Grand document
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A
-Lettre du 14 mars 1705 (de Caen) : [opinions des membres de l’Académie des inscriptions sur le discours de Galland relatif à Domitius Domitianus, d’après une lettre de Gros de Boze à Foucault] « M. Foucault a obtenu du roi les lettres patentes pour la création d’une académie en cette ville, sous le nom d’Académie des belles-lettres dont le roi l’a fait protecteur. Elle est composée de trente académiciens, pour s’assembler une fois la semaine » (Abdel Halim, p. 489-490, n° CCVIII). +
-Lettre du 15 mai 1705 (de Paris) :« Il (M. Foucault) me marque qu’il vous parle des médailles doubles de M. de Bary, et qu’il se remet entièrement à vous pour les lui acquérir au prix que vous voudrez bien y mettre. Il trouvera le moyen de faire tenir la somme dès qu’il en aura eu avis. Je pourrai bien rester encore quinze jours à Paris. J’y ai fait acquisition d’assez bonnes médailles pour augmenter le cabinet de M. Foucault, et j’espère d’en acquérir d’autres avant mon départ » (Abdel Halim, p. 496-497, n° CCXIII). +
-Lettre du 25 juin 1705 (de Caen) : [Galland a écrit longuement à M. de Bary ; il est très occupé et répondra plus à loisir ultérieurement à Cuper ; il lui fait cependant part de courtes réflexions sur quelques légendes énigmatiques de médailles, et de la découverte à Vieux d’une médaille curieuse de Diaduménien ; considérations sur la valeur des médailles achetées à de Bary] « J’ai apporté de mon voyage de Paris, une augmentation au cabinet de M. Foucault, de 93 médailles, tant impériales, romaines, grecques et colonies, que de villes grecques et espagnoles. Après ce que vous m’avez mandé si positivement, que vous n’avez pas reçu les deux dissertations de M. Génebrier, je n’ai osé lui en parler à Paris, pour lui épargner la confusion de m’avoir manqué de parole » (Abdel Halim, p. 497-498, n° CCXIV). +
-Lettre du 10 juil. 1705 (de Caen) : « Je n’y admire pas moins que vous la force de l’imagination des Arabes, et la variété de leurs fictions, beaucoup plus hardies que les fictions d’Homère. Le sixième volume commençait de paraître dans le temps que je suis parti à Paris pour revenir à Caen. J’apprends qu’on n’en est pas moins content que des autres volumes. On demande déjà le septième : il est prêt ; mais j’ai encore à le revoir, et je ne crois pas qu’il doive paraître avant la fin de la campagne, à cause du peu de monde qu’il y a à la cour, et à la ville. Cette solitude n’accommode pas le libraire : car, nos officiers avec nos magistrats, ne s’en font pas moins un divertissement que les dames.. Ce qu’il y a, c’est que cet ouvrage de fariboles, me fait plus d’honneur dans le monde, que ne le ferait le plus bel ouvrage que je pourrais composer sur les médailles, avec des remarques pleines d’érudition, sur les antiquités grecques et romaines. Tel est le monde. On a plus de penchant pour ce qui divertit, que pour ce qui demande de l’application, si peu que ce puisse être » ; « Je viens à la liste des médailles de bronze qui vous sont venues de Venise, dont vous me parlez dans votre lettre du 16 de mai […] J’ai rapporté de mon voyage de Paris plus de quatre-vingt dix médailles, dont le cabinet de M. Foucault se trouve augmenté […] » (Abdel Halim, p. 500-501, n° CCXVI). +
-Lettre du 23 juil. 1705 (de Caen) : « Le 19 je reçus un paquet de Mr. de Bary, qui contenait les cinq médailles pour le prix que je lui avais offert de la part de M. Foucault. Sa lettre était du 13, et dès le lendemain de sa réception, en y faisant réponse, je lui marquai qu’à la prière de M. Foucault, le directeur des Gabelles de cette ville, qui était parti pour Rouen le même jour que j’écrivais, ne manquerait pas de compter la somme aux deux marchands qu’il m’avait marqués. M. Foucault vous est très obligé d’un service que vous lui avez rendu dans cette occasion. Il y a deux des cinq médailles qui ne sont pas extrêmement bien conservées. Mais M. Foucault ne demande autre récompense à M. de Bary, comme je le lui ai mandé de sa part, que la préférence, au cas qu’il veuille se défaire un jour des autres médailles dont il n’a pas de doubles, et que M. Foucault n’a pas […] » [sur une médaille de Diaduménien ; sur une autre de Trébonien Galle ; description de quelques médailles rares du cabinet de Foucault ; sur une médaille de Soemias ; lecture de légendes énigmatiques de médailles] « M. Vaillant sait bien qu’il y a longtemps que ses Familles romaines sont imprimées. Jusqu’à présent cependant il n’en a pas reçu un seul exemplaire. Il se plaint fort de la négligence de M. Hughetan » (Abdel Halim, p. 506-508, n° CCXXI). +
-Lettre du 13 août 1705 (de Caen) : [Galland reprend les divers articles des lettres de Cuper dans leur ordre, avec ses propres commentaires fondés pour la plupart sur l’étude des pièces de la collection Foucault] « J’ai envoyé à Paris le discours que j’ai fait sur la médaille de Diaduménien où nous avons la figure d’Héraclite pour être lu dans notre Académie ; mais je n’ai pas encore eu nouvelle qu’il y ait été lu. Je vous envoie un dessin de la médaille, que j’ai tiré moi-même. Je vous enverrais aussi une copie du discours, s’il ne fallait pas trop de temps à la faire. Il vaudrait mieux vous l’envoyer imprimé ; mais je ne suis pas de ceux qui se pressent de faire imprimer leurs ouvrages, ni qui puissent faire la dépense pour cela. Car, comme ces sortes de petits ouvrages ne sont pas propres à beaucoup de monde, les libraires ne veulent pas se charger des frais de l’impression. L’argent des cinq médailles a été compté à Rouen, et je ne doute pas que M. de Bary n’en ait présentement reçu la nouvelle » (Abdel Halim, p. 510-511, n° CCXXVI). +
-Lettre du 19 sept. 1705 (de Caen) : « Je ne manquai pas, dès le lendemain, d’envoyer à M. Gros de Boze celle dont vous l’avez accompagnée, que j’ai cachetée après m’être fait un grand plaisir de la lire ; j’ai remarqué comme vous des endroits négligés, non seulement dans sa dissertation du Taurobole, mais même dans les autres qu’il nous a données. Je n’ai pas voulu néanmoins prendre la liberté de lui en écrire, ou de lui en parler dans mon dernier voyage de Paris, de crainte qu’il ne la prit pas en bonne part. Je n’ai pas jugé aussi à propos de le faire, par la considération qu’il est jeune, et qu’il est aisé de voir qu’il sera plus exact avec le temps, à mesure qu’il continuera de travailler. Je ne doute pas que les avis obligeants que vous lui donnez, ne contribuent beaucoup à le faire apercevoir de ses petites négligences, et ne le portent à se corriger […] J’ai bien de la joie que le dessin de la médaille de Diaduménien avec le type d’Héraclite, vous ait fait plaisir […] Je suis bien obligé du dessin que vous m’avez envoyé en échange de la médaille où il y a Tertulla Titi […] J’ai reçu la réponse de M. de Bary, et M. de Bary doit présentement avoir reçu celle que j’y ai faite. Il s’est beaucoup prévalu d’une faute d’inadvertance qu’il a trouvée dans ma lettre […] » [sur Félibien des Avaux] (Abdel Halim, p. 515-516, n° CCXXX). +
-Lettre du 3 nov. 1703 [1705] (de Caen) : « Je prends beaucoup de part au déplaisir que vous devez avoir eu de n’avoir pu faire un plus long séjour à Amsterdam ; mais je n’en prends pas moins à la satisfaction que doit vous avoir donné l’examen des médailles que vous y avez vues dans ce peu de jours » [observations sur une médaille de Tibère attribuée à Auguste ; surn les médailles de la ville d’Utique ; sur les médailles de Tertulla ; sur deux médailles de Néron citées par Cuper ; les travaux de Bary sur les médailles puniques ; Galland achève la première partie de son Selecta des médailles de Foucault ; nouvelles acquisitions pour le cabinet de l’intendant, dont une médaille de la reine Bérénice ; préparation d’un discours académique intitulé : Discours sur la monnoie d’Homère, des Smyrnéens, dont il est fait mention dans Strabon] (Abdel Halim, p. 517, n° CCXXXI). +
-Lettre du 22 déc. 1705 (de Caen) : « Dans un océan aussi vaste que celui des difficultés qui se rencontrent dans l’étude des médailles, je m’estime heureux de rencontrer assez bien en quelques-unes pour mériter l’approbation d’une personne aussi éclairée que vous l’êtes. Il y en a de si épineuses, que très souvent je ne suis pas plus satisfait de mes propres conjectures, que de celles des autres ; et il y en a un plus grand nombre de celles qui sont impénétrables à un point que j’aime mieux faire un aveu sincère de mon ignorance, que d’en rien avancer légèrement. A propos de l’éléphant que vous avez remarqué sur une médaille […]» ; « Je vous enverrai mon Discours sur la monnaie d’Homère avec bien du plaisir. Mais vous voudrez bien que ce ne soit pas pour cette fois […] Comme M. Foucault a pris la peine de lire votre lettre, l’article du cabinet à vendre de feu M. le baron de Heckeren l’a frappé, et il m’a chargé de vous marquer que vous l’obligeriez très sensiblement si vous pouviez le lui ménager. Il pourrait se résoudre à l’acheter tout entier, pourvu que’il y eut un nombre de médailles un peu considérable, qu’il n’eut pas, et qu’on voulut l’en accommoder à un prix un peu raiosnnable. Vous me faites un très grand plaisir de me faire part des médailles, que vous avez remarquées à Amsterdam, dont vous ne m’aviez pas encore fait mention […] M. de Cuningham ne m’était connu ni de nom, ni de réputation. Il faut qu’il soit venu à Paris depuis le temps que je suis à Caen. A l’égard des médailles les plus rares du cabinet du duc de Maine, dont il souhaite une liste, il faudrait s’adresser à M. Vaillant qui en a la garde. Mais, comme ces médailles rares sont presque toutes grecques, M. de Cuningham peut les trouver dans les Villes grecques impériales de M. Vaillant, où M. Vaillant a pris soin de les insérer : car M. le duc de Maine n’a pas fait d’acquisition depuis ce temps-là. Pour ce qui est des rares du cabinet du roi, il est certain qu’il y en a un grand nombre. Mais, dans le dessein que l’on a de donner un jour le cabinet entier au public, il y a longtemps qu’on a résolu de n’en plus communiquer aux particuliers, afin d’en avoir un plus grand nombre à publier qui n’aient pas encore été vues. M. Vaillant, qui n’ignorait pas cette résolution, ne s’est pas même hasardé de demander la communication de celles qui pouvaient augmenter et embellir davantage son ouvrage. Il a été obligé de se contenter d’y placer celles dont il avait fait les mémoires pendant le peu de temps qu’il avait eu la garde du cabinet, ou qu’il avait observé depuis qu’il le fréquentait. Quant à celles du cabinet de M. Foucault, il n’y en a qu’un petit nombre de grecques d’augmentation à toutes celles qui se trouvent dans les Villes grecques impériales de M. Vaillant, d’où M. de Cuningham peut tirer ce qui lui conviendrait. Pour ce qui est des dernières, M. Foucault est bien aise qu’elles aient l’agrément de la nouveauté dans le Selecta de son cabinet auquel je travaille. Sauf un meilleur avis, il me semble que M. de Cuningham ne doit pas tant s’attacher à remplir son ouvrage de médailles connues, qu’à en donner un petit nombre de celles dont on n’a pas entendu parler. On veut de la nouveauté, et non pas des répétitions » (Abdel Halim, p. 520-523, n° CCXXXIII; Burnett 2020b, p. 838).
-Lettre du 16 janv. 1706 (de Caen) : « Il y a plus de quinze jours que la copie du Discours touchant la monnaie d’Homère, que je vous envoie aujourd’hui, est prête ; et, depuis ce temps-là, j’ai attendu inutilement la réponse de M. Félibien afin de vous en faire part en même temps. Je sais cependant qu’une autre copie, que j’ai envoyée, lui a été donnée, et je ne comprends pas ce qui peut l’empêcher de m’en écrire un mot. Quoiqu’il en soit, je n’ai pas voulu différer plus longtemps à m’acquitter de la promesse que je vous fis par ma dernière lettre » ; « Je n’ai plus qu’un mot à ajouter, qui est que nous avons appris ici que M. Thoinard, qui ne doit pas vous être inconnu, est mort à Paris depuis quelques jours (nb : mort le 5 janvier 1706). Je ne dois pas oublier que je vous envoie aussi le dessin que vous m’avez mandé du revers de la médaille de la colonie d’Antioche, qui a le dieu Mensis pour type » [suit le dessin de la médaille citée, et la copie, en 14 pages in-4°, du discours intitulé : Discours sur la monnoie d’Homère des Smyrniens, dont il est fait mention dans Strabon, où l’on examine si l’on a de cette monnaie dans les cabinets de médailels antiques (lu dans l’Académie royale des inscriptions et des médailles en décembre 1705)] (Abdel Halim, p. 524-525, n° CCXXXV). +
-Lettre du 19 févr. 1706 (de Caen) : [remarques sur les monnaies onnues d’Homère] (Abdel Halim, p. 526-527, n° CCXXXVII). +
-Lettre du 8 mai 1706 (de Caen) : « Je commence par votre médaille de Sept. Sévère […] M. Foucault a envoyé presque toute sa bibliothèque à Paris, et je n’ai plus ici que les Inscriptions de Gruter, pour y chercher celles que vous citez […] « (Abdel Halim, p. 529-530, n° CCXL). +
-Lettre du 19 mars 1707 (de Paris) : « Un autre que moi pourrait prendre avantage du plaisir que vous prenez à lire mes lettres, comme vous avez la bonté de me le témoigner. Mais, quelle vanité ne serait-ce pas à un disciple, de prétendre s’élever au-desus de son maître, pour avoir eu le bonheur de tomber dans son sentiment. Je vous regarde, et vous honore, Monsieur, comme mon maître, et bien loin que votre approbation contribue rien à me faire me connaître, elle ne fait que m’encourager à continuer dans l’études des antiquités grecques et romaines, qui sont devenues le principal objet de mes études, depuis que je suis de l’Académie des inscriptions et des médailles » [éclaircissements de certains articles du Dictionnaire historique et numismatique de Galland ; médailles du cabinet de Foucault semblables à celles acquises par Cuper] « M. Foucault vous est sensiblement obligé de votre souvenir, et m’a chargé de vous en bien remercier de sa part, et de vous réitérer l’offre, qu’il vous a déjà faite, de tout ce qu’il y a dans son cabinet qui peut convenir à votre étude de l’antiquité gréco-romaine. Je suis bien fâché de ne pouvoir m’acquitter de faire vos compliments à M. Vaillant le père. Il fut attaqué d’apoplexie le 18 d’octobe dernier, et nous le perdîmes quatre ou cinq jours après (nb : Vaillant le père mourut le 23 oct. 1706). Je n’avais pu le voir qu’une fois depuis mon arrivée à Paris, à cause de notre éloignement d’un bout de la ville à l’autre. M. Vaillant le fils vous rend de très humbles grâces de l’honnêteté que vous lui faites » ; « M. Gros de Boze ne vous est pas moins obligé. Il est présentement secrétaire de l’Académie royale des médailles, par la démission de M. l’Abbé Tillemont, et il est très capable de bien s’acquitter de cet emploi. Il a aussi une charge d’inspecteur des devises, qu’il a eue du même Abbé avec l’agrément du roi. Pour ce qui est du P. Hardouin, il est venu deux fois voir le cabinet de M. Foucault, pour y examiner des médailles. J’apprends qu’il fait imprimer à Rotterdam deux volumes de dissertations sur les médailles. Nous devons nous attendre à y voir bien des visions dont je crains fort qu’il n’infeste tous les septentrionaux » ; « Après avoir parlé de tous ces messieurs, je dois vous dire quelque chose de moi-même. Comme M. Vaillant, par sa mort, a laissé dans l’Académie des médailles une place de pensionnaire vacante, cette place a été remplie par M. l’Abbé Fraguier, très digne de l’occuper, qui était associé, et j’ai eu les suffrages de la Compagnie, et l’agrément de S.M. pour être associé à sa place. Depuis que l’Académie a repris ses assemblmées, après les vacances dernières, j’y ai été assidu, comme je le devais, et j’y ai lu des disocurs dont voici les titres : Sur la constance de l’empereur Claude, par rapport à ce qu’elle lui est attribué sur ses médailles […] ; Sur le voyage de Néron en Achaïe […] ; Comment on doit entendre l’endroit de Suétone, dans la vie de Néron, où il est dit que Néron donna la liberté à toute l’Achaïe […] ; Sur la différente significayion de S.C. sur les médailles de bronze, et d’Ex. S.C. sur les médailles d’or et d’argent […] ; Sur le titre d’imperator qu’il fallait avoir reçu pour prétendre au triomphe […]. Comme reçu nouvellement associé, j’aurais à lire un discours publiquement, à la première assemblée d’après Pâques. J’en ai un de prêt sous ce titre : Discours sur une médaille grecque du cabinet de M. Foucault, d’une Cléopâtre, reine, femme de l’empereur Titus […]. Avant Pâques,j’aurai à faire la lecture de la suite d’un Discours sur la trompette, dont la première partie, que j’avais envoyée de Caen, fut lue l’année passée. La bibliothèque de M. Foucault, qui est fort ample, me donne beaucoup d’occupation et très peu de loisir à donner à l’étude, de manière que j’ai interrompu le Selecta des médailles de son cabinet, depuis mon départ de Caen ; et je ne vois pas quand je pourrai le reprendre. Nous avons ici un religieux bénédictin, italien, nommé Dom Anselmo Banduri, qui est chez nos PP. bénédictins de S. Germain-des-Prés pour un temps, par la libéralité du grand duc de Toscane, et qui va mettre sous la presse un excellent ouvrage in-fol. Intitulé : Antiquita Constantinopolitana. Le privilège en est déjà obtenu. Il est tout différent des Familles byzantines de M. Du Cange, et il sera plus ample. Il y a plusieurs pièces grecques non imprimées, particulièrement un [traité] fort ancien qui traite des antiquités de Constantinople, avec des figures de patriarches, d’empereurs et d’impératrices, tirées d’anciens mss. de la bibliothèque du roi. Il y donnera aussi les médailles qui sont dans les Familles de Du Cange, mais augmentées de toutes celles du cabinet de M. Foucault, et pour cela, il aura bientôt achevé le catalogue où il y a certainement plus de 500 médailles que M. Du Cange n’a pas vues. Je m’entretenais dernièrement de votre mérite avec ce Père, qui me dit assitôt qu’il ne lui était pas inconnu, et que souvent il avait vu de vos lettres écrites à M. Magliabecchi. Et cela lui a donné lieu de me prier de vous assurer de son estime, et de son amitié, et de vous demander l’honneur de la votre. D. Bernard de Montfaucon, aussi religieux bénédictin, dont le nom ne doit pas vous être inconnu, qui a amené avec lui, de son dernier voyage d’Italie, le Père Banduri dont je viens de vous parler, va nous donner aussi un bel ouvrage, in-fol., sous ce titre : Palaeographia graeca […] Les médailles grecques du cabinet de M. Foucault y sont citées. L’ouvrage est achevé, et même déjà sous la presse, comme je le crois. M. L’Abbé Passionei, parent du Pape, qui est ici avec le nonce, attend tous les jours l’ouvrage de M. Fontanini, touchant la colonne d’Antonin Pie, comme il me l’a témoigné lui-même il y a quelques jours » (Abdel Halim, p. 535-540, n° CCXLVI).
-Lettre du 24 juin 1707 (de Paris), comme il me l’a assuré la seule fois que je pus le voir depuis: [sur le titre de flamen du Dictionnaire historique et numismatique ; sur les lettres ZA et IO qu’on lit au revers de certaines médailles antiques] « M. Vaillant vous fait bien son remerciement sur votre compliment à l’occasion de la mort de son père. Il lut il y a quelque temps dans notre Académie des inscriptions et des médailles un discours sur l’explication des lettres CONOB, qui se voient sur tant de médailles. Je ne m’y trouvai pas ce jour-là, de manière que je ne puis vous en rien dire. Il a pris ce qu’il en dit des mémoires du défunt, qui tenait pour certain que son explication était la véritable, comme il me l’a assuré la seule fois que je pus le voir depuis mon retour de Caen, quelques jours avant qu’il mourût : mais il ne s’en expliqua pas davantage. Il me remit seulement un discours, qu’il préparait pour en faire la lecture à l’Académie. Il ajouta qu’il avait de bons témoignages pour garants, et qu’il avait fait convenir de la vérité de son explication, M. l’Abbé de Longuerue, qu’il consultait fort sur ses doutes et qui est un habile homme dans l’histoire ecclésiastique. J’ai l’honneur de connaître aussi cet abbé : mais je n’ai pu encore trouver le loisir de lui aller rendre mes respects, à cause de l’éloignement de sa demeure. La première fois que je rencontrerai M. Vaillant, ou quelqu’un de nos académiciens qui l’auront entendu, je le prierai de me faire part de cette explication » ; « Il faut que l’on se soit mal expliqué sur ce que l’on m’avait dit des deux volumes de dissertations du P. Hardouin, qu’on allait imprimer en Hollande, ou que je l’aie mal entendu. Ce père vient quelquefois voir quelques-unes des médailles du cabinet de M. Foucault, et il les explique d’une manière qui ne mérite pas qu’on y fasse attention » [critiques des méthodes numismatiques du Père Hardouin ; sur la signification des lettres SC. ou EX. S.C des médailles romaines, sujet d’un discours de Galland à l’Académie] « Puisque j’en suis sur cette matière de mes discours lus dans l’Académie depuis mon retour de Caen, j’aurai l’honneur de vous dire, que dans la première assemblée d’après Pâques, qui fut publique à l’ordinaire, comme associé nouvellement reçu, j’y fis la lecture du discours sur la médaille de Cléopâtre, femme de Titus, dont je vous envoie ici la gravure, comme je vous avais mandé que je devais le faire. Il fut un d’un peu plus d’un quart d’heure ; et je puis dire qu’il fut écouté avec attention par tout l’auditoire, qui était très nombreux » [discussion au sein de l’Académie à propos de cette médaille] « Il y a déjà du temps que la Palaeographie grecque de Dom Bernard de Montfaucon est sous la presse ; et pour ce qui est de l’ouvrage de Dom Anselme Banduri, on en est à la première feuille. Ces deux révérends pères, à qui j’ai fait voir l’endroit de votre lettre où vous parlez d’eux, ont pour vous toute la vénération que méritent votre grand savoir, votre probité, et le grand honneur que vous faites aux belles-lettres. Je m’étais mépris en prenant M. Fontanini pour M. VIgnoli. Il n’est encore arrivé à Paris aucun exemplaire du livre De columna Antonii Pii, de M. Vignoli. M. Vignoli en a néanmoins envoyé une caisse ; mais à l’adresse du cardinal Gualterio, ci-devant nonce en cette cour, qui n’était plus en France lorsqu’elle fut apportée à Marseille par mer. Je crois qu’elle y est encore en attendant l’ordre de ce cardinal. Je ne doute pas qu’il y en eut un exemplaire pour M. Foucault dans cette caisse, en considération de la médaille d’Antonin Pie, FELICITAS AVGVSTI, avec le type de la colonne historiale de cet empereur, dont je lui ai envoyé le dessin de la part de M. Foucault, et qui doit avoir beaucoup servi à illustrer son ouvrage » [observations sur les médailles romaines publiées par Charles Patin ; sur la médaille portant Trimalcio publiée par Bourdelot] « J’ai achevé, ces derniers jours, de débrouiller l’histoire des rois de Cappdoce, pour tâcher de l’illustrer par huit têtes différentes de ces rois, que M. Foucault possède sur des médailles de son cabinet. Elle m’a donné beaucoup de peine à coudre ensemble tous les lambeaux qu’on en trouve dans les anciens auteurs, et surtout dans un si grand nombre de rois du même nom, à attribuer à chacun ce qui lui appartenait. Je la laisse reposer, pour la reprendre et la revoir, avec tout le soin et toute l’exactitude qu’elle demande (nb : mémoire jamais retrouvé). Comme j’ai écrit cete lettre à plusieurs reprises, j’ai eu le temps d’être informé sur l’explication que feu M. Vaillant a donnée aux lettres CONOB […] » (Abdel Halim, p. 542-545, n° CCXLIX).
-Lettre du 14 oct. 1707 (de Paris) : [réponse aux observations de Cuper sur la médaille de Cléopâtre] « Depuis trois ans que M. Foucault a changé de maison, je n’ai fait autre chose que ranger sa bibliothèque, qui n’est pas encore dans l’ordre où elle devrait être. Je ne sais combien d’autres mois je serai obligé d’employer à remettre en ordre dix ou douze mille des médailles du cabinet, qui ont été dérangées et mises en confusion, dans le déménagement. M. Fontanini m’avait demandé un dessin de la médaille d’Antonin Pie, du cabinet de M. Foucault, qui a FELICITAS AVGVSTI, avec la colonne impériale de cet empereur, pour la communiquer à Mr. Vignoli […] » ; « L’explication du CONOB par M. Vaillant a été fort agitée dans l’Académie royale des inscriptions […] Vos observations sur S.C. et EX. S.C. me font connaître que je ne me suis pas expliqué assez nettement pour vous faire comprendre l’état de la question […] J’attendrai la nouvelle édition des ouvrages numismatiques du P. Hardouin, et ce qu’il doit y joindre de nouveau, avec une patience d’autant plus grande, que j’en connais aussi peu d’estime que j’en ai pour tout ce qu’il nous a donné jusqu’à présent sur cette matière […] » [gravure, envoyée par Adrien Reland, d’une médaille curieuse, ‘arabe’ d’un côté, latine de l’autre, avec cette inscription : VICTORIA CONSTANTINI ; explication de cette médaille ; autre découverte d’une médaille encore inédite de Dioclétien] « En arrangeant l’autre jour les médailles des villes grecques, j’ai remarqué un éléphant sur une médaille de Tarente […] » [suit la copie du discours de Galland intitulé : Discours sur la différente signification de S.C. sur les médailles de bronze, et d’EX. S.C. et S.C. sur les médailles d’or et d’argent, en cinq pages in4°, lu dans l’Académie des inscriptions et des médailles les 15 de février 1707] (Abdel Halim, p. 546-547, n° CCLI). +
-Lettre du 6 janv. 1708 (de Paris) : « Le désir que vous me témoignez par votre lettre du 26 novmebre dernier, de voir mon discours sur l’explication de la médaille de Bérénice, sous le nom de Cléopâtre, m’a fait résoudre à vous en faire une copie, de même que de la défense que j’ai été obligé d’en écrire, et vous trouverez les deux copies dans ce paquet » [éclaircissements nécessaires à ce discours ; nouvelles remarques touchant les letres S.C. e EX. S.C.] « Le Père Hardouin ne peut pas se désaccoutumer de fatiguer le public par ses paradoxes. Ses supérieurs, qui lui ont fait défense de rien faire imprimer sans leur avis, et sans leur permission, lui en ont fait une grande réprimande. Il y a quelques années qu’un Jésuite, qui est mort depuis deux ans, m’a dit qu’il avait été l’examinateur d’un ouvrage de ce Père, dont il avait retranché plusieurs endroits, au mépris de la permission du provincial qui lui avait été donnée sous cette condition […]. Je vous envoie la médaille arabe et latine gravée […] Vous avez aussi dans ce paquet une copie de la médaille de Tarente […] » [annonce de la mort de Mabillon ; suit une copie du discours de Galland intitulé : Discours sur une médaille grecque du cabinet de M. Foucault, d’une Clopâtre, reine, femme de l’empereur Titus, en huit pages in-4°, lu à l’Académie le 5 mai 1707, accompagné d’une Défense de l’explication de la médaille de Bérénice, représentée sous la figure et sous le nom de Cléopâtre reine d’Egypte, en six pages in-4°, lue le 10 mai de la même année] (Abdel Halim, p. 548-550, n° CCLIII). +
-Lettre du 19 mars 1708 (de Paris) : « Pour suivre ma méthode ordinaire de répondre à vos lettres article par article, je commence comme vous par celui de Bérénice […] » (Abdel Halim, p. 552-553, n° CCLV). +
-Lettre du 7 mai 1708 (de Paris) : « Je commence, sans préambule, ma réponse à votre lettre du 4 d’avril, c’est-à-dire de vos doctes et savantes observations, sur mon discours ou dissertation touchant les différentes significations de S.C. et d’EX. S.C. sur les médailles antiques […] « Je crois, Monsieur, que la personne et le mérite de M. l’Abbé Bignon, conseiller d’Etat, l’un des académiciens honoraires de l’Académie royale des inscriptions et des médailles, qui, après le roi, peut en être regardé comme l’instituteur avec M. de Pontchartrain, secrétaire d’Etat, son parent, et qui tantôt come président, tantôt comme vice-président, se fait un très grand plaisir de présider à ses assemblées, vous sont connus. Comme de son côté il est bien convaincu de vos rares qualités, de même que de votre amour pour les belles-lettres, et de votre prééminence dans la profession que vous en faites, hors de vos occupations plus sérieuses, non pas tant par les endroits les plus curieux des lettres que vous me faites l’honneur de m’écrire, dont je fais lecture dans nos assemblées, que par le consentement uniforme, et général, de tous les savants d’aujourd’hui il y a quelque temps qu’il me fit l’honneur de me marquer le grand désir qu’il a d’avoir un commerce de lettres avec vous, en me chargeant de vous en écrire, et de vous demander si cela ne vous ferait pas de peine. Son dessein est simplement d’apprendre de vous les nouveautés qu’il y aurait dans vos quartiers… […] Au reste, comme rien ne s’imprime à Paris, qui ne passe auparavant par les mains de M. L’Abbé Bignon, sur qui Monseignr. le chancelier, son allié de fort près, se repose pour cette fonction avant d’accorder les privilèges, il est bien en état de vous rendre la pareille » (Abdel Halim, p. 555-556, n° CCLVIII). +
-Lettre du 8 juin 1708 (de Paris) : « J’ai à faire réponse à vos deux dernières lettres. Ce n’est pas pour y satisfaire que j’ai l’honneur de vous écrire aujourd’hui. Je le fais pour vous marquer que M. Foucault m’oblige de me séparer de lui. Il a perdu le goût des médailles antiques, jusque là qu’il est résolu de vendre son cabinet. Il m’a même chargé de vous le mander, et comme vous avez des habitudes en Allemagne, de vous prier de voir si quelque prince serait curieux de s’en accommoder, ou du tout, ou d’une partie. Ainsi, cela peut vous faire connaître la raison qui m’oblige de le quitter, ce que je dois faire la semaine prochaine, et que l’embarras du déménagement m’empêchera que je ne satisfasse à vos deux lettres de quelque temps. Comme ma séparation d’avec M. Foucault fera que je n’aurai pas beaucoup de relation avec lui, et qu’en vous marquant, par ma dernière lettre, le désir que M. l’Abbé Bignon avait d’entretenir un commerce de lettres avec vous par rapport à la littérature, je vous marquai aussi, au cas que vous voulussiez lui faire l’honneur de lui écrire sur ce sujet, que vous pouviez faire sous l’adresse de M. Foucault, et mettre la lettre dans le paquet qui serait pour moi, j’ai l’honneur de vous prier aujourd’hui, au cas que ce commerce vous convienne, d’adresser votre lettre à droiture, à M. l’Abbé Bignon, conseiller d’Etat, et de l’envoyer à Amsterdam sous l’adresse de M. Jean-Louis de Lorme, libraire d’Amsterdam, qui est son correspondant général dans ces quartiers-là et qui la lui fera tenir ». « En partant, il (Passionei) a eu le soin et la bonté de me faire remettre entre les mains, un exemplaire de l’ouvrage de M. Vignoli touchant la colone d’Antonin Pie, que M. Vignoli lui a fait tenir pour moi, dont je dois lui faire mon remerciement, non seulement par rapport au présent qu’il ma fait, mais même par rapport à la mention honorable qu’il y fait de moi au sujet des dessins de deux médailles du cabinet de M. Foucault que je lui avais envoyés et dont il a fait un bon usage dans cet ouvrage […] Si vous recevez quelque nouvelle d’Allemagne touchant le cabinet de M. Foucault, je vous prie de m’en faire part sous l’adresse de M. l’Abbé Bignon, afin que jen rende compte à M. Foucault. Je dois me retirer de chez lui la semaine prochaine, et vivre en mon particulier. Je ne puis néanmoins le faire entièrement à mes dépens, tanta est fortuna mea exiquitas, à l’âge de plus de soixante deux ans. J’espère néanmoins que celui qui a soin de ses créatures ne m’abandonnera pas » (Abdel Halim, p. 558-560, n° CCLXI).
-Lettre du 22 juin 1708 (de Paris) : « Je laisse Bérénice et Cléopâtre en repos à votre exemple […]. Je suis fâché, Monsieur, que mon commentaire, ou plutôt ma dissertation, sur le tombau d’Aurélius Epaphroditus soit de 300 pages, et le temps qu’il faudrait mettre à le copier m’épouvante. J’en ai déjà fait lecture de 90 pages dans une séance de l’Académie […] Touchant l’honneur que M. de Malborough vous a fait, en passant par Déventer, j’ai trouvé avec M. Foucault que votre mérite est encore au-dessus, et qu’il n’y a pas de prince qui ne se fit un plaisir d’avoir la même considération pour vous » ; « Dans la situation où je me trouve aujourd’hui à l’égard de M. Foucault, par une inconstance de sa part à laquelle bien des hommes sont sujets, comme vous l’aurez appris par ma lettre du 8 de ce mois, je suis ravi de l’honneur que vous avez fait à M. l’Abbé Bignon de lui écrire à droiture, plutôt que sous l’adresse de M. Foucault, et qu’en cela vous n’ayez pas suivi ce que j’avais eu l’honneur de vous en écrire par ma lettre du 7 de mai, et je vous supplie de continuer dorénavant de m’honorer de vos lettres par la même voie. Vous serez surpris sans doute, du changement de M. Foucault à mon égard, de même qu’on en est surpris à Paris. J’y perds à la vérité l’usage d’un cabinet de médailles antiques, des mieux fournis qu’il y ait en Europe, à quoi mes soins n’ont pas peu contribué, et une bibliothèque fort ample. En récompense, j’y gagne un bien inestimable, je veux dire l’indépendance, et la liberté d’être tout à moi, et d’employer tout mon temps selon moninclination, qui va me redonner la vie » ; « Ma lettre sur vos doutes, touchant S.C. et EX. S.C., ne mérite en rien tous les éloges que vous lui donnez. C’est moi qui vous suis infiniment obligé de l’occasion que vous m’avez fait naître, de me confirmer moi-même sur un point de l’histoire romaine » [autres considérations sur ces lettres ; réponses aux « difficultés » proposées par Cuper au sujet des médailles du cabinet du roi ; sur une médaille de Vespasien et un médaillon de Navius frappé sous Antonin Pie ; anachronismes dans les sujets représentés sur certaines médailles antiques] ; « je vous annonce que la première fois que j’aurai l’honneur de vous écrire, j’ai à vous envoyer la copie d’un petit discours, dont j’ai fait lecture dans notre Académie, le 22 de mai, sous ce titre : Découverte d’une médaille des Mytiléniens, qui représente d’un côté la tête de Théophraste consacré, et de l’autre, celle d’une déesse inconnue jusqu’à présent » ; « J’espère que vous m’honorerez pas moins de votre amitié, et de vos lettres, présentement que je suis dans l’indépendance, et que je jouis de la liberté, que lorsque j’appartenais à M. Foucault » (Abdel Halim, p. 560-563, n° CCLXII).