Grand document
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A
-Lettre du (de Caen) : « Pour réponse aux demandes que vous avez faites par l’entremise du R. P. Labbe, j’ai l’honneur de vous marquer, à l’égard de la première, que M. Foucault n’a point de médailles de Trajan, frappées en Egypte […] Pour ce qui regarde la seconde demande, dans la médaille de Macrin qui vous fait de la difficulté, il n’y a pas au revers A.M.O. […] Lorsqu’il y aura quelque chose dans le cabinet de M. Foucault qui pourra vous faire plaisir, je supplie Votre Révérence de s’adresser à moi directement, et de croire que je lui rendrai très volontiers tout le service dont Elle aura besoin » (Correspondance de Caen ; Abdel Halim p. 344-345, n° CXLV). +
-Lettre du 9 août 1703 (de Caen) : « Pour réponse à la lettre dont vous m’avez honoré, vous voudrez bien que je vous fasse souvenir qu’il y a 16 mois que l’Académie, par une délibération qui me fut mandée par M. l’Abbé Tallemant, me chargea de faire une espèce de Dictionnaire qui contienne tous les mots de dignités employés sur les médailles, et qui en fasse connaître les différentes significations dans les différents temps. Je n’aurai plus qu’à revoir et corriger cet ouvrage, si je n’avais jugé que l’Académie ne désapprouvera pas que j’y joigne les titres d’honneurs attribués aussi sur les médailles non seulement aux divinités, mais encore aux empereurs, aux impératrices et autres ; et je ne crois pas que ce second travail doive m’occuper encore plus de trois semaines. Ainsi, Monsieur, vous voyez que je dois avoir traité l’article des Néocores. Cela est vrai, et je l’ai fait d’une manière qui me fait espérer que l’Académie en sera contente, et qu’elle y trouvera la solution des difficultés qui ont donné lieu aux contestations dont vous me parliez. Mais cet article assez ample des néocores, non plus que les autres, n’a pas encore la forme que je me réserve à y donner, après que j’aurai mis fin à tous les articles de ce Dictionnaire qui ne seront que comme un ouvrage tracé pour le recevoir « ; « Pour venir à ce que vous me mandez de la part de Monsieur le Président de l’Academie, de vous envoyer le catalogue des médailles du Cabinet de M. Foucault, où il est fait mention des villes Néocores, et combien de fois ces villes ont eu ce titre, il ne me paraît pas que ce catalogue puisse beaucoup servir à terminer les contestations, puisque ces mêmes médailles se trouvent dans les villes grecques imperiales de M. Vaillant, et que je suppose que l’Académiel es a consultées. Peut-être que l’Académie trouverait mieux son compte à la lecture de l’article que j’ai fait sur ce sujet, Mais je vous avoue que j’aurais été bien aise de ne le revoir, et de ne le retoucher que dans son rang en revoyant tout l’ouvrage. Il me semble que je ne ferai rien de bien, si je m’écarte en la moindre chose de l’ordre que je me suis proposé. Néanmoins, au risque de ne me pas satisfaire, et de satisfaire encore moins l’Académie, je suis prêt de me soumettre à ce qu’il plaira à Monsieur le President de m’ordonner là-dessus. Je vous supplie donc, Monsieur, de me mander si Monsieur le Président juge à propos que j’abandonne toute chose pour revoir cet article des Néocores, et que je vous envoie une copie au net. Je me ferai un très grand plaisir de lui donner cette marque de mon obéissance, et je tâcherai de ne me pas faire trop attendre. Je suis avec un grand respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, signé Galland. Je n’eus pas le temps de vous envoyer cette lettre hier jour de la réception de la votre. Cela me donne lieu de vous faire cette remarque en abrégé, qui peut donner quelque éclaircissement sur les contestations de l’Académie touchant les villes Néocores. La ville d’Ephèse fut la premiere qui prit le titre de Neocore, mais de Neocore de Diane. Elle le prit sur une médaille de Néron, à l’occasion, comme il n’y a pas lieu d’en douter, de la sédition arrivée au sujet de St. Paul, comme il est marqué aux Actes des Apostres C.9. v. 35. Il est évident que le temps y convient. Cette prérogative de la ville d’Ephèse donna de la jalousie à quelques autres villes. Ces villes obtinrent d’être Neocores des / Empereurs, et la ville d’Ephèse obtint le même honneur après elles. A l’envi des unes des autres, elles l’obtinrent jusqu’à trois fois, et ne passèrent pas au-delà de ce nombre. Ephèse qui l’obtint autant de fois, eut l’avantage par dessus les autres de se dire quatre fois Neocores, en comptant sa première Neocorie par rapport à Diane. Cela est si constant qu’il n’y a que les Ephésiens qui se disent quatre fois Neocores sur leurs médailles. Les Smyrniens, les Pergaméniens, et les autres ne se disent Neocores que trois fois. J’explique cela au long par l’histoire des médailles de ces villes que je suis pas à pas sous chaque empereur. Prenez la peine de lire le passage des Actes des Apostres dans le grec, il m’a servi de base à l’article des Neocores; je parle du passage grec, car le latin ne m’aurait pas donné les mêmes lumières. Je ne doute pas que vous ne communiquiez ce petit memoire à Monsieur le President » (Registre-Journal de l’AIBL, année 1703, séance du 17 août ; transcription par Guy Meyer ; Abdel Halim, p. 460-461, n° CXCVI).
-Lettre du 8 mai 1695 (de Paris) : sur une inscription latine « Premièrement, il n’y a pas lieu de s’étonner que l’on donne ici à Mercure, le titre d’Auguste, puisque les médailles nous représentent un Apollo Augustus, dans Antonin Pie et dans Sévère, et un Hercules Commodianus dans Commode » ; « Enfin, touchant la ressemblance à quelque empereur romain, que ce Mercure peut avoir, c’est à vous qui êtes sur les lieux, à en juger, puisque vous êtes si expérimenté dans la physionomie des empereurs, par la connaissance que vous avez de leurs médailles, et des bustes ou statues antiques que vous en avez vues » (lettre autrefois dans la collection de Troussures vendue en 1912 ; Abdel Halim, p. 189-190 et 196-197, n° LXXIII). +
-Lettre du 2 juin 1700 (de Caen) : « Il y a déjà du temps que je connais M. de La Chausse par son Museaum Romanum qu’il a dédié à M. le Duc de Maine, dont nous avons ici un exemplaire. M. Foucault y joindrait volontiers ses Gemme antiche, s’il en venait à Paris » (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 39-44; Abdel Halim, p. 295, n° CXXIII). +
-Lettre du 11 juin 1700 (de Caen) : « J’ai bonne espérance des soins que vous voulez bien prendre pour l’enrichissement du cabinet de M. Foucault » ; « Ce M. Begger (Beger), antiquaire de l’Electeur de Brandebourg est, comme vous l’avez remarqué, un méchant auteur. Je m’en suis aperçu par d’autres de ses ouvrages. Néanmoins, on ne laisse pas de lui être obligé de plusieurs antiquités du cabinet du Palatinat qu’il a publiées et de celles du cabinet, dont il a aujourd’hui la garde, qu’il publie depuis longtemps » (Abdel Halim, p. 295, n° CXXVI). +
-Lettre du 8 sept. 1698 (de Caen) : « J’avais déjà appris par deux endroits la riche acquisition que vous avez faite pour le Cabinet du Roi, et particulièrement par M. Vaillant, qui reconnaît qu’il faut corriger son livre à l’endroit où il parle de Tranquilline » ; discussion de certaines lectures des légendes des médailles de Tranquilline, sur lesquelles Oudinet semble avoir consulté Galland (BnF, Ms. Français 6137, Galland, Correspondance de Caen, p. 9-11 ; Abdel Halim p. 208-209, n° LXXXV). +
-Lettre du 26 nov. 1698 (de Caen) : « Monsieur, Je n’ai pas connaissance qu’il y ait rien dans le cabinet de M. Foucault qui regarde les sujets que vous me mandez. S’il y avait quelque chose, le tout serait à votre service. Il me semble avoir vu à Paris ce dernier voyage, une gravure de l’agate du Cabinet du roi dont vous me parlez, accompagnée d’une dissertation nouvellement publiée. … Il y a de ces sortes de pièces antiques dont il est difficile de donner une explication juste, à cause de l’obscurité du sujet, traité de la manière qu’il a plu à l’ouvrier, qu’il serait nécessaire de faire revivre pour apprendre de lui-même ce qu’il a voulu représenter » remarques sur une monnaie de Tranquilline (Correspondance de Caen ; Abdel Halim p. 242, n° XCII). +
-Lettre du 20 févr. 1699 (de Caen) : « M. Cuper a mandé à M. l’Abbé Nicaise qu’il possède une médaille de Tibère frappée sous le règne d’Auguste avec IMP. VNICVS » remarque sur cette médaille (Correspondance de Caen ; Abdel Halim, p. 251, n° XCIX). +
-Lettre du 1 juillet 1700 (de Caen) : « J’avais vu M. le chevalier Maunier à Paris cet hiver. Il n’avait pas alors ses médailles, et il les avait pas encore dans le temps de notre départ. Je ne sais où elles étaient ; car il les avait fait voir dès l’année passée à M. Vaillant, qui m’en avait parlé. J’étais à Alep dans le temps qu’il était encore fort jeune, et je connais assez particulièrement son aîné qui fait les affaires de la Terre Sainte il y a longtemps. J’ai beaucoup de joie de ce que vous avez trouvé parmi ses médailles de quoi enrichir le cabinet du roi. M. Foucault vous est obligé de ce que vous avez réussi à le persuader de l’accommoder du reste, qu’il est résolu de tout prendre, pour peu qu’il y en ait qui puisse entrer dans son cabinet. C’est ce que nous avons appris par une lettre que M. Maunier m’a écrite lui-même, pour me mander qu’il vous en avait laissé une partie entre les mains, et qu’il devait consigner le reste à Paris à votre ordre. Je me persuade que vous les ferez tenir à M. l’Intendant par l’entremise de M. Dron. J’ai su par M. Vaillant qu’ily avait un beau médaillon d’or ΘΕΩΝ ΑΔΕΛΦΩΝ, d’une grande beauté ; je ne doute pas qu’il ne soit du choix que vous avez fait. Je vous supplie de vouloir bien me faire part d’une liste des autres médailles que vous avez choisies. L’Othon d’Egypte ΕΙΡΗΝΗ, que vous avez laissé enrichira notre moyen bronze. Je souhaite qu’il y ait beaucoup d’autres médailles de cette rareté afin de faire plaisir à M. Foucault qqui s’ennuie de ne point faire de nouvelles acquisitions. Néanmoins, depuis son retour, il a fait celle d’Auguste d’Egypte, moyen bronze, dont il vous a entretenu. / J’en fais d’autant plus d’estime, qu’elle sert merveilleusement bien à terminer la suite des médailles des médailles des rois d’Egypte. Le P. Roudil qui est ici, en a aussi apporté quelques-unes, entre autres une de Carus petit bronze, DIVO CARO PARTHICO, différente d’une qu’il avait déjà, par les lettres de l’exergue, qui sont SMS XXI, avec un A agrandi dans le champ. Ce qu’il a apporté de plus remarquable, c’est un Constantin aussi petit bronze, avec cette inscription : CONSTANTINVS MAX. P.F. AVG. COS. IIII, dont je vous envoie une empreinte en papier afin que vous en voyez mieux la représentation particulière et non commune, avec la veste consulaire, et l’aigle romaine à la main. Le revers est SOLI INVICTO COMITI, avec le type ordinaire du soleil ; T.F. dans le champ ; à droite, une étoile à gauche, et PLC à l’exergue. Le P. Hardouin, à qui cette médaille a été montrée en passant, en est dans une grande alarme, croyant que par là son Constantinus Maximus, différent du seul Constantin qu’il devrait reconnaître avec tout le monde, ne peut plus subsister. Vous savez si les autres Constantins de son invention peuvent subsister plus raisonnablement. Vous ne pourriez croire combien je suis satisfait du silence de nos antiquaires sur les visions de ce père. Il a cru les braver partant de nouveautés inouïes, et, sans qu’ils s’en soient mêlez, le voilà dignement mortifié et humilié. La découverte de cette médaille me fait plus de plaisir que / d’une autre de quelque prince dont l’on n’aurait jamais entendu prler. Je suis… de Caen, le 1 de juillet 1700 » (Ms. Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 82-85; Abdel Halim, p. 318, n°CXXXII).
-Lettre du 25 juillet 1700 (de Caen) : « Vous n’avez pas voulu vous charger de nous envoyer les médailles de M. le Chevalier XXX ; vous avez mieux aimé qu’il les envoyât lui-même. Il m’a mandé que vous les lui avez remises, et qu’il les avait consignées à M. Dron, qui apparemment nous les fera tenir par le carosse de demain. Quelques médailles qu’il y ait qui puissent nous être propres, je ne me flatterai pas d’y en trouver une seule, aussi rare que j’ai trouvé parmi une trentaine qui nous ont été envoyées de Metz. Elle est moyen bronze de Iunia Donata femme de Postume, comme il paraît par la médaille publiée par M. Chiflet, et rapportée dans les additions de l’Occo, augmenté du comte Mezzabarba, IVNIA DONATA AVG. Sa tête ressemblante à celle qui se voit dans le Mezzabarba. Revers PIETAS AVG. Une femme dfebout devant un autel, étendant la main droite, et tenant l’acerra de la gauche. Cette médaille fera un grand plaisir à M. Foucault à son retour d’un voyage d’environ trois semaines qu’il est allé faire en Poitou depuis cinq jours. J’ai trouvé aussi parmi ces médailles une MATIDIA, revers CONCORDIA, que nous n’avions pas ; mais elle est extrêmement fruste. La Junia Donata n’est pas des mieux conservées ; néanmoins, ellle l’est assez pour bien tenir son rang dans notre moyen bronze. Elle est de la fabrique des Postumes cuivre jaune. Je suis etc. De Caen le 29 de Jullet 1700 » (BnF, Ms. Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 101; Abdel Halim, p. 337, n° CXLI). +
-Lettre du 30 avr. 1701 (de Caen) : « En continuant de travailler au Selecta du cabinet de M. l’Intendant, je me trouve sur cette médaille (médaille de Caligula expliquée par Vaillant, remarque sur une pièce d’Agrippine et une autre de Marc Antoine et d’Octavie) M. le Chevalier Maunier nous a envoyés ses dernières médailles ; il y a quelques petites choses pour notre cabinet ; mais vous savez qu’il n’y a rien de considérable » (Paris, BnF, Archives du cabinet des médailles, dossier de l’année 1701 ; Abdel Halim, p. 397, n° CLXIII). +
-Lettre du 30 sept. 1698 (de Caen) : p. 235 : « Je ne parle pas des Senniens qui n’étaient pas si connus, au moins les médailles des Familles romaines, recueillies par Fulvius Ursinus, n’en font pas mention » ; p. 236 : « Ce que je sais, c’est qu’elle subsistait encore sous l’empereur Constans, l’un des trois fils de Constantin, qui furent empereurs après lui ; et cela par une de ses médailles qui y fut amassée l’année passée en ma présence, dans un jardin labouré, voisin du moulin qui est là sur la petite rivière, par un paysan qui m’accompagnait, et je mis cette médaille dans le cabinet de M. Foucault où elle ne se trouvait pas » ; p. 237-8 : « C’est que je considère que les médailles romaines en or, en argent, et en cuivre que l’on trouve communément à Vieux, montrent que la ville des Viducassiens doit avoir été détruite dans le temps que les Romains en étaient encore les maîtres. Car, en supposant que cela fut arrivé quarante ou cinquante ans seulement après que les Romains en auraient été chassés, il me semble non seulement que l’on y devrait trouver de la monnaie du prince qui leur aurait succédé, mais encore, que les monnaies romaines y devraient être bien plus rares, ou même que l’on ne devrait en trouver aucune. En effet, l’on peut croire que ces monnaies n’ayant plus cours sous un nouveau prince, devraient avoir été fondues et changées en la monnaie courante, puisqu’elles ne pouvaient plus être d’usage à ceux qui en avaient » (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6138, Galland. Correspondance de Caen, p. 59-80; Abdel Halim, p. 237-238, n° LXXXVIII). +
-Lettre non dattée (mais d’avant le 13 oct. 1701) (de Caen) : « J’espère que j’aurai l’honneur de vous offrir à Paris un petit ouvrage dont l’impression s’achève Sur les exlications de quelques médailles de Tétricus le Père et d’autres, que le R. P. Hardouin publia l’année dernière. J’y réfute en passant son opinion sur les six Constantins, qu’il a prétendu établir par des médailles dont il n’a pas compris la matière » (Paris, BnF, Man. Fonds français 15189, f° 82-85; Abdel Halim, p. 413, n° CLXX). +
-Lettre du 25 février 1701 (de Caen) : récit de son emploi du temps en Orient de 1670 à 1688 :« Mais j’en eus fait à peine quelques cahiers, que je fus contraint de les abandonner, pour exécuter la commission que je reçus de Mr. de Louvois de chercher des médailles antiques et des manuscrits pour le cabinet et la bibliothèque du roi, à quoi je donnai mes soins trois ans entiers » ; « Mais, comme je suis entièrement sur les médailles, je ne sais quand j’aurai le temps de travailler à remplir ce hiatus, et de revoir tout l’ouvrage » ; « Depuis que je suis chargé du soin du cabinet des médailles de Mr. Foucault, j’ai fait des Catalogues très exacts de toutes les suites qu’il possède, et si on les imprimait tous ensemble il s’en formerait un ouvrage qui ne serait pas inférieur à celui du comte de Mezzabarba pour les médailles latines : premièrement à cause d’un très grand nombre qui s’y trouvent dont il n’a pas fait mention, et en second lieu parce que j’ai décrit toutes les autres sur les médailles mêmes, au lieu que le comte Mezzabarba en a publié une très grande quantité sur des listes que les curieux lui envoyaient de côté et d’autre, ce qui a contribué à beaucoup d’erreurs. Il n’en est pas garant à la vérité ; mais ceux qui se servent de son ouvrage n’ont pas moins sujet de s’en plaindre. A l’égard des médailles grecques, particulièrement de celles qui ont été frappées par les villes sous les empereurs romains, quoique Mr. Vaillant les ait publiées en partie, dans ses Villes grecques, néanmoins elles ont cela que mes descriptions étant un peu plus étendues, elles ont aussi plus d’exactitude, et je n’ai pas omis, comme Mr. Vaillant, les inscriptions des têtes qui m’ont paru être de quelqu’utilité, comme elles le sont en effet. Ces catalogues sont terminés de manière qu’il ne reste plus qu’à y insérer les médailles nouvelles que Mr. Foucault achète de temps en temps. Il y a environ cinq mois que j’ai commencé d’en faire un Selecta en latin, des plus rares avec leur exlication. J’ai commencé par Pompée, Jules César, Lépide, M. Antoine, Auguste et sa famille, et j’en suis présentement à Tibère. Ce que j’ai déjà de fait, n’étant ni trop court ni trop étendu, m’étudiant à dire simplement ce qui est nécessaire pour l’intelligence de chaque médaille, formera un volume. Je donne les matinées à cette occupation et le soir, pour me délasser, je travaille à une Bibliothèque volante française, qui comprendra une quantité prodigieuse de petits écrits et traités d’une, de deux, ou d’un plus grand nombre de feuilles imprimées, à commencer vers l’an 1550 jusqu’à 1642 environ » (Paris, BnF, Man. Fonds français 15189, f° 78-82 ; Abdel Halim, p. 354, n° CXLIX).
-Lettre du 2 sept. 1698 (de Caen) : considérations sur les médailles de Tibère et d’Agrippa (Correspondance de Caen ; Abdel Halim p. 207, n° LXXXIII). +
-Lettre du 11 sept. 1698 (de Caen) : « Mon Révérend Père, … / L’on ne peut pas dire, suivant mon sentiment, que la raison pourquoi nous voyons la déesse Vesta représentées au revers des médailles de Caligula, particulièrement dans les médailles de / moyen bronze, vienne de ce qu’il avait quelque dévotion particulière pour elle. Il ne paraît point par la vie de Caligula qu’il ait été fort religieux. Les menaces qu’il fit à Jupiter Capitolin, la liberté qu’il se donnait d’inviter la lune venir coucher avec lui, et de se placer entre Castor et Pollux dans leur temple, pour se faire adorer comm eux, sont de bons témoignages de libertinage et d’impiété. Peut-être que nous découvrirons plutôt ce que nous cherchons, en considérant que c’était le Sénat qui faisait frapper les médailles de bronze des empereurs et des impératrices, et que les sénateurs, ou les monétaires choisis pour en prendre le soin, y faisaient graver les revers ou les types qu’ils jugeaient à propos pour la gloire et pour la réputation du prince et de sa famille. Sur ce fondement, ne pouvons nous pas dire que Caligula au commencement de son règne avait donné uen marque si éclatante / envers Agrippine sa mère, en allant lui-même recueillir ses cendres dans l’île où elle était morte par la cruauté de Tibère, le sénat ne pouvait rien faire de plus glorieux pour sa réputation, et qui lui plût davantage, que de faire représenter sa mère, sous la figure de Vesta, au revers des médailles qu’il faisait frapper en son nom. Livie avait déjà été représentée sous le même type, quoique sans le nom de Vesta sur des médailles de Tibère frappées à Rome, et sur celles des colonies de Carthage et d’Utique, comme on le voit par le cbinet des médailles de M. Foucault. Le sénat a fait aussi représenter sous ce type les impératrices suivantes pour leur faire honneur, de même que sous les types de Junon, de Vénus, de Cérès et de la Pudeur sans trop examiner si quelques-unes d’entre elles le méritaient ou ne le méritaient pas. Ce qui peut encore servir à appuyer cette raison, et à faire connaître / que Vespa n’est point représentée sur les médailles de Caligula, pour remarquer qu’il était dévôt à cette dignité, c’est que ce type ne se trouve point sur les médailles en or et en argent frappées par son autorité. Quand il s’en trouverait, je ne crois pas pour cela que l’on dût en tirer un argument de sa piété envers Vespa ; mais plutôt de sa piété envers sa mère, qui me paraissait toujours représentée sous ce type. Si l’on objectait que Caligula n’a donc pas soutenu sa piété envers sa mère, en ne la fasant pas représentée sous la figure de Vesta sur les médailles frappées par son autorité, je ne croirais le défendre suffisamment à cet égard en vous faisant souvenir des médailles que nous avons de lui en or et en argent où l’on voit la tête de sa mère avec l’inscription honorable : AGRIPPINA C. CAES. &c. Puisque vous me rappelez à la médaille d’or du même Caligula, avec une victoire sur le globe terrestre au revers, pour me demander si ce n’est pas une / mrque de la victoire qu’il prétendait avoir remportée sur Neptune, lorsqu’il alla faire ramasser des coquilles à son armée sur le bord de la mer, comme des dépouilles de l’océan, et digne du Capitole et du palais impérial, suivant le texte de Suétone ; je remarque premièrement que le type de la victoire présentée en cette forme n’est pas nouveau, et que nous avons une médailles d’Auguste où elle est représentée en la même manière. Nous en avons de semblables d’autres empereurs, et même de ceux du Bas-Empire, et dans toutes ces médailles, il semble que la victoire sous cette figure marque la grandeur de la victoire remportée par l’empereur, dont le bruit était répandu par toute l’étendue de l’empire romain, exprimé par le globe terrestre en mille endroits des médailles antiques. Et vous savez que les Romains même avant les empereurs, prétendaient que leur empire était compris toto orbe terrarum, contre la vérité. En second lieu, savoir si la médaille / doit se rapporter à l’expédition de Caligula sur le rivage de la mer, pour vous en dire ma pensée, de la manière que Suétone parle de cette expédition, il me semble qu’il faut plutôt la regarder comme une plaisanteire dont Caligula voulut se divertir, que comme une action sérieuse dont il prétendit tirer de la gloire… Cependant Caligula avait fait une action, qui aurait pu servir de fondement à une médaille, dont le revers eu représenté par exemple une victoire avec une / proue de galère, ou une galère entière, quoi qu’indirectement Suétone nous apprend qu’il avait pénétré jusque sur l’océan par ce passage… Cela était suffisant à la vanité de Caligula, pour en éterniser la mémoire par une médaille à peu près semblable à celle que j’ai marquée. Je vous ai déjà exposé la raison pour quoi Sévère consacra Commode. Sévère n’avait pas la même raison de rendre cet honnuer à Tibère qui était trop éloigné de lui, non plus qu’aux autres empereurs ses prédécesseurs auxquels il n’avait pas été rendu. Mais, quoiqu’il ne paraisse pas que l’on ait consacré Tibère à Rome, néanmoins on lui fit cet honneur dans la Grèce comme on le voit par une médaille des Mytiléniens, qui se trouve dans le cabinet de Mr Foucault et que Mr Vaillant cite du cabinet de sr le duc de Maine dans son Recueil des médailles grecques, p. 7 où il est appelé ΤΙ. ΘΕΟΣ ΣΕΒΑΣΤΟΣ ; et Livie y est représentée / au revers avec ces mots ΙΟΥ ΘΕΑ ΣΕΒΑΣΤ. Ainsi vous voyez que Livie n’a point été consacrée sans son fils, au moins chez les Grecs. Je n’ai point vu de médaille de Caligula avec Jupiter ou Mercure au revers, et Occo ni le comte Mezzabarba n’en rapportent aucune, en quelque métal que ce soit. Au lieu d’avoir eu de la dévotion à quelques divinités préférablement à d’autres, il paraît plutôt avoir pris un grand soin de s’attirer la dévotion et le culte de ses sujets en se mettant entre Castor et Pollux pour être adoré, comme nous l’avons vu. Il ne paraît pas que Claude ait fait aucune action en Germanie… Ses médailles latines et grecques font foi de ce fait. Cependant, pour satisfaire à la demande que vous me faites là-dessus, il est constant que jusqu’à présent / (à compléter) (Paris, BnF, Ms Fonds Français 6137, Galland, Correspondance de Caen, p. 13-20 ; Abdel Halim p. 207, n° LXXXIV).
-Lettre du 28 sept. 1698 (de Caen) : « S’il est vrai que l’inscription de la médaille grecque d’argent, soit telle que Mr Vaillant la rapporte » remarques sur les médailles d’Auguste frappées en Grèce, sur celles de Claude, de Galba, de Vitellius, de Vespasien, de Titus (Correspondance de Caen ; Abdel Halim p. 240, n° LXXXIX). +
-Lettre du 4 nov. 1698 (de Caen) : « J’ai communiqué à M. Foucault le sentiment que vous proposez touchant le quatrième consulat de l’empereur Philippe, marqué sur les médailles d’Antioche frappées à son nom, contre l’autorité des Fastes consulaires, auxquels les médailles latines sont conformes, qui ne font mention que de trois consulats du même empereur. Mais il ne croit pas non plus que moi que ce quatrième consulat puisse passer à la faveur de votre explication » [dissertation sur ce sujet. Galland à l’aide de médailles inédites du cabinet de Foucault, réfute la thèse de son correspondant] (Correspondance de Caen ; Abdel Halim p. 240-241, n° XC). +
-Lettre du 24 nov. 1698 (de Caen) : à nouveau sur le quatrième consulat de Philippe et réfutation par Galland, notamment à la lumière de Cassiodore (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 93-104 ; Abdel Halim p. 241, n° XCI). +
-Lettre du 25 déc. 1698 (de Caen) : « Voilà bien du temps et bien du travail perdu sur le quatrième consulat de l’empereur Philippe » quelques considérations sur les médailles apocryphes (Paris, BnF, Ms, Fonds Français 6137, Galland. Correspondance de Caen, p. 125-128; Abdel Halim p. 245, n° XCV). +