Grand document
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-Lettre du 13 avril 1706 (de Deventer) :« Il n’y a rien de si vrai, que personne n’a fait un si bon usage des médailles au coin d’Homère, que vous […] Vos Selecta me tiennent fort au cœur, et il n’y a rien que j’attends avec plus d’empressement […] J’ai acquis depuis peu une belle médaille de bronze de Septimus Severus […] ; P.S. : « Je vous prie de vouloir faire tenir l’enclose à M. Génebrier. Je la laisse ouverte afin que vous pussiez être informé de ce dont j’entretiens ce savant médecin ; et je m’imagine que vous m’en saurez bon gré de ce que je vous donne part ainsi de mes considérations sur diverses médailles […] (Abdel Halim, p. 527-528, n° CCXXXIX). +
-Lettre du 22 févr. 1707 (de Deventer) : « Je me trouve pourtant obligé à vous dire que j’ai lu plus qu’une fois votre belle et savante lettre, quand j’étais à l’armée, ou à Bruxelles, et que j’ai admiré les progrès que vous faites de jour en jour dans l’étude des médailles, que vous mettez avec une facilité extraordinaire, en plein jour, les plus difficiles et les plus obscures. Je vous suis donc infiniment obligé, de m’avoir fait savoir que dans le cabinet de l’illustre M. Foucault se trouve une médaille rare de Sept. Sev. […] » ; « J’ai attrapé quelques mss. à Bruxelles, et entre autres deux, qui sont pleins des médailles, des inscriptions, et d’autres monuments antiques. Les premières sont tirées des Familles romaines la plupart, et l’explication de toutes les antiquités se doit à Mr. Villerius (nb : Denis de Villers, 1546-1620) à qui Lipse légua sa collection de médailles), chanoine chancelier à Tournai du temps de Lipse, dont il a été un grand ami, comme il paraît par la vie de cet illustre savant écrite par Miraeus. L’on m’a envoyé aussi une centaine des médailles grecques, entre lesquelles il y en a des très excellentes et des très rares […]. Faites mes très humbles services à l’illustre Mr. Foucault, à Mrs Vaillant le père et le fils, Génebrier, Gros de Boze, et tous ceux qui travaillent à illustrer les antiquités. Le Père Hardouin n’y doit pas être oublié » (Abdel Halim, p. 533-535, n° CCXLV). +
-Lettre du 26 nov. 1707 (de Deventer) : [nouvelles observations sur la médaille de Cléopâtre ; Cuper désirerait lire le discours de Galland à son sujet ; remarques sur le discours de Galland relatif aux letres S.C. et EX. S.C. ; sur l’explication des lettres CONOB ; critiques de dissertations du Père Hardouin ; réflexions sur les découvertes d’antiquités signalées par Galland] (Abdel Halim, p. 547-548, n° CCLII). +
-Lettre du 6 févr. 1708 (de Deventer) :« J’ai reçu votre letre du 6me du mois passé, celle de Dom Anselmo Banduri, votre discours sur la médalle de Cléopâtre, sa défense, et enfin le dessin de cet admirable tombeau, qui est à cette heure entre les mains de l’illustre M. Foucault. Je vous suis, croyez-moi, infiniment obligé de ce régal, et j’ai pris en lisant une partie et en regardant l’autre un très grand plaisir » ; « J’ai lu avec beaucoup d’attention votre discours où vous tâchez de prouver que Bérénice, qui était bien avant dans les bonnes grâces de l’empereur Tite, a été appelée aussi Cléopâtre […] » ; « Je vous suis fort obligé de la copie de la médaille arabe, et de celle de Tarente. Mais le mal est que je ne puis rien presque comprendre à la dernière […]. La mort du savant Père Mabillon me donne un vrai chagrin. Je l’ai toujours estimé comme un des plus grands savants hommes de l’Europe, et un grandisime ornement de son ordre, à qui nous devons de si bons livres » [difficulté à propos d’une médaille de Géta, « qui a pour revers une Victoire avec une légende de : VICT. DD. NN. COL. ANTIOCII. S.C. » ; légendes énigmatiques de certaines médailles de l’empereur Hadrien ; autres difficultés touchant plusieurs médailles publiées par Vaillant] (Abdel Halim, p. 550-552, n° CCLIV). +
-Lettre du 25 mars 1708 (de Deventer) : « Vous aurez apris par la letre que j’ai eu l’honneur de vous écrire le 6 du février dernier, que j’avais dessein d’examiner la diversité que vous mettez entre S.C. et EX. S.C. » [la lettre, formée de vingt-huit pages, est toute entière consacrée à la discussion de la signification de ces lettres] « Jenverrai au Père Banduri le dessin de la médaille de l’empereur Théophanes, aussitôt que le dessinateur, qui est hors de la ville, sera revenu » (Abdel Halim, p. 553-554, n° CCLVI). +
-Lettre du 1 mai 1708 (de Deventer) : « Vous aurez appris par ma dernière lettre les considérations que j’ai eues sur le S.C. et l’EX. S.C., et quoiqu’elles ne soient pas de grande conséquence, j’espère néanmoins que vous me ferez le plaisir de m’en dire votre sentiment » ; « Laissons Bérénice et Cléopâtre en repos, et n’en parlons pas davantage […] » ; « Je ne vous importunerai pas à cette heure avec mes demandes, mais je vous dirai seulement que j’ai reçu les plus belles inscriptions du monde du Levant ; et que j’en attends d’autres, avec une liste des médailles qu’on y a déterrées depuis peu […] » (Abdel Halim, p. 554-555, n° CCLVII). +
-Lettre du 9 mai 1708 (de Deventer) : « Votre S.C. et EX. S.C. m’arrête souvent […]. Trouvez-vous, Monsieur, dans le riche cabinet de Mr. Foucault, une médaille de Cestius Alexander Aemilianus ? […]» [Cuper a reçu à dîner le duc et prince de Marlborough] (Abdel Halim, p. 556-557, n° CCLIX). +
-Lettre sans date suivant celle du même datée du 9 mai 1708 (de Deventer) : [sur le nouveau commerce littéraire que Cuper entretient avec l’Abbé Bignon] « je ne touche pas à quelques médailles ou à quelqes passages des anciens auteurs ; mais ce n’est qu’un narré des diverses particularités, dont peut-être M. Bignon n’est pas informé. Sa réponse me servira de guide, et je me réglerai sur la matière et sur les sujets de notre correspondance selon ce qu’il trouvera bon ; et vous savez qu’il m’est tout un de raisonner sur quelque point de littérature, ou de mander ce qui se passe parmi le monde savant, tant dans la Hollande qu’ailleurs, où j’ai établi mes correspondants » [nouvelles remarques sur les lettres S.C. et EX. S.C. ; Cuper propose à son correspondant de nouvelles matières à discuter : médaillons curieux du cabinet du roi, médailles de l’empereur Vespasien ; médailles représentant l’enlèvement des Sabines] (Abdel Halim, p. 557-558, n° CCLX). +
-Lettre du 24 juil. 1708 (de Deventer) : « Omnia jam fiant fieri quae posse negabam, cui, tunduntur jam gryhes equis. Ce sont vos deux dernières lettres, Mr., qui me font commencer ainsi la mienne ; car j’ai appris, avec un très grand étonnement que l’illustre Mr. Foucault a dessein de se défaire de son riche cabinet, fulminatus quasi fui illo nuntio, et je n’en suis pas revenu encore. Une collection faite avec tant de jugement, et avec tant de frais, ne pouvait pas être dans de meilleures mains, que celles de M. Foucault qui s’y entend, et qui est porté pour les antiquités de Rome et de la Grèce. Je ne puis pas comprendre aucune raison de ce changement. Mais je me persuade néanmoins que cet excellent conseiller renonce à ses plaisirs pour servir avec plus d’application le roi, et se donner tout-à-fait aux affaires qui lui sont confiées par Sa Majesté. J’ai écrit à mes amis d’Allemagne et d’Amsterdam s’il ne s’y trouvait pas un prince ou un riche curieux qui voudrait acheter ce trésor, mais je n’ai pas encore reçu aucune réponse. J’ai aussi parlé de cette affaire à un comte, qui demeure proche de cette ville, qui est fort de mes amis, par adopton nommé Flodroff, par naissance Waptensleben, et voilà ce qu’il me mande sur votre sujet : ‘Le sort de M. Galland m’intéresse. Je suis indigné qu’un homme de son mérite, qui demeure à Paris, où il a tant de connaisseurs qui sont en état de lui rendre justice, soit réduit à l’âge de soixante ans de se plaindre de sa fortune. Et si j’étais sur le pied où je voudrais être, j’aurais une grande satisfaction de lui offrir une retraite chez moi, et je lui aurais une obligation infinie s’il voulait disposer du mien et m’accorder sa compagnie le reste de ses jours. Mais, pour les hommes de lettres, Paris a des avantages auxquels ils ne sauraient renoncer que difficilement, et il n’y a pas un moyen de les tirer de là’. Vous voyez, Mr., quel cas ce jeune comte fait de votre savoir. Il aime l’étude, il est chambellan de Sa Majesté le roi de Prusse, il a été employé par ce roi en diverses négociations, où il a parfaitment réussi, et nous nous visitons fort souvent » [sur la venue du jeune abbé Passionei] « J’ai examiné la médaille d’Antonin le Pieux, dont le revers est une colonne, avec FELICITAS AVG. […] ; « L’on a vendu en cette année une collection des médailles d’un échevin de la ville de Delft, nommé Henry d’Acquet ; il avait quelques consulaires […] ; « Non, non, Monsieur, votre savoir est trop étendu, pour vous n’estimer pas de même qu’auparavant, en quel état et en quel lieu vous vous puissiez trouver ; et vos manières libres et obligeantes m’attacheront toujours à vous, et j’espère que vous aurai encore longtemps l’avantage de pouvoir témoigner que je suis avec beaucoup de zêle… » [suivent plusieurs post-scriptums relatifs à une médaille de Caracalla, …, et à plusieurs pièces curieuses nouvellement acquises par Cuper]« Mr. Le Clerc me mande ce qui suit : ‘Je suis surpris du dessein de Mr. Foucault. Je ne crois pas qu’il se trouve personne qui veuille acheter un cabinet de cette conséquence. Il n’y a que le comte de Pembroke qui puisse faire cette réponse ; mais je ne sais pas s’il voudrait en tout, car il faudrait au préalable que l’on vît un catalogue bien fait de ce qu’il y a dans ce cabinet, sans quoi personne ne s’avancera à vouloir seulement le marchander’ » (Abdel Halim, p. 563-567, n° CCLXIII).
-Lettre du 11 sept. 1708 (de Deventer) : « Vous avez sans doute reçu par les mains de Mr. Bignon la lettre que je vous ai écrite le premier du mois passé, et vous en aurez appris ce que Mr. Le Clerc me mandait touchant le cabinet de Mr. Foucault. J’ai reçu depuis aussi les considérations de Mr. de Leibnitz, qui en parle ainsi : « Malam gratiam init a proefactis aerario, qui talia emenda pincipibus suggerit : ego tamen par amicos inquirere non omissam. Vellem enim non dissipari hunc thesaurum, et viciniore nobis esse. Sed ante omnia necessarium erit ut quanti aestimantur constet ea enim prima quaestio erit, velim responderi, ne deterreantur, si qui sint maces”; vous en voyez, Mr., ce qu’il désire, et si vous me faites part de l’intention de Mr. Foucaut, je ne manquerai pas de la communiquer à Mr. de Leibnitz. J’ai eu, il y a peut-être dix ans, une médaille qui m’a donné bien de la peine. Elle est de bronze et de moyenne grandeur, d’une toute autre façon que les romaines et les grecques […]. J’ai reçu aussi d’Alep une trentaine de médailles la plupart grecques […]. Monsieur de La Croze a publié ses Vindiciae veterum auctorum contra P. Harduinum, et je suis tout-à-fait persuadé qu’il a bouleversé tout le fondement sur qui ce savant Jésuite a bâti son système, et tant d’extravagance. L’auteur m’a fait l’honneur de me les dédier, dont je lui suis fort obligé, car bonum est lauda laudato viro, et je ne doute point que ce livre se trouve déjà à Paris, étant imprimé à Rotterdam chez Mr. Leers » (Abdel Halim, p. 569-570, n° CCXLV). +
-Lettre sans date suivant celle de Galland du 7 septembre 1708 (de Deventer) : [réflexions sur la médaille d’Antonin Pie représentant une colonne ; remarques sur une médaille de Caracalla] « J’attends avec impatience la réponse du Père Banduri ; et si j’avais le temps, je l’entretiendrais sur une médaille qui me semble fort extraordinaire, et qui, peut-être, pourrait le servir. Me voilà enfin à votre belle explication d’une médaille des Mytiléniens, et j’approuve tout ce que vous en dites […] Je m’en vais vous entretenir sur quelques médailles qui me semblent singulières, et qui méritent, au moins à ce que j’en puis juger, quelques réflexions. La première est d’Auguste [ …]. L’Abbé Passionei n’est pas encore venu ici, et je ne sais pas s’il est en Hollande. Je crains fort qu’il s’est laissé détourner de son dessein, ou qu’il croit que le chemin est incommode, ce qui pourtant est un grand abus, car on peut venir ici d’Utrecht, par terre, en un jour et demi, et d’Amsterdam, moitié par mer, moitié par terre, dans une nuit et un jour. J’attens cet habile abbé avec impatience, et je lui témoignerai combien j’estime fort ses mérites, et que votre recommandation est sacrée auprès de moi » ; « P.S. : En examinant les copies des médailles à nouveau […] » (Abdel Halim, p. 573-574, n° CCLXVII). +
-Lettre du 15 nov. 1708 (de Deventer) : « Et voilà encore une nouvelle de Mr. l’évêque de Salisbury. J’en avais parlé dans une lettre que je me suis donné l’honneur d’écrire à ce vénérable et savant prélat, qui m’a toujours honoré de son amitié depuis qu’il a été à La Haye, il y a vingt ans ; et voilà sa réponse : ‘Quae de gazophylacio Foucautiano mones, non sunt negligenda. Si indiculus totius supellectilis una cum omnium pretio ad nos transmissus fuerit, videbimus si summus aerarii quaestor, sit ad omnia de reginae nomine movendus ; nam pretium, ni fallor, privatos sumptus excedit’. Je crois que M. Foucault y fera la même réponse, et qu’il laisserait voir son cabinet à un connaisseur envoyé pour cela, et qu’il parlerait alors du prix. Quoi qu’il en soit, je crois que l’illustre M. Foucault sera bien aise à entendre le cas qu’un évêque d’un grand savoir fait de son cabinet » [sur quelques médailles grecques] « Don Anselme Banduri me pourra répondre à son loisir, il n’y a rien qui presse, et je ne suis pas d’une humeur à incommoder mes amis. Je crains de l’importuner, et je l’entretiendrai sans cela sur une autre médaille, et sur une antique dont on m’a envoyé copie de Smyrne, qui me semblent fort difficiles »… « Votre discours sur la médaille où il y a une colonne ne peut pas être que bon […] » ; « Je me donnerai l’honneur de vous entretenir sur quelques petits points [de numismatique] dont une partie a été traitée dans nos autres lettres […] » (Abdel Halim, p. 574-576, n° CCLXVIII). +
-Lettre du 12 jan. 1709 (de Deventer) : « Je m’en vais répondre à vos trois lettres, nonobstant le grandissime froid, par qui, presqu’auprès d’un bon feu, l’encre, la plume, les mains, sont gelées. C’est ici comme une Nova Zembla, et tout le monde en est incommodé » ; « M. l’Abbé Passioniei est ici. Oui, Monsieur, cet illustre personnage m’a fait l’honneur de me venir voir ; même il a logé par 10 jours dans ma maison, décembre passé. Nous nous sommes bien divertis, et notre conversation a roulé sur les antiquités et sur les nouveautés des jours entiers et une grande partie des nuits. Je suis charmé des mérites, du savoir, et des honnêtetés de Mr. Passionei ; et j’ose promettre qu’il est tout-à-fait satisfait de ma conduite et de mon humeur. Il a vu ma bibliothèque, mes mss, mes médailles, et il y en avait qui lui plaisaient extrêmement. Vous avez été, Mr., un grand sujet de conversation, comme aussi les autres illustres savants de Paris, dont je ne ferai pas le dénombrement » [figures représentées sur les médailles de Chalcédoine] « Mr. de Lormes ne m’a pas envoyé la Réponse à la plaisante protestation du Père Hardouin dont je m’étonne. L’ouvrage du cardinal Noris contre le même père se doit imprimer à Amsterdam, et même être fini si mes amis ne m’amusent pas. Je souhaite fort voir la défense de M. Vaillant. Mr. l’Abbé Bignon me mande que Mr. l’Abbé de Longuerue a fait plusieurs dissertations contre le livre de feu Son Eminence De Epochis » [réflexions sur la médaille de Mytilène représentant Théophraste ; sur une médaille de Smyrne représentant Homère] « Mr. Reland me mande depuis peu que ses Dissertations se rimpriment avec ce qu’il a publié De Nummis Samaritorum, et qu’il va publier un livre arabe dont le titre est Enchiridion Studiosi, avec ses notes et la version de Mr. Rostgardus, savant danois, qui le lui a envoyé » ; « Me voilà venu à votre troisième lettre, écrite au 24 de décembre ; et pour vous suivre pas à pas, j’ai communiqué à Mr. l’évêque de Salisbury ce que vous m’avez communiqué du cabinet de Mr. Foucault. L’abbé Passionei en sera porteur, et je l’ai recommandé à cet illustre et savant prélat. Il est encore à Amsterdam, et il est en doute s’il pourrait passer en Angleterre, à cause que son oncle est fort indisposé ; et il se pourrait faire qu’il serait obligé de se rendre auprès de lui. J’admire votre patience et votre diligence d’avoir fait le catalogue des médailles de Mr. le marquis Foucault en 4 volumes in-folio, et je suis bien assuré qu’il sera tout-à-fait exact, et qu’aucun antiquaire ne saurait s’en acquitter si bien comme vous. Je crois facilement que les libraires sont difficiles à entreprendre un si grand ouvrage. Mais si Mr. Foucault voudrait faire publier celui des grecques et y joindre quelques échantillons des latines, je suis persuadé qu’il ferait bien, et beaucoup de plaisir aux savants, principalement à ceux qui sont auprès des princes, qui pourraient avoir l’envie à acheter ce cabinet. Je m’étonne que les Vindiciae de Mr. de La Croze ne soient pas encore à Paris ; Mr. Leers, de Rotterdam, qui va quitter l’imprimerie et la boutique, en est l’imprimeur, et je m’imagine que ce livre y sera à cette heure » [explication d’une médaille de Nicée] (Abdel Halim, p. 583-586, n° CCLXXII).
-Lettre du 23 avr. 1709 (de Deventer) : « J’ai commis une lourde faute dans ma dernière lettre, et je vous prie de vouloir remettre le nom de Marc Antonin au lieu de Trajan […] Ce que vous dites, Mr., des médailles de Commode et de Crispine est fort vraisemblable […] Je n’ai rien à dire davantage de la médaille de Gordien […] La mort (nb : de Vaillant fils) est une grande perte pour l’étude des médailles, et nous avons perdu un grand appui. Est-ce qu’on ne trouve rien parmi ses papiers qu’on pourrait publier ? Je me souviens que vous m’avez mandé autrefois qu’il avait lu une ou plusieurs dissertations dans votre Académie, et qu’elles avaient eu l’approbation de cet illustre corps. Je me gouvernerai à l’avenir selon que vous le désirez, et je vous marquerai toujours la grandeur des médailles […] » ; « Vous parlez, Mr., du froid. Croyez-moi, il a été ici si extraordinaire et si rude, que les vieillards les plus avancés n’en aient senti jamais un pareil. Tout est gelé, tout est comme mort, et il m’a été impossible d’avoir pu mettre la plume sur le papier. Nous avons eu aussi abondance de neige au même temps que vous marquez, et après une gelée aussi excessive que la première, l’air s’est remis un peu, mais le froid a recommencé le septième de ce mois, quand j’étais à Campen » [sur les médailles représentant les colonnes de Trajan et d’Antonin Pie ; sur Anselme Banduri, son caractère, et sa venue empêchée en Hollande] « Je vous suis, Mr., fort obligé de la Déclaration que les Jésuites de Paris ont publiée, et voilà le Père Hardouin réfuté et réduit aux aubois de ses confrères ; et je m’imagine que toute sa nouvelle machine est tombée en ruine ; quoique je sois néanmoins persuadé qu’on trouvera, par çà et par là, des gens qui tâcheront de la relever en secret, pour affaiblir les témoignages des Anciens. C’est assurément dommage que Mr. de Longuerue n’est pas communicatif, et qu’il n’est pas d’humeur à communiquer ses découvertes et ses lumières aux autres » [sur la médaille de Smyrne représentant Homère ; explication de médailles samaritaines par Reland ; difficulté d’interprétation de ces médailles et controverses savantes à leur propos ; sur diverses médailles énigmatiques des villes grecques] ; « Pour ajouter enfin quelque chose de mon chef, je vous prie de me vouloir apprendre ce que veut dire une médaille dont l’on m’a envoyé copie, car j’y suis plane davus. Il y a un N. d’un côté, et de l’autre V., tous deux dans un cercle […] Vous avez vu sans doute, Mr., la dissertation de Mr. Sperlingius sur une médaille de Tranquillina […] » ; « J’ai reçu la lettre de Mr. Henrion, avec le plan du Traité historique et chronologique des monnaies romaines. Je n’ai pas le temps à lui pouvoir répondre ; mais j’en vois que c’est assurément un « labor Herculeus ». Je vous prie de me vouloir excuser auprès de lui, et de le remercier en mon nom de ce qu’il m’a fait l’honneur de me louer dans son plan, pour peu de chose que j’ai eu le bonheur de lui envoyer de mon pauvre cabinet » (Abdel Halim, p. 591-594, n° CCLXXV).
-Lettre du 15 juin 1709 (d’Oxen) : [médaille de Gordien Pie pubiée par Wheeler ; médailles représentant Bacchus ; médailles samaritaines publiées et expliquées par Reland] « Le Père Hardouin sera toujours le même, et il est assurément incurable : il met paradoxes sur paradoxes, comme les géants montagnes sur montagnes ; ceux-là pour chasser les dieux du ciel ; et celui-ci pour abattre presque tous les anciens auteurs dont la réputation était montée bien haut. Il est bien et cavalièrement frotté par le cardinal Noris, dans sa Paranesis, qui a été pubiée depuis peu à Amsterdam, et s’il y est sensible, il y a espérance qu’il se défaira enfin de ses visions, à qui celles de Dom Quichotte ne peuvent pas être comparées. J’ai écrit une lettre à Mr. Henrion le mois passé, et je ne doute pas que l’illustre Mr. Bignon la lui aura fait tenir. J’espère que ce dont j’y parle aura été de son goût, et qu’il résoudra les difficultés que quelques matrices des médailles m’ont fait naître que j’ai vues à Amsterdam. Je ne me range pas entre les personnes d’une grande capacité, mais je puis néanmoins assurer que le livre du Père de Montfaucon me plaît extrêmement » [sur la barbarie des Turcs ; sur les nouveaux médaillons de Balbin apportés au cabinet du roi, et la médaille d’Auguste et d’Agrippa] (Abdel Halim, p. 598-600, n° CCLXXVIII). +
-Lettre du 3 août 1709 (de Deventer) : [nouvelles réflexions sur les caractères samaritains ; d’autres sur les caractères palmyréniens ; à propos des matrices de médailles évoquées dans les lettres précédentes, Cuper promet d’en envoyer des dessins de Paris] « J’espère que Mr. Baudelot et Mr. Lucas se hâteront à nous donner le second Voyage, et qu’on s’y pourra fier. Ils y entreront sans doute des inscriptions et des médailles ; et ces beaux restes de l’Antiquité nous donneront occasion à développer des points qui ne sont pas encore assez éclaircis » [médailles énigmatiques étudiées dans le cabinet d’un collectionneur hollandais ; autres médailles publiées par Vaillant et Fontanini] « Voilà, Mr., bien des petitesses dont je vous entretiens. Vous ne me refuserez pas vos sentiments là-dessus. Mais je crains fort que la langue, les antiquités et l’histoire arabe, vous donneront beaucoup d’occupation, et que les médailles seront négligées, du moins pour un temps. Prenez garde qu’elles ne vous fassent un procès, et qu’elles se plaignent d’être ainsi répudiées » (Abdel Halim, p. 606-608, n° CCLXXXVI). +
-Lettre du 24 août 1709 (d’Oxen) : « J’ai vu, dans le Journal des Savants, que notre ami commun, Mr. Vignoli, a publié une lettre, adressée à vous, De nummo imperatoris Antonini Pii, et que la médaille de Mr. Foucault lui a été suspecte […]. Mr. Masson a publié la Vie de Pline le Jeune ; il y fait à la p. 123 mention d’une médaille de Nerva […] « (Abdel Halim, p. 608-609, n° CCLXXXVII). +
-Lettre sans date faisant suite à celle de Galland du 29 août 1709 (d’Oxen) : « J’ai lu la Bibliothèque critique de Mr. Simon, et je connais ses mérites. Son opinion touchant les lettres samaritaines m’a paru fort étrange […] » [sur les médailles portant SEGSIA ; sur une médaille d’Hélène, mère de Constantin le Grand, portant la légende HELENA N.F. ; sur la contestation survenue entre Galland et Vignoli à propos d’une médaille d’Antonin Pie ; sur plusieurs médailles orientales au sujet desquelles Cuper pense consulter Rhenferd ; sur une médaille grecque énigmatique, représentant Mars casqué et un cavalier poussant son cheval] (Abdel Halim, p. 611-612, n° CCLXXXIX). +
-Lettre du 11 nov. 1709 (de Deventer) : « Qu’on est heureux, quand on a le bonheur de votre correspondance ! Elle m’a été toujours fort chère, mais elle s’enichit aussi tous les jours. Votre dernière lettre en est un témoin incontestable, et je ne vous saurais presque dire, combien j’ai été réjoui en apprenant tant de choses belles et curieuses » [réflexions sur la lettre de Galland à Vignoli, dont la copie avait été envoyée par le premier à Cuper ; médailles de bronze d’Othon ; explication de la légende NATALI VRBIS sur les médailles ; médailles d’Hadrien marquant sa puissance tribunitienne ; sur le sens des deux mains jointes que représentent certaines médailles romaines ; médailles de Trajan ; sur les monnaies des Juifs ; sur les médailles des villes libres de Grèce ; compliments sur l’entreprise de Galland de publier les médailles et médaillons de la collection de Camps de Signy et commentaire des exemples de corrections faites par Galland à l’ancien catalogue de la même collection dressé par Vaillant ; remarques sur le médaillon de Commode cité par Galland ; autres réflexions sur la lettre de Vignoli] « Vous connaissez sans doute Mr. de La Crose, qui est à cette heure bibliothécaire du roi de Prusse. Il m’a envoyé des copies de quelques médailles arabes, tirées sur le papier, ce qui est une nouvelle invention, et il m’a prié d’en vouloir donner port à Mrs. Reland et Rhenferd » [long extrait d’une lettre de Reland à Cuper relative à l’une de ces médailles : Reland suggère de consulter leur ami commun, Antoine Galland ; considérations de Cuper sur les mêmes pièces, dont il envoie un dessin à Galland] « P.S. : Je n’ai pas encore reçu d’autres copies des médailles arabes dont j’ai parlé, mais celle dont Mr. Reland donne quelque explication, me reste seule, et je la vous envoie très nettement, par une nouvelle invention tirée sur une carte à jouer » (Abdel Halim, p. 615-616, n° CCXCI). +
-Lettre (sans date ni lieu, après 1709) : « J’ai lu l’explication d’une médaille de Néron, insérée dans les Mémoires de Trévoux, à la page 644 de l’année 1709, où l’on nous parle des Decursions des Romains. Cette médaille nous représente la tête de cet empereur, et la légende en est, NERO CLAVDIVS CAESAR AVG GERM. P. M. TR. P. IM. III. P. P. On voit de l’autre côté deux cavaliers, qui portent un bouclier de la main gauche, et une lance ou pique de la droite, et on lit dans l’exergue DECVRSIO. L’explication de cette médaille m’a donné un grand contentement, quand je l’ai lue, sicut meus est mos, en chemin faisant, et j’y remarquais avec plaisir, que ce savant antiquaire, en suivant les anciens et les modernes, distinguais trois sortes de décurions, dont la premère était une espèce de revue, ou d’exercice de cavalerie, la seconde pour les jeux, et la troisième pour la pompe funèbre. Il croit outre cela, que Suétone nous explique cette médaille, en parlant ainsi : indicta decursione praetorianis scutum sua mano praetulit ; et il ajoute que cette dernière sorte de décurion, était une revue, ou un exercice de cavalerie, dans laquelle on leur apprenait tous les mouvements qu’ils devaient faire dans une action, et toutes les évolutions auxquelles ils devaient s’accoutumer. Mais après avoir examiné chez moi cette dissertation avec quelque exactitude, je me trouve indispensablement obligé de dire, que je ne puis être de ce sentiment, et l’ingénieux auteur aura bien la bonté de me permettre d’en dire mes raisons, que je soumets entièrement à son jugement. Il est impossible que le passage de Suétone puisse y avoir du rapport. Il n’y parle pas de Néron Auguste, comme il est représenté sur la médaille, mais de Néron fort jeune, et n’étant pas encore que César : deductus in forum tyro populo congiarium, militi donativum proposuit, indicta Praetorianis decrusione scutum sua manu praetulit. Chap. 7 Cela se fit l’an de la fondation de Rome 800, ou 803 et il fut proclamé Auguste au mois d’octobre de l’an 807 à la mort de Claude, et c’est de ce temps-là que son successeur et fils adoptif prenait le titre« ; … » Deux cavaliers se voient sur la médaille dont je parle, et voilà encore une preuve bien considérable pour faire tomber le raisonnement de ce savant inconnu. Les Prétoriens étaient fantassins, excepté un petit nombre ; Néron était aussi à pied en prenant l’habit d’homme, et il s’est mis ainsi peut-être à la tête des gardes du corps de l’empereur » ; développement sur les décurions ; « L’anonyme croit qu’on doit attribuer à ce jeu de Troie, une médaille où l’on vit Néron encore César, et dans le champ du revers au lieu de figure ces paroles : EQUESTER. ORDO. PRINCIPI. JUVENTUTIS. S. C. L’ordre des chevaliers offre au prince de la jeunesse cette médaille frappée en conséquence d’un décret du Sénat. Mais ce que j’ai déjà avancé est contraire à cette explication : le Jeu de Troye a été célébré par Néron tout jeune, et avant qu’il fut adopté et fait principes juventutis ; laquelle dignité il n’a jamais eue, avant qu’il fut agrégé par les artifices de sa mère dans la famille impériale ; et par une conséquence indubitable, cette médaille ne peut être appliquée qu’au tyrocinium de Néron, qui a été postérieur à l’adoption. Je ne crois pas outre cela, que l’ordre des chevaliers (si l’on peut nommer ainsi l’equester ordo des Romains) y témoigne qu’il offre cette médaille à Néron, mais qu’il a dédié dans quelque temple à son honneur le bouclier qu’on voit sur la médaille, ou plutôt qu’il lui en fit présent, quand il fut honoré par Claude du titre de Princeps Juventutis. On y lit d’un côté, à l’entour de la tête de Néron nue et jeune : NERONI. CLAVDIO. DRVSO. GERM. COS. DESIG : et de l’autre sur un bouclier, EQVESTER. ORDO. PRINCIPI. JVVENTVTIS, et il me semble que mon explication doit être préférée à l’autre : car les chevaliers, ou l’Ordo equestris, n’avait pas droit de faire battre de la monnaie, quoique je ne sache pas précisément, si le savant interprète a voulu dire cela par l’offre de la médaille frappée. Je sais qu’un savant homme, qui soutient dans les Mémoires de Trévoux, que les médailles n’ont pas été de la monnaie, avance à la p. 108 de l’an 1707 que les corps les ont fait faire, et qu’il allègue entre autres pièces celle de Néron, une de Commode, où il y a aussi EQVESTER ORDO PRINVIPI JVVENT, une de Gallien COHORTium PRAEFecti PRINCIPI SVO, et enfin une autre du même empereur, GALLIENVM AVGVstum Populus Romanus. Mais j’en doute encore ; et s’il y a quelque fondement dans cette opinion, il faudrait dire, ce me semble, que l’Ordo equestris et les capitaines des gardes de l’empereur avaient requis les intendants de la monnaie de vouloir battre de telles pièces, ou que ceux-ci l’ont fait de leur propre mouvement, ou même par ordre des empereurs, qui voulaient ainsi conserver la mémoire des actions, qui sont représentées sur l’or et l’argent, ou par ordre du Sénat à l’égard de celles de bronze. En vérité c’est une spéculation assez difficile ; il y a non seulement des compagnies de gardes, mais aussi des légions, qui se rencontrent sur les médailles de Gallien, et des autres empereurs, et même de Marc-Antoine le triumvir, à qui pourtant je ne crois pas que personne veuille attribuer le droit de battre de la monnaie. Il en faut pourtant dire un mot, quoique cela soit presque hors de propos. L’on voit donc la troisième et la sixième compagnie, qui ont pour enseigne ou devise, la première un leo gradiens, et la dernière une histrix : la septième dans Mediobarbe (Mezzabarba) Leo gradiens, mais on lit dans Tristan Tom. III. p. 79. COHH. PRAETORIAN. VIC. Cohortes Praetorianae Victrices. Les légions se donnent sur les médailles du même Gallien divers symboles, et je crois qu’elles les ont mis sur leurs boucliers, ou aux enseignes, hormis l’aigle, comme Lipse croit que la cinquième légion a un éléphant, selon Appien alexandrin. Quelques-uns de ces symboles sont parlants, ou presque parlants. La déesse Pallas se voit jointe à la LEG. L. MIN. VI. P. VI. F. Les centaures avec la LEG. II. PART. à cause que les Parthes étaient de bons sagittaires ; Neptune à la LEG XXX NEP. (Neptunia) VI. F. et à la LEG. XI. CL. (classica) VI. P. VI. F. La louve avec Romulus et Remus à la LEG. L. et la LEG. II ITAL. P. VII. F. à cause de la naissance et de l’éducation de ces deux frères en Italie. Mais ce qui rend une partie de cette matière difficile, c’est que d’autres symboles sont attribués aux mêmes légions, comme à la LEG. I. ITAL. P. VI. F. un sanglier, et à la LEG. II. ITAL. VII. P. VII. F. une cigogne d’Egypte, ou l’Ibis, qui se voit aussi avec la LEG. III. ITAL. VI. P. VI. F. Les légions ne sont pas distinguées par aucune marque sur les médailles d’Antoine le Triumvir, et elles nous y représentent un aigle, et deux autres enseignes, tout de même que sur les médailles de Septime-Sévère. On lit sur une d’Aureolus LEG. I. MIN. RESTITVTA, et l’on voit Minerve et Aureolus manus admoventes ramo Palme in terram defino ; et sur une autre de Victorinus LEG XXX. VI. P. VICT. P. F. Figura nuda stans, dextra hastam tenens cum Capricorno. Il est tout-à-fait vraisemblable, que Minerve a ses rapports au surnom de la légion XXXVI Parthica, Victrix, Pia, Fidelis. Il est constant de tout cela qu’on voit les noms des corps sur les médailles ; mais d’en vouloir conclure que ces corps avaient le droit de battre de la monnaie, ou que ces médailles aient été faites par leur ordre, c’est ce que je ne puis encore comprendre. Il me semble plutôt que Marc-Antoine ait voulu faire ainsi parade de ses forces, et qu’il fit mettre les noms des légions qui lui obéissaient sur les médailles ; et qu’après les empereurs ou le Sénat firent ainsi célébrer la fidélité et la bravoure des légions et des cohortes praetorinae, et même des armées entières, de quoi une grande quantité de médailles sont des témoins incontestables. Je laisse néanmoins cette matière à l’examen des habiles antiquaires ; je me soumettrai toujours à leurs décisions, et je m’en vais retourner à mon principal sujet. Le comte Mezzabarba nous donne deux médailles de Néron, l’une d’or et l’autre d’argent, où se trouve la légende NERONI. CLAVDIO. DRVSO. GERM. COS. DESIG. et EQVESTER. ORDO. PRINCIPI. JVVENT. Mais les lettres S. C. Senatus Consulto, ne s’y rencontrent point, et le savant anonyme assure qu’elles sont sur la sienne ; que je crois pour cette raison être de bronze. Il les attribue toutes les deux à l’an 808, et si cela est ainsi, il doit s’ensuivre que Néron dût avoir été consul l’an 805. Mais puisque cela n’a pas été, et qu’il n’a eu cet honneur pour la première fois qu’en l’année 808, après la mort de Claude, qui arriva au mois d’octobre de l’an 807, je crois que cette médaille fut frappée alors, et que les chevaliers ont honoré Néron d’un bouclier d’or, ou du moins d’argent, ou que les monétaires en ont conservé la mémoire, si ce bouclier lui a été offert au temps qu’il fut fait princeps juventutis, et adopté par Claude, ce qui arriva selon Suétone Chap. 7 undecimo aetatis anno, ou selon Tacite 12. A. 25 Coff. C. A NTISTIO ET M. SVILLIO, anno Neronis XIII. Ce qui est approuvé par Lipse, Torrentius et d’autres savants, comme je l’ai remarqué auparavant. Le même comte nous donne encore la description de trois médailles de bronze de Néron, où le mot DECVRSIO se lit. NERO CLAVDIVS. CAESAR. GER. P. M. TR. P. IMP. P. P. inde DECVRSIO. S. C. Duae figurae equestres decurrentes una cum hasta, alia cum labaro. NERO CLAVDIVS. CAESAR. AVG. GERM. P. M. TR. P. IMP. P. P. tertio GER. Et CAES. inde DECVRSIO. S. C. Duo equites decurrentes : et in tertio, DECVRSIO, figura equestris, praepunte milite, alio sequente. Je crois que la première et la seconde ont été publiées par Angeloni, et il me paraît évident qu’elles ne peuvent être attribuées qu’à Néron Caesar et Princeps juventutis, chef de la jeunesse romaine. L’illustre comte croit qu’elles appartiennent à l’an 813 où Néron institua un certamen vel ludicrum quinquennale, témoins Tacite, Dion, Suétone et les médailles. Et il est bien vraisemblable qu’entre autres divertissements, l’on donna aussi au peuple une decursio, à la tête de laquelle se mettait l’empereur même, comme il se voit couronné de laurier sur lesdites médailles. Il est pourtant remarquable, que Néron se voit à cheval sur l’une, la pique à la main, et qu’il est précédé par un soldat à pied et suivi d’un autre. Il me semble qu’on pourrait dire que ce sont des prétoriens ; et quoi qu’ils fussent à pied, que néanmoins l’empereur montait à cheval, et qu’ils étaient obligés de le suivre à grand pas. Car les Romains exerçaient leurs soldats à la course, comme nous l’apprend Végèce I, 9 où il y a un passage de Salluste, parlant de Pompée le Grand et de ses soldats : cum alacribus saltu, cum velocibus cursu, cum validis vecte certabat : neque enim ille aliter par potuisset esse Sertorio nisi sese, suosque milites frequentibus exercitis praeparasset ad praelia. Les dernières paroles me semblent bien être un de Végèce, quoique les savants qui nous ont donné les fragments de ce célèbre auteur, en jugent autrement ; elles se trouvent aussi chez Jean de Salisbury 6. 4. De Nugis. Ce sont, Monsieur, mes considérations, et j’ose me flatter qu’elles seront approuvées, si non toutes, du moins la plus grande partie, et cela d’autant plus que j’ai vu que quelques savants ne sont pas plus contents que moi de cette explication. Car après avoir couché ces remarques, j’ai vu dans le même Journal de Trévoux, au mois de juillet 1709, à la p. 1240 ce qui s’ensuit : Au mois d’avril Art. 48. p. 644 La médaille de Néron avec le revers DECVRSIO, a des types bien différents, qui ne conviennent pas tous à l’explication qu’on lui donne ici. J’aurais souhaité que ce savant eût voulu prendre la peine d’informer le public de ce qu’il n’approuve pas, et je suis bien assuré que je n’aurais point couché par écrit mes petites remarques ; puisqu’il ne se peut faire qu’il n’eût les mêmes considérations, qui pour dire le vrai, sautent comme aux yeux, au moins si je ne me trompe pas. Je suis … » (Cuper 1743, XXV, p. 259-267 ; Abdel Halim, p. ?, n° ?).