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-Lettre du 2 fév. 1699 (de Caen) : autres médailles nouvellement acquises par le Père de Grainville – réponses à quelques questions de ce correspondant au sujet des mdailles se trouvant dans le cabinet de Foucault ; « M. Vaillant m’a fait le plaisir de m’annoncer lui-même l’acquisition qu’il a faite du Carausius en argent, EXPECTATE VENI, avec la Félicité qui présente la main à Carausius, et de me mander qu’il en a fait présent à Monseigneur le Duc du Maine, pour étrennes. C’est une médaille d’une grande singularité. M. Cuper a mandé à M. l’Abbé Nicaise qui m’en donne avis de Dijon, qu’il possède une médaille en bronze de Tibère, frappée dans le temps qu’Auguste vivait encore, avec IMP. VNICVS. Cette inscription m’est suspecte, et je voudrais avoir vu la médaille pour en être bien convaincu. Ces messieurs les Allemands nous en donnent quelquefois à garder sur ces sortes de matières » » (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 132-136 ; Abdel Halim, p. 247, n° XCVII).  +
-Lettre du 14 sept. 1699 (de Caen) : « M. Foucault a rapporté du petit voyage qu’il a fait en Poitou, quelques médailles qu’il n’avait pas, et particulièrement une de Germanicus représenté assis au revers tenant une patère avec cette inscription : CONDENSV SENAT. ET EQ. ORDIN. P.Q.R. » remarques sur cette médaille (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 151-153 ; Abdelm Halim, p. 268, n° CV).  +
-Lettre du 3 oct. 1699 (de Rouen) : évocation de la pièce de Germanicus du cabinet Foucault (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 161-170; Abdelm Halim, p. 270, n° CVII).  +
-Lettre du 10 oct. 1699 (de Rouen) : « Ce révérend père (nb : Roudil) informant M. Foucault de quelques médailles qu’un Père Augustin, nouvellement arrivé à Rome, a rapportées de son voyage, lui parle d’une grecque grand bronze » remarques sur les médailles de Tibère, exemples de médailles dont les légendes sont illisibles, histoire de Tibère et les médailles qui peuvent apporter quelque témoignage sur sa consécration (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 171-178; Abdelm Halim, p. 271, n° CVIII).  +
-Lettre du 22 oct. 1699 (de Caen) : « Tout ce que nous avons dit jusqu’à présent, et tout ce que nous pourrions dire encore au sujet de la nouvelle médaille de Germanicus, étant fondé sur son antiquité, qui doit être bien constante avant toute chose, dont vous me paraissez douter par votre lettre du 13 de ce mois, la peine que nous avons prise serait vaine, inutile, s’il était vrai qu’elle eût été faite à plaisir dans ces derniers temps » (à compléter) preuves de l’authenticité de la médaille (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 184-212; Abdelm Halim, p. 273-274, n° CXI).  +
-Lettre du 5 nov. 1699 (de Caen) : « Je vous aurais fait une description plus exacte de la nouvelle médaille de Germanicus, lorsque j’eus l’honneur de vous annoncer l’acquisition que M. Foucault en avait faite, si j’avais cru qu’elle dût être la cause d’une si longue dispute entre nous » longue dissertation où Galland reprend tous les arguments des lettres précédentes au sujet de l’histoire de Germanicus (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 221-241; Abdelm Halim, p. 274-275, n° CXIII).  +
-Lettre du 4 mai 1700 (de Caen) : « Mon Révérend Père, J’ai été si peu en état de disposer de mes volontés pendant le séjour de plus de quatre mois que j’ai fait à Paris, où vous avez cru que j’aurais du loisir, et que je pourrais jouir de moi-même, que je vous suis encore redevable de la réponse à la lettre que vous me fissiez l’honneur de m’y écrire. J’ai assez de confiance en votre bonté, pour être persuadé que vous ne doutez pas de ma diligence, et que je n’aurais pas manqué de m’acquitter si j’avais été libre de mes actions. Vous me mandiez par cette lettre de vous rendre compte de ce que les habiles antiquaires de Paris auraient pensé de la nouvelle médaille de Germanicus. Je l’avais portée exprès / pour la faire voir, et je puis vous assurer que M. Vaillant et tous ceux qui l’ont vue, n’ont pas hésité un seul moment à la reconnaître pour très antique, et à la regarder comme très considérable, en ce qu’elle fonde témoignage pour confirmer les grands honneurs rendus au César après sa mort. Mais personne n’a eu la pensée que la situation où il est représenté au revers fusse une marque de sa conservation. Si cela était, il faudrait dire que Nero Drusus représenté à peu près de même dans ses médailles en bronze, ( ?) consacré puisqu’il tient une branche de laurier ou d’olivier de la main droite, de même qu’Auguste en celle qui lui fut frappée après sa mort, avec la même inscription sur celle de Germanicus. Pour ce qui est de la patère que celui-ci tient à la main, l’on croit que l’on doit la regarder comme une marque de la piété envers laPatrie, qui avait été le principal motif de ses actions, et que les ( ?) fait / précéder par des sacrifices, elle marque les libations qu’il avait faites à ce sujet, et il se fondait sur ce que la Piété est représentée ordinairement avec une patère à la main. Quant au temps que la médaille a été frappée, touchant quoi vous me faites encore instance, je ne sais pas bien pourquoi votre révérend, sachant qu’Auguste avait laissé la disposition des monnaies de cuivre au Sénat, ne veux pas que le Sénat uni avec les chevaliers, et tout le peuple romain, n’ait pas usé de son droit pour honorer davantage la mémoire d’un prince qui lui était si cher, particulièrement dans une occasion où il paraît par le texte de Tacite, que Tibère laissa aux Romains dans l’excès de leur douleur, la liberté de donner à ce prince, toutes les marques et toutes les démonstrations de reconnaissance qu’il leur a plu. Vous appelez toujours la jalousie de Tibère, mais je vous supplie de vouloir faire encore réflexion sur ce que j’ai eu l’honneur de vous représenter sur ce sujet » (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 1-9 ; Abdel Halim p. 283-284, n° CXVII).  
-Lettre du 11 mai 1700 (de Caen) : dissertation sur une monnaie d’Auguste frappée à Alexandrie « M. l’Intendant aura bientôt ici le R. P. Roupil qui vient le voir. Il est en chemin avec M. l’évêque de Montauban, qui doit arriver à Paris le 15 de ce mois. Je me fais un grand plaisir par avance des entretiens que nous auronssur les médailles. Il mande à M. l’Intendant qu’il lui en apporte quelques-unes et qu’il en a trouvé d’autres sur sa route » (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 12-16; Abdel Halim p. 284-285, n° CXVIII).  +
-Lettre du 29 mai 1700 (de Caen) : autour de la médaille d’Auguste, Remarque sur une médaille de Tranquilline acquise par le P. Chamillard, retour au quatrième consulat de Philippe, nouvelles acquisitions pour le cabinet Foucault (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 26-33; Abdel Halim p. 293, n° CXXII).  +
-Lettre du 11 juin 1700 (de Caen) : « S’il est vrai que la liste des médailles impériales en argent de notre nouvelle acquisition vous ait fait autant de plaisir que vous le marquez par votre lettre du 3 de ce mois, j’espère que celle des principales de moyen et de petit bronze que voici, ne vous en fera pas moins », remarque sur une médaille d’Etruscus, interprétation de l’abbréviation CONS. Sur les médailles romaines ; selon Galland, CONS signifie quelquefois Consul, aussi bien que Conservator, opinions de Patin et de Mezzabarba à ce sujet, remarques sur les médailles de Quintillien (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 44-53; Abdel Halim p. 300-301, n° CXXV).  +
-Lettre du 30 juin 1700 (de Caen) : « Je vous laisse examiner quelle est la première année de l’époque marquée sur la petite médaille de Jules César » retour à l’abréviation de CONS. sur les les médailles, remarques sur une médaille de Faustine ; « Avant de finir ma lettre, je prends mon Révérend Père, la liberté de vous proposer l’exemple du P. Hardouin, et de vous représenter que je vous en vois approcher de si près, que je crains que vous ne l’imitiez bientôt, en prenant comme lui les ténèbres pour la lumière, et la fausseté pour la vérité. Vous voyez bien que ses préoccupations invincibles l’ont jeté dans un labyrinthe dont il ne peut plus sortir, et où l’on prend plaisir de le voir errer, sans que l’on fasse la moindre démarche pour lui montrer la route qu’il faut tenir pour en trouver l’issue. En effet, il écrit, il dit, il publie, et il exagère tout ce qu’il lui plaît, et personne ne le contredit, quoque l’on n’ajoute pas foi à aucune de ses imaginations. L’on se contente de s’en divertir, et au lieu de le plaindre de son égarement, l’on souhaite de voir de nouveaux ouvrages de sa composition, pour avoir de nouveaux sujets de divertissements. Il est vrai que je ne me divertirais pas de vos lettres si elles devenaient semblables à ses écrits. Ce n’est pas mon humeur de me divertir aux dépens des autres. Je voudrais que l’on s’aidât des lumières les uns les autres, chacun dans sa profession, sans entêtement, sans jalousie, et sans contestations inutiles, qui refroidissent tôt ou tard, si elles ne rompent pas l’amitié. Mais, je ne puis dissimuler qu’après avoir pris tant de plaisir aux lettres dont vous m’avez honoré ci-devant j’aurais une mortification très sensible d’être obligé de vous prier de vouloir bien que nous rompions notre commerce de disputes et de contestations, qui seraient si infructueuses. Car, vos subtilités ne seraient pas capables de me faire changer mes sentiments, qui selon ma coutume, se régleraient toujours sur la vérité toute nue, autant que j’en serais capable, et mes raisons seraient inutiles pour détruire les vôtres, nonobstant leur peu de solidité. Votre Révérence peut voir aussi qu’il ne serait pas juste que mes occupations et mes études fussent détournées pour recueillir si peu d’agrément, et si peu de fruit de la peine que je me donnerais. Cela ne m’empêcherait pas de vous faire part de nos nouvelles acquisitions, suivant lesquelles vous feriez vos méditations particulières, suivant vos vues et vos principes » (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 75-82; Abdel Halim p. 315-317, n° CXXXI).  
-Lettre du 9 juillet 1704 (de Caen) : (Note de l’archiviste : «Le feuillet portant les pages 1 à 4 n’a pas été transmis et manque depuis les premiers classements des archives des MMA, peut-être depuis le XVIIIe siècle, ne permettant pas d’identifier l’ecclésiastique auquel écrit Galland. Les indications de destinataire, lieu et dates se trouvent feuillet 15.) page 5 : « Response a ces remarques (2) Mon Reverend Pere. Il est a craindre que vous ne vous soyez engagé trop promptement, à soutenir le parti que vous avez pris contre M. de La Chausse. Comme M. de La Chausse est sur les lieux, on peut présumer qu’il ne nous a donné son sentiment, sur la colonne de granite, que l’on a deterrée a Rome au Champ de Mars, qu’après une mûre réflexion. Il a fait paraître par plusieurs ouvrages qu’il a donnés au public, de quoi il est capable dans l’explication des monuments antiques (3). Vous êtes déja revenu d[e vos] <e> la pensée, que vous avez eue, que la colonne de Trajan, marquée sur les médailles de cet Empereur, ne montre aucune figure. Vous avez consulté les médailles, et vous en avez vues, ou vous convenez qu’on aperçoit quelques traces de lignes. Comme ces traces, sans difficulté, désignent les figures, c’est un grand préjugé en faveur de ce savant Antiquaire. Vous croyez qu’il n’y a que quelques unes de ces médailles, ou paraissent les traces que vous dites. J’ai l’honneur de vous assurer que je les ai remarquées sur toutes celles que j’ai maniées, et j’ai de la peine à croire qu’il y en ait, où elles ne se fassent pas voir. Elles sont manifestes au Cabinet de M. Foucault, sur des médailles en grand et moyen bronze, et même sur une d’argent avec cette inscription: P.M.TR.P. COS.VI.PP.S.P.Q.R. Sa petitesse n’a pas empêché le graveur, d’y exprimer (p. 7, verso, 2) autour du fût de la colonne. Les mêmes lignes spirales, comme autour de celles de grand, et de moyen bronze, avec des points entre les lignes, qui tiennent la place des figures, qu’on voit encore auiourd’hui sur la colonne originale qui est a Rome. Nous avons présentement à examiner les médailles d’Antonin Pie, ou il y a des colonnes, et juger si elles ont un rapport a la colonne de Traian. Premièrement, je trouve au Cabinet de M. Foucault, une seule de ces médailles, qui est de moyen bronze, frappée au commencement du règne d’Antonin Pie, avec cette inscription du côté de la tête: ANTONINVS AVG. PIVS PP.TR. P. COS. III. L’inscription du revers est: FELICITAS AVG. SC. Pour type, on y voit d’un relief fort beau, et fort net, une colonne, qui a un piédestal avec une petite porte, une base, et un chapiteau d’ordre dorique, et au dessus du chapiteau, une lanterne, avec une porte, ou ouverture, de même que le piédestal. Le fût de la colonne ne porte aucune marque de figures, ou d’autre sculpture. Vous ne serez pas fâché de voir ici, la représentation de cette médaille. (p. 8, recto) En second lieu, je remarque une autre colonne, dans les médailles de grand bronze, et d’argent de cet Empereur,connue de tous les Antiquaires, qui est la même dans l’un et dans l’autre metal. Elle y est representée également,avec une grille par le bas, conformément à la colonne originale, comme on doit en être persuadé, ou elle avait été mise, pour empêcher qu’on en approchât, et qu’on ne la gâtat. Elle a un piédestal, avec une base, et un chapiteau, aussi d’ordre dorique, sur la médaille de bronze, et comme d’ordre ionique, sur celle d’argent, en quoi l’ouvrier paraît avoir été peu exact, à cause de la petitesse de la médaille. Ce n’est pas une lanterne qui est sur le chapiteau;mais une statue, posée dessus immédiatement. De plus, il n’y a pas la moindre apparence de lignes spirales, ni d’autres marques sur le fût, qui donnent (4) aucune idée de figures en sculpture. Vous savez, Mon Révérend père, que l’inscription qui accompagne cette colonne est DIVO PIO. Des deux colonnes, on ne peut pas dire, que la dernière soit la colonne historiale d’Antonin Pie, que l’on voit encore à Rome, bien moins conservée que celle de Trajan, quoique celle de Trajan, soit beaucoup plus ancienne (5). La raison n’est pas seulement, qu’il n’y a pas de marque des figures en sculpture sur le fût: c’est-aussi que la statue est posée immédiatement sur le châpiteau. Il y a à la vérité une statue au haut de la colonne de Trajan, mais cette statue n’est pas immédiatement sur le chapiteau. Elle est sur une élévation au dessus du chapiteau, qui tient lieu de la lanterne que l’on voit au haut de la pre(p. 9, recto, 1)mière médaille d’Antonin Pie, dont nous venond de faire mention. On voit même par la forme ancienne de cette élévation, qui était au dessus de la colonne de Trajan, avant qu’on l’eût changée, pour y poser la statue de S. Pierre, qui y est auiourd’huy, qu’elle était à peu près semblable, à celle de la colonne d’Antonin Pie, dont il est manifeste qu’elle a été le modèle. Cette circonstance de la statue, posée immédiatementvsur le chapiteau de la colonne d’Antonin Pie, que l’on voit sur les médailles frappées après sa mort, avec l’inscription DIVO PIO, marque que la colonne qu’elle représentait, était solide. Si l’on convient de cette solidité comme l’on doiten convenir, on ne peut pas dire qu’elle représente la colonne historiale d’Antonin Pie, qui avait, et qui a encore auiourd’hui, un escalier pour monter au haut, de même que la colonne historiale de Trajan. Si cela est ainsi, on ne peut pas désaprouver le sentiment de M. de La Chausse, quand il dit, fondé sur l’inscription, et sur d’autres circonstances, qu’il rapporte,que la colonne de granite, nouvellement deterrée à Rome, est la même que celle représentée sur les médailles, frappées à l’honneur d’Antonin Pie, après sa mort, avec l’inscription DIVO PIO. Bien loin de le condamner, il mérite une reconnaissance publique, de la part de tous ceux, qui sont curieux de savoir au vrai, jusqu’aux moindres particularités de l’histoire romaine. Pour être convaincu plus amplemnt, que cette co-(p. 10, verso)lonne était solide, après la marque que nous en avons par la statue posée sur le chapiteau, il faut remarquer qu’il (6) n’y paraît pas de porte au piédestal, comme il en paraît une sur les médailles de Trajan, au piédestal de sa colonne, et que la grille qui est au bas, est une autre marque qu’il n’y en avait pas. Cela confirme aussi le sentiment de M. de La Chausse,et l’on doit bien remarquer que le granite, dont est cette colonne, nouvellement déterrée, est d’une dureté bien différente, de la dureté du marbre. Elle n’a pas permis que l’on creusât la colonne en dedans, pour y faire un escalier. Par la même raison, on ne pouvait pas y employer aussi le ciseau, pour y représenter des figures, qu’avec un travail incroyable. De plus, jamais ces figures n’auraient pu recevoir la perfection, dont le marbre est capable. Ce que vous écrivez touchant la moulure, et les gravures, ou sculptures, qui sont au piédestal de la colonne de granite, en remarquant qu’on en voit rien sur les médailles, qui ont DIVO PIO, pour inscription, ne détruit pas l’observation de M. de La Chausse. La grille que le graveur de la médaille a représentée au bas de la colonne, telle qu’elle était à l’entour de la place, ou on l’avait élevée, l’a empêché d’en rien faire paraître.Ainsi, ce défaut, qui vous aparu essentiel s’évanouit, et n’empêchent pas que les preuves de M. de La Chausse, et celles que j’ai apportées, n’aient lieu. La diversité des inscriptions, ne prouve pas plus solidement, que la colonne des médailles d’Antonin Pie, qui ont été frappées après sa mort, ne représente pas la (p. 11, verso) colonne de granite, et l’on ne peut rien conclure en votre faveur, de l’arrangement différent, des derniers mots:DIVO PIO. Il suffit que la colonne, et les médailles soient postérieures à la mort d’Antonin Pie. Toute la différence qu’il y a, c’est que dans l’inscription de la colonne de granite, le nom d’Antonin Pie, avec le titre d’Auguste,est entre ces deux mots (7). Mais sur les médailles, ce nom est mentionné du côté de la tête de l’empereur divinisé. Il n’a pas été nécessaire de le répéter au revers. C’est ce qui a fait qu’on les y a joints ensemble, et il était nécessaire de les séparer dans l’inscription dela colonne. En parlant des médailles de Trajan, marquées de sa colonne au revers, ou vous croyez que l’on ne voit aucune trace de figures sur quelques-unes, quoiqu’il n’y ait pas apparence qu’on puisse produire une seule, vous dites que l’on renvoyait à l’original, ceux, qui voulaient savoir ce que la petitesse de la copie, ne permettait pas d’y apprendre. Cela serait bon à avancer, si ces médailles n’eussent été frappées, que pour ceux, qui étaient à Rome. Alors, l’intention était, qu’elles servissent d’instruction dans toute l’étendue de l’Empire Romain. Il fallait que cette intention fût exécutée par quelques marques, qui représentassent des figures. Aussi ne les a t’on pas oubliées, comme nous l’avons remarqué. Il faut donc, dites vous, Mon Révérend Père, quet ous les Antiquaires, qui ont cru, et qui ont écrit ci-devant, que la colonne, qui se présente sur les mé-(p. 12, recto)dailles d’Antonin Pie, avec l’inscription DIVO PIO, était la même que la colonne historiale de Rome, se soient trompés. On ne peut pas douter que cela ne soit ainsi: la chose parle d’elle même. Je m’était laissé emporter au torrent, jusqu’a ce que j’eusse lu dans le Journal des Savans, l’extrait du petit ouvrage de M. de La Chausse (8). Alors, je n’ai pas eu de honte de me rendre à ses raisons, et a une si grande évidence. Je cherche la vérité, et je m’y attache, d’abord que je puis l’apercevoir de quelque main qu’elle vienne. La remarque de M. de La Chausse, doit cependant donner de la joie aux Antiquaires; puisque par la découverte qu’il a faite, il leur produit [a leur] deux colonnes d’Antonin Pie, celle-ci, qui n’est pas historiée, et l’autre avec l’inscription: FELICITAS AVG. que l’on connaît à Rome,depuis tant de siècles. Quoique la médaille qui est marquée de cette colonne,ne fasse voir aucune marque de sculpture, comme jel ’ai remarqué dans sa description; il est visible néanmoins que c’est la colonne historiale d’Antonin Pie, par la porte qui est au piédestal, et par celle, qui est à la lanterne qui marquent que l’on montait en haut par un escalier pratiqué en dedans, comme on le voit dans celle de Rome. L’inscription TR.P.COS.III qu’on y lit du côté de la tête prouve, évidemment, que la colonne fut élevée au commencement de son Empire; mais, elle ne prouve pas moins clairement, qu’on n’avait pas encore eu le temps de l’orner des sculptures, dont on ne voit (p. 13, recto) aujourd’hui, que les restes, qui ont échappé aux ruines du temps. Peut-être a-t-on frappé d’autres médailles sous le règne de cet Empereur, qui fut de près de vingt trois ans, depuis que les sculptures furent achevées, ou elles ont été marquées, et que les Antiquaires, qui viendront après nous,auront le plaisir de voir, si l’on en découvre. Si elles n’y paraissent pas, on aurait lieu de s’étonner de la négligence, ou de la grossièreté, ou malhabileté des graveurs de la monnaie de ce temps-là, après l’exactitude de ceux du règne de Trajan. Cette médaille, qui est au cabinet de M. Foucault, estsi rare, que l’on peut croire qu’elle est unique. En effet,il n’en est fait mention, ni dans Occo, ni dans le Mezzabarba, ni dans les médailles romaines, les plus rares, publiées par M. Vaillant (9). Ces termes: FELICITAS AVG. qui y servent d’inscription, signifient que c’était un grand bonheur à l’Empereur Antonin Pie, que ses belles actions fussent exprimées de son vivant, sur ce beau monument par ordre du Sénat, et qu’elles apprissent à la postérité,que l’Empire Romain, ou il était parvenu, en avait été la récompense. Le même zêle pour la vérité, qui m’a fait prendre le parti de M. de La Chausse, contre Votre Révérence, m’oblige d’adopter votre sentiment contre lui, au sujet de l’imperatrice voilée, que le jeune homme ailé portesur ses épaules avec Antonin Pie (10), en quoi il s’en est ecarté.Il y a lieu de s’étonner qu’il l’ait prise pour Faustine, la (p. 14, verso)[mere] jeune, femme de Marc Aurèle, et non pas pour la mère, femme d’Antonin Pie, à l’honneur de qui, la colonne de granite a été consacrée. A l’égard de la première raison qu’il apporte, que si cette impératrice <était Faustine>, femme d’Antonin Pie, l’inscription en ferait mention, on peut lui demander, si c’est Faustine, femme de Marc Aurèle, pourqoi elle n’en fait pas aussi mention ? Il y aurait eu beaucoup plus de raison de le faire. En effet, qu’un Empereur, et qu’une impératrice, tout à la fois, soit emporté aux cieux, sur les épaules d’un jeune homme, ou d’un génie ailé, et qu’on ne doive pas les prendre pour époux, et pour épouse, c’est ce qui n’a nulle apparence. Il faut avouer néanmoins, qu’il y a quelque chose, qui répugne dans la pensée de celui, qui a inventé cette représentation, en ce qu’il a joint la consécration de Faustine la mère, qui était morte, et qui avait été consacrée auparavant, avec celle d’Antonin Pie.Mais, cela ne rend pas la cause de M. de La Chausse, meilleure. On sent bien qu’il répugne davantage, de prendre cette impératrice, pour Faustine la Jeune. La seconde raison de M. de La Chausse, que si cette impératrice était Faustine, femme d’Antonin Pie, on aurait représenté un paon, au-dessus de sa tête,des médailles de cette impératrice, d’argent, et de grand,et de moyen bronze, qui la font voir après sa mort, sur le dos d’un aigle, qui l’emporte au ciel. Ainsi, Mon Révérend Père vous avez très bien remarqué, que M. de La (p. 15, verso) Chausse, n’a pas rencontré juste sur cet article, et il n’y a pas d’antiquaire, ce me semble, qui ne doive souscrire à votre sentiment. Enfin, voilà ce que j’avais à dire sur les Remarques quevous avez envoyées à M. Foucault.Je crois connaître assez que vous n’avez pas d’autre but, dans vos recherches, que de découvrir la vérité, pour être persuadé, que la liberté, que j’ai prise, ne vous deplaira pas. Je suis avec un grand respect Mon Révérend Père Votre très humble, et très obeissant Serviteur » (Paris, BnF, BNF 2011-09-ACM01-17, autographe, signé; transcription et notes de Guy Meyer ; Abdel Halim, p. 461=462, n° CXCVII).  
-Lettre du 11 mars 1701 (de Caen) : « Puisque vous avez désiré de savoir mon sentiment sur l’explication de la médaille grecque de Caracalla, du cabinet de M. Foucault, qui vous a été envoyée par le R. P. Hardouin, je ne vous dissimulerai pas qu’elle est très ingénieuse. Heureux ceux qui peuvent se divertir si agréablement, en se délassant de leurs études plus sérieuses. Si tout le monde n’a pas le même talent, ceux qui peuvent prendre quelque part du plaisir qu’il se donne à lui-même, lui ont au moins l’obligation de ce qu’il en est si libéral, et qu’il se fait un autre plaisir de le communiquer. Le R. P. a déjà donné des explications de quelques autres médailles, qui ne font pas moins admirer le raffinement dont il est capable en ces sortes de jeux d’esprit. Car, de penser qu’il les donne sérieusement, et qu’il soit persuadé de ce qu’il avance, c’est ce que l’on ne pourrait pas s’imaginer » suit la critique de l’explication du P. Hardouin (Abdel Halim, p. 368, n° CLI).  +
-Lettre du 1 avril 1701 (de Caen) : « J’ai pris la peine de faire moi-même le dessin de la médaille du cabinet de M. Foucault, dont le R. P. Hardouin vous demandait seulement une description » suivent quelques courtes remarques sur cette médaille dont la légende et le dessin ne sont cependant pas précisés (Correspondance de Caen ; Abdel Halim, p. 388, n° CLVIII).  +
-Lettre du 12 avril 1701 (de Caen) : « C’est donc par votre entremise que le R. P. Hardouin me fait l’honneur de me consulter sur les médailles du cabinet de M. Foucault. Il aurait pu vous épargner cette peine, s’il lui avait plu d’accepter l’offre que je lui fis dès l’année passée de s’adresser à moi directement, sur tous les éclaircissements qui pourraient lui faire plaisir. De quelque manière qu’il le juge à propos, je vous supplie de lui marquer, que je tâcherai toujours de le satisfaire, avec le même zêle, et avec la même passion, en tout ce qui dépendra de moi pour l’obliger. En même temps, vous pourriez bien l’assurer qu’il peut se fier autant sur mon exactitude que sur la vôtre : car je crois que vous avez sujet de même que moi, de vous plaindre un peu de sa défiance au sujet de la médaille d’Auguste que vous lui envoyâtes dernièrement, dessinée de ma main. Le Révérend Père vous demande s’il y a dans le cabinet de M. l’Intendant quelque médailles de Tibère, marquée de COS. IIII. dans son inscription » réflexions sur les médailles marquées de cette abréviation (Correspondance de Caen ; Abdel Halim, p. 396-397, n° CLXII).  +
-Lettre du 18 mai 1677 (de Paris) : Vaillant, l’Antiquaire du Roi, a entrepris l’histoire par les médailles des Séleucides.Il peut établir précisément les dates des souverains par les caractères grecs ou phéniciens [qui figurent sur les monnaies].Sa précision est telle qu’il a pu corriger Spanheim même (Oxford, Bodleian Library, MS Smith 46 fols. 221-222 (en latin).  +
-Lettre du (10 Février 1687 (de Smyrne) : « Je lui dis là-dessus que j’aurais l’honneur d’en écrire à V. E., que cependant dans la commission dont j’étais honoré étant nécessaire d’entretenir amitié avec tout le monde parce que l’on pouvait contribuer à la satisfaction que l’on attendait de ma diligence à la Cour pour l’enrichissement du Cabinet de sa Majesté il ne devait pas trouver mauvais que je continuasse à vivre avec Mr le consul de Hollande de la manière dont j’avais vécu depuis mon arrivée en cette ville … Je suis persuadé que V. E. est trop éclairée pour avoir envie que Mr le consul étendit à moi l’ordre qu’Elle lui a envoyé. L’amitié que j’ai avec Mr le consul de Hollande est une amitié de 8 ou de 10 ans qui est fondée sur plusieurs sortes de curiosités, celle des médailles en est une, auxquelles il s’occupe aux moments que les devoirs de sa charge lui donnent quelque relâche. Je ne m’entretiens avec lui que de ces sortes de choses, lorsque j’ai l’honneur de le voir quelquefois, et c’est pour moi une grande consolation dans un pays où il y a si peu d’entretien conforme à mon inclination outre l’avantage que je puis tirer de sa connaissance pour me bien acquitter de mon devoir et de mon emploi. Mr le consul de Hollande sait que je vois des marchands de sa nation qui sont mal avec lui, il ne le trouve pas mauvais sachant que je le fais dans le dessein d’acheter de leurs médailles, comme j’en ai acheté d’eux de fort curieuses » (Paris, Bnf, Manuscrits Fonds Français 7168, Girardin, Mémoires ; Abdel Halim p. 170-171, n° LXIII).  +
25 March 1575 (from Nancy): “S. acceptis abs te literis, id est ab antiquaris et geographo celeberrimo, non mediocrij gaudio sum perfusus, Abrahame solertissime. Atque non potui stais mirari, qui factum fuerit, ut tibi sim cognitus, qui nullius nominis homunico, antiquitatem quidem ante annos 30. Et amavi et colui, quantum mihi vacavit a facienda medicina mea: sed me totum illi uni devovere non potui. Enim verò pauca scripsi (eaque nondum typis chalcographicis mandata) de Moneta et numismatibus Romanis quorum non parvum cumulum, eorumque selectorum et rariorum, habeo. Et scripsi quidem primum Latinè (quod mihi minoris constitit :) deinde Gallicè, jussu illustrissimi Principis mei, qui superat omnes, de quibus hactenus audivi, eorumdem nummorum, tum aureorum, tum argenteorum, copiae, pretio, valore, et ut ita dicam, excellentiae. Itaque in eius gratiam de huiusmodi numismatibus libello quodam egj, et addidi brevem etiam rationem antiquae rei Nummariae, ς quantum potui, ut et is, et vulgus etiam Gallicum, eius non esset omnino expers. Subiunxi et ectypis ipsis, sat bellae primum in aere, caelo, deinde chartae, expressis, enarrationem, interpretationemque aversarum partium, seu mavis posticaerum, nummorum ipsorum. Rursum attexui et nonnulla de gemmis sclaptis (sic), et caelatura sive scalptura earum, tam laudatae, usrupataeque olim Romanis. Et ut numismatum, sic etiam gemmarum ectypa aliquot addidi, ac sum interpratatus, pro sensus mei et acuminis ingenii tenuitate. Quod postremum argumentum, haud scio an ante nos quisquam alius attrectaerit. […] Mitto duo numismata argentea, his inclusa literis ; quorum alterum prae se fert caput infesti illius Romani Veiovis, sagittas vibrantis. De quo Ovidius in Fastis, Martianus, Alexander, et plura Gellius. Postica pars nummi, Lares pulchrè deformatos ostendat. Alterum Africae caput habet, exuviis Elephanti tectum. Numisma est Q. Metelli Scipionis Imperatoris. Posteriore part inscriptio est Eppii, cuius meminit in Commentariis Julius Caesar. Neutrum libello tuo comprehenditur, ut neque alia quaedam capita, quae penes me sunt; veluti Fortunae Antiatis, in nummo Q. Rustij : sortis, in nummo M. Plaetor. Feroniae deae, in nummo P. Turpiliani IIIviri; Italiae : Hispaniae, in nummo Albini; Termini, in nummo Q. Titii si credimus Sebastiano Erizzo Italo. Boni consules munusculum meum, tametsi plus quam levidense. Si quid erit in meo cimeliarchio, quod tibi gratum esse intelligam, id ad te facile (mihi crede) transibit. Bene vale” (Chapel Hill [North Carolina], UNC University Libraries ; Hessels 1887, no. 55, p. 126-127).  
-lettre du 7 août 1686 (d’Aix-en-Provence) : en latin He refers to several works e.g. NORIS' consular letter, to certain points $word$ which he mentions that he has already replied, and to FABRETTUS' work on Trajan's column, of which work he disputes certain dates and facts. … He is making an accurate survey of the consular fasti, in which he finds Dodwell's work helpful, and he proceeds to details on the emperors' consulates and the decennalia. He maintains incidentally that Nerva did not resign. He refers to NORIS' treatise on the Syro-Macedonian chronology, based on coinage, and a forthcoming attempt at the Onuphrian calendar. He has advised N, to have every recourse possible to the Royal Vienna Library. The expert advice of MORELL and de MOLINET should be asked on the genuineness of the coins. (Oxford, Bodleian Library, MS Cherry 29 fols. 151-160).  +
-Lettre du 13 juin 1581 (de Rome) : « Non sò che la medaglia sia quell tanto pretiosa trouata nuouatamente dell’Antinoo, et le dico liberamente non uoglio essere in primo a ricercare l’impronto, perche essendo tanto rara il padrone non la uorrà fare commune. Ma se si facesse, V. S. sà che per sodisfare alla mia curiosità, n’hauerei bisogno d’uno in piombo. La tavola del Bembo uiddi molti anni sono in Padua, et da Moriglione (note : Maximilien Morillon, prévôt d’Aire, un des plus anciens amis de Granvelle, alors son vicaire-général pour l’archevêché de Malines) ne feci fare in carta una copia à penna molto ben fatta et al naturale co’l colore di rame uerniculato d’argento, che m’è stata tolta in Brusselles insieme con i libri, con le medaglie et statue et con quanto ui hauevo, et con le mie scritture et archiuio di quanto per l’Imperatore da me si era scritto, et altre cose rarissime, quà non saria stimata la tauola, perche non l’intenderiano, et saria bene che restasse in Roma o alla libreria Vaticana, o pigliandola Mons.r Ill.me nostro, non uedendo altro là che sia per farui la spesa » (Nolhac 1884, Lettre VII, p. 257-258).  +