halim, p. 673, n° CCCXXXII). +
-Lettre du 12 déc. 1714 (de Paris) : « Il y a plusieurs médailles des Arsacides, de différentes grandeurs, dans plusieurs cabinets » [inscriptions grecques et médailles citées par Cuper, paradoxes du Père Hardouin ; médailles du cabinet de Ballonfeaux et opinions erronées de ce collectionneur en fait de numismatique] « P.S. : Pour ne pas laisser un si grand vide, je vais employer au moins une partie du papier qui reste, à vous entretenir de deux médaillons, dont M. l’Abbé de Camps a fait acquisition nouvellement » [description des médaillons] (Abdel Halim, p.675-677, n° CCCXXXIV). +
-Lettre du 13 jan. 1677 (de Paris) : « J’ai reçu votre livre et votre lettre imprimée qu vous avez accompagnée d’une réponse, Mr. Vaillant m’ayant rendu ce que vous aviez adressé pour moi à Mr Wheeler, et Mr Justel le dernier cahier avec les lettres que vous avez jointes à l’un et l’autre paquet… et pour vous témoigner de l’excès de joie avec lequel je reçois l’honneur de votre connaissance et de votre amitié que j’entretiendrai toujours avec beaucoup de soin puisqu’il ne me peut être que très glorieux et très avantageux d’être ami d’une personne de votre mérite, savante et pleine d’érudition comme vous êtes » » (Paris, BnF, Archives du Cabinet des Médailles, dossier de l’année 1677 ; Abdel Halim, p. 112-113, n° XXXIX). +
-Lettre du 9 mars 1677 (de Paris) : « Je crois voir trouvé le moyen de faire des empreintes semblables à celles que vous m’aviez envoyées ; je vous en ferai part si j’y réussis. Il n’y a personne de tous ceux à qui je l’ai fait voir qui n’en trouve l’invention fort belle et curieuse. Il y a bien un an que je vis la même chose au cabinet du roi d’une empreinte d’un Pescennius Niger qui venait d’Allemagne, et Mr Vaillant qui en avait entendu parler croit que le secret vient de Mr de Spanheim. Il vous baise fort les mains et vous prie si vous avez ou si vous savez des médailles des rois de Syrie de les lui procurer, il est engagé à en faire l’histoire, je vous assure que suivant le projet qu’il m’en a montré, l’ouvrage sera très bien reçu ; et il fait une chose où tous les médaillistes ont manqué jusqu’à présent ; c’est qu’il ôte la confusion des noms semblables de tous ces rois, et distingue très bien les médailles des uns et des autres, par des marques qui n’ont pas encore été remarquées quoiqu’elles soient incontestables et qu’elles crèvent les yeux » (Collection Gourio de Refuge, f° 204-205, copie ; Abdel Halim, p. 116, n° XL). +
-Lettre du 10 mai 1677 (de Paris) : considérations notamment numismatiques sur le livre de voyage de Spon. « Si Mr. Vaillant n’est pas de retour aujourd’hui il le sera indubitablement pour demain. Sitôt qu’il sera arrivé je lui remettrai votre livre entre les mains, afin d’en poursuivre le privilège que je ne doute pas que l’on accorde sans difficulté. Mr. Bizot (nb : Pierre Bizot, 1630-1696) ne m’a rien dit de vos Médailles que je lui ai fait voir. Mais quelque personne pourrait bien s’accomoder de ΠΗΓΗΣΟΥΝΙΑΣ si l’on savait ce que vous l’estimez. » (Paris, BnF, Cabinet des Médailles, dossier de l’année 1677, original ; Abdel Halim, p. 121, n° XLII = 2011/091/AMC01-11 – info Guy Meyer). +
Lettre du 16 juin 1677 (de Paris) : « Puisque vous ne pouvez pas vous accomoder de la médaille d’or d’Elagabale, la même personne a une Plotine d’or double dont elle pourrait bien vous accomoder, et quoique l’estimant cinq pistoles elle voudrait avoir une pistole de retour, je me persuade pourtant que vous pourriez l’avoir troc pour troc. Je l’ai vue, elle est fort bien conditionnée. Je ne comprends pas comment Mr Gaillhard peut l’avoir eue ici pour 21 (livres) parce que tout le monde sait que c’est une médaille de quatre pistoles. Et s’il l’a eue de Mr Bizot, comme il y en a grande apparence, il faut que Mr Bizot se soit récompensé sur quelqu’autre chose, parce qu’il en avait donné une médaille de Commode de 4 pistoles à Mr Vaillant » (Paris, BnF, Archives du Cabinet des Médailles, dossier de l’année 1677, original ; Abdel Halim, p. 124-125, n° XLIII). +
-Lettre non datée (juin ou juillet 1677) (de Paris) : « Je ne puis vous donner de réponse touchant la médaille de Commode que vendredi prochain auquel jour je vous la renverrai par la diligence avec l’Alcoran, ou l’argent que vous demandé » ; acquisition de livres numismatiques (Paris, BnF, Archives du Cabinet des Médailles, dossier de l’année 1677, original ; Abdel Halim, p. 127, n° XLIV). +
-Lettre du 14 avril 1680 (de Smyrne) : « J’ai vu ici de beaux médaillons et de belles médailles grecques et le plus beau médaillon qu’il y ait est de Commode ayant au revers une figure nue qui tient un arc dans un chariot tiré par deux griffons avec ces mots . Je vous prie d’en faire part à Mr Vaillant si l’occasion se présente de lui écrire. Je lui ai écrit il n’y a pas dix jours, et je ne veux lui écrire que lorsque je pourrai lui envoyer la liste de ce qu’il y a quand j’en aurai fait l’acquisition que je ménage » (Paris, BnF, Archives du Cabinet des Médailles, 2011/091/ACM01-11-2, dossier de l’année 1680, original ; Abdel Halim, p. 145, n° LVII). +
-Lettre du 25 juin 1705 (de Caen) : [réflexions sur les caractères puniques ; Galland est d’avis que ‘la langue punique n’était pas beaucoup différente de l’hébraïque’, mais qu’elle fut ‘altérée par le commerce des Carthaginois avec les nations étrangères’ ; sur les explications de médailles curieuses avancées par de Bary dans sa letre précédente ; Galland ayant requis lors de son dernier voyage à Paris plusieurs médailles semblables à celles proposées par de Bary dans sa lettre du 27 avril, il ne désire négocier que cinq pièces, dont il offre dx louis d’or] « Si cette somme vous agrée, il suffira d’un paquet pour envoyer ici les cinq médailles ; et dès que M. Foucault l’aura reçu, il ne manquera pas de faire compter l’argent à Rouen ou à Paris à la personne que vous marquerez » (Abdel Halim, p. 499, n° CCXV). +
-Lettre du 20 juil. 1705 (de Caen) : « Le paquet que vous m’avez adressé du 13 de ce mois, fut rendu hier à Mr. Foucault, et le même jour il chargea le directeur des gabelles de cette ville, qui part ujourd’hui pour Rouen, de compter les 145 à Mrs Claude et Louis Gudde avec ordre de les tenir à la disposition de Mr François Sellier d’Amsterdam. Je ne doute pas que Mr. Sellier n’en reçoive nouvelle au premier jour, et ne vous marque qu’elles auront été escomptées. M. Foucault est assez content de l’achat. Il le serait davantage si la médaille OSSET état mieux conservée et que celle de CART. ne fut pas si petite. La grandeur des médailles les augmente beaucoup de prix. Il vous demande, en récompense, que si vous veniez à vous défaire de toutes vos autres médailles, que vous n’avez pas doubles, et qu’il n’a pas, vous veuillez bien lui donner la préséance » [discussion de la signification des abréviations que portent les médailles acquises par Foucault ; critiques de certaines explications de ces abréviations avancées par Rhenferd et le Père Hardouin]« Le Père Hardouin, qui n’hésite pas à donner l’explication de quelques abbréviations que ce soit, ou vraie ou fausse, est cause que je suis si difficile à prononcer sur celles qui paraissent un peu douteuses. Je ne trouverai nullement mauvais que vous soyez d’un autre sentiment que moi là-dessus. J’espère que vous aurez aussi la même complaisance à mon égard » (Bibliothèque royale de La Haye, Correspondance de Gisbert Cuper, ms. 72/G.2 [lettres de et à Jacob de Barry], f° 174-177 ; Abdel Halim, p. 505, n° CCXX). +
-Lettre du 10 sept. 1705 (de Caen) : « Je devrais avoir fait réponse à votre lettre du 17 du mois passé, mais dans le temps qu’elle est arrivée, j’étais occupé à mettre au net le 7e tome des Contes arabes, qu’on m’a demandé de Paris avec empressement pour l’imprimer. Je suis enfin délivré de ce travail fatigant et ennuyeux, et j’ai le loisir de m’acquitter de mon devoir auprès de vous » [sur quelques médailles des colonies grecques du cabinet de de Bary ; explication d’abréviations numismatiques ; sur les médailles de la ville d’Utique] « Voilà, Monsieur, tout ce que j’avais à vous marquer sur votre dernière lettre. Je vous supplie de le prendre d’aussi bonne part que je suis prêt de prendre tout ce que vous voudrez bien me communiquer. Je cherche à m’instruire, et je ne suis pas si fortement attaché à mon sentiment, que je ne sois prêt de l’abandonner pour embrasser celui que je trouve plus raisonnable » (Abdel Halim, p. 513, n° CCXXVIII). +
-Lettre du 7 juin 1699 (de Caen) : «Le R. P. Roudil, qui a joint comme vous le savez, l’amour et la connaissance des médailles antiques, aux sciences et à la belle érudition qu’il possède parfaitement, a depuis peu envoyé trois médailles à M. Foucault qui ont leur mérite, et qui embelissent son cabinet, quoi qu’elles ne soient pas fort considérables par leur valeur. / La première est un Tibère de moyen bronze, incus ; et la seconde un Aurélien, avec cette inscription remarquable autour de la tête : IMP. C. AVRELIANVS INVICTVS AVG. Revers RESTITVT ORBIS KAL. Je n’avais pas encore vu sur aucune médaille le mot invictus entier ; mais seulement en abrégé en cette manière, INV. La troisième médaille est du grand Constantin, petit bronze, de même que celle d’Aurélien. Revers : GLORIA EXERCITVS, avec le type ordinaire de deux soldats qui se regardent, chacun près d’un signe militaire, et une croix très nette, et très bien formée, entre les deux signes militaires. C’est la seule médaille de Constatin, que j’ai vue avec cette marque indubitable du christianisme. Je n’en trouve aucune citée, ni dans Occo, ni dans le Comte Mezzabarba, et je n’ai connaissance que de deux autres médailles du même empereur, qui se voient au cabinet du Roi, l’une avec la même légende au revers, dont je vous ai entendu parler, ou le monogramme du nom de N. S. paraît sur le labarum élevé entre les deux soldats. L’autre qui m’a été annoncée par M. Oudinet, et qui est d’or, avec la légende VICTORIA CONSTANTINI, représente le même monogramme en croix, à la droite du champ. J’y joins aussi celle du même cabinet du Roi qui représente Constantin voilé dans un char tendant la main vers une autre main qui sort d’un nuage, ce que l’on ne peut rapporter qu’à une apothéose chrétienne, suivant l’observation que le P. du Molinet en faisait autrefois. Avant ces découvertes, l’on n’a pu inférer par les médailles de Constantin le Jeune, n’étant encore que César, où la marque du christianisme paraît par le même monogramme du nom de N. S. qu’il pouvait y en avoir de semblables de Constantin le Grand son père, ayant été frappées dans le temps qu’il vivait encore : mais l’on ne peut plus douter présentement qu’il n’y en ait. En effet il n’était point croyable, qu’il n’y eût pas de monnaies du grand Constantin qui portaient des marques de la véritable religion qu’il avait embrassée, et protégée si hautement, en employant sa puissance pour détruire le paganisme. Cela me donne occasion de remarquer que je pourrais bien m’être trompé dans le catalogue des médailles de M. Foucault, en décrivant une autre médaille du même Constantin, qui a pour inscription au revers : MARTI CONSERVATORI, où il y a dans le champ du revers, à gauche de la figure, une petite croix carrée en cette forme +, que j’ai prise pour un x, prévenu / qu’il n’y avait pas de marques du christianisme sur les médailles de cet empereur. Au contraire, je crois aujourd’hui être bien fondé pour changer d’avis, et pour croire que cette croix, est véritablement marquée sur cette médaille, pour une croix, et non pour un x : et voici le motif qui m’y oblige. Quoique la légende soit païenne en apparence, néanmoins le type représenté sous une figure armée, étant celui de Constatin, et non celui de Mars, les monétaires qui sans doute étaient chrétiens, comme il est aisé de le juger par la petite croix, peuvent bien avoir eu l’intention de faire comprendre, qu’ils donnaient le nom de Mars à Constantin, de la même manière que les poètes et les panégyristes modernes le donnent à nos héros. Il est très vraisemblable qu’ils en ont ainsi usé, pendant que les autres monétaires qui étaient païens, et qui ne mettaient point une croix sur les médailles qu’ils faisaient frapper, entendaient la même légende à la lettre, de même que celles de IOVI. et, HERCULI CONSERVATORI, qui se trouvent aussi sur des médailles de Constantin. Ainsi voilà cinq médailles de Constantin que les antiquaires peuvent regarder comme les premières qui ont été frappées dans le christianisme, et dans le temps de la grande décadence du culte des faux dieux. Il y a lieu de croire qu’elles ne sont pas seules, et d’espérer que l’on en découvrira encore d’autres semblables. Je me fais un plaisir tout particulier de faire part de ces découvertes à une personne comme vous, qui en a fait, et qui en fait encore tous les jours de si considérables sur la même matière ; et j’espère que vous m’en saurez bon gré. Je suis … » (voir JS, 1699, pp. 322-324 : «Extrait d’une lettre de M. Galland à M. Vaillant, garde du cabinet des médailles antiques de M. le duc du Maine«).
-Lettre du 10 août 1699 : sur trois monnaies romaines achetées par N.-J. Foucault (publiée dans le Journal des Savants, p. 367-369 ; Abdel Halim, p. 267, n° CIV). +