Grand document
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G
-Lettre du 11 septembre 1697 (de Nijmegen) : He thanks him for «Callimachus» but has not yet been able to read Spanheim’s notes. Smetius has shown him a beautiful Greek or Egyptian coin of Galba which might have ornamented my Gordiani. (Oxford, Bodleian Library, MS D’Orville 478, f° 136). +
-Lettre du 1 janvier 1699 (sans lieu): He has written these two letters to Vaillant and $word$, chiefly about ancient coins, in French because it comes more easily to them than Latin and is therefore a more likely vehicle for a correspondence. I have left it open so that you may give your opinion on the points raised. I am glad you approve «Divine» or «Sulphur», for if that ring is to be accounted a magic ring you rightly judge that «Sulphur» is appropriate seeing that sulphur was used for averting enchantment. (Oxford, Bodleian Library, MS D’Orville 478, f° 146-147). +
-Lettre sans date (mais pas avant 1702) : He has much to tell him: having had learned letters from many countries and expecting many very rare books; and the King of Prussia who when he came to my home had given me a gold coin with 100 ducats. has now sent me three volumes from the Royal and Electoral treasures bound in red leather and decorated with gold; and Begerus has added learned treatises on coins and another examining volumes of Greek and Roman antiquities, and he has read a work in Belgian on Christ descended from David. (Oxford, Bodleian Library, MS D’Orville 477 fols. 7-9). +
-Lettre du 13 mars 1708 (de Déventer) : parle des « rêveries du P. Hardouin », « l’hérésie du P. Hardouin » (Cuper 1743, I, p. 1-7 ; Sarmant 2003, p. 134, notes 126-127). +
-Lettre du 21 avril 1708 (de Deventer) : « Je soupçonne aussi un ordre tout entier, ou au moins les principaux de fomenter quelque monstre » (Cuper 1743, I, p. 8 ; Sarmant 2003, p. 134, notes 129). +
-Lettre du 8 juin 1708 (de Deventer) : « Pour vous suivre pas-à-pas, j’ai vu que Mr. Le Clerc a inséré votre défense dans le XV. Tome de sa Bibliothèque choisie, et je l’ai lue avec beaucoup de plaisir. Je ne sais ce que le Docteur de Sorbonne y pourrait opposer, ''& sumum nobis vendet'', s’il ne s’acquitte pas mieux, qu’il n’a fait la première fois. C’est assurément une chose bien étrange, que le Père Hardouin ne s’ouvre pas, et qu’il tienne comme fermé à clé son système, et les raisons qui l’ont porté à donner des paradoxes, qui sautent au yeux, à moins que les lecteurs ne les veuillent fermer. / Vous avez vu sans doute l’avertissement, que Mr Le Clerc donne des Œuvres de ce père, qui s’impriment à Amsterdam, et dont l’édition est fort avancée, à ce qu’on me mande. Vous verrez, par ce qu’on en dit, que presque tout sera changé, et j’espère que ce savant jésuite corrigera les fautes, dont j’ai remarqué depuis peu de jours quelques-unes dans son Historia Herodianum. Il nous y donne une médaille à la page 9, où il y a, selon Mr. Patin, Π ΡΙΟΔ ΤΤΑΡΓΟΥ, currente anno imperii Tiberii quarto, cum illo scribendum sit ΗΡΟΔΟΥ ΤΤΡΑΡΧΟΥ, uti patet ex ipso nummo, quem edidit Toinardus in notis ad Harmoniam suam evangelicam. Je ne doute pas que vous ayez vu ce livre, et c’est dommage que ce savant homme n’ait pu perfectionner ce bel ouvrage. Il y parle avec beaucoup de justesse de la famille d’Hérode, à ce qu’il me semble au moins, et il y soutient que Jésus Christ n’a pas célébré la Pâque juive le jour avant sa mort, ce qui est contraire au sentiment du Père Hardouin, comme vous le savez. Le livre de Nummis Populorum est sans doute son meilleur ovurage, et quoiqu’il y ait des grandes bévues, et qu’il se soit approprié les découvertes des autres, l’honneur lui est pourtant dû, d’avoir montré un chemin pour bien ranger les médailles ; car en suivant ses traces, l’on pourrait faire un catalogue des divinités païennes, qui se rencontrent sur les médailles, par lequel on verrait incontinent, en quelles villes et pays elles étaient adorées, et où elles avaient leurs temples et leurs autels. Si j’avais le temps, je le pourrais facilement entreprendre, parce que j’ai tant de remarques sur cette matière, que je pourrais augmenter Lilius Gyraldus plus que de la moitié, et les inscriptions anecdotes, qui sont en bon nombre dans mon petit cabinet les pourraient illustrer admirablement. L’illustre Mr. de Spanheim fait mention de la médaille, où Caius Caesar, surnommé Caligula, est appelé ΓΑΙΟΣ ΚΑΙΣΑΡ ΘΟΣ ΑΥΤΟΚΡΑΤΩΡ à la page 445 de ses dissertations de l’édition de Londres, et je crois avec vous que c’est la médaille, qui est publiée par le chevalier Patin à la page 95. Je l’avais marqué aussi dans une dissertation ébauchée De arrogantia Rom. Impp. In imitandis Diis, et je vois que je jugeais alors, qu’on y devait mettre ΣΑΣΤΟΣ, et joindre ΓΑΙΟΣ ΚΑΙΣΑΡ ΑΥΤΟΚΡΑΤΩΡ, et ΘΟΣ ΣΑΣΤΟΣ. Je ne vous saurais presque dire combien cette conjecture me flatte ; et quoique Caligula ait été assez fou pour prendre le titre de ΘΟΣ sur ses médailles, je ne crois pas qu’il l’ait fait ici ; et s’il s’y lit ΣΑΣΤΟΙ, comme fait aussi Mr. Vaillant, à la page 11, de la seconde édition de ses médailles grecques, il est certain que par ΘΟΣ ΑΥΤΟΚΡΑΤΩΡ est désigné Augustus, dont la tête s’y voit avec celle de Caligula. Mais j’ai remarqué que le titre d’autokrator imperator, ne se done pas sur les médailles latines à Auguste / mis au rang des dieux, et qu’on y lit Divus Agustus, Divus Augustus Pater, Divo Augusto, Augusto Deo, Divus Augustus Pater Patriae. Et je crois qu’on trouvera difficilement sur celles des autres empereurs consacrés que les titres d’Imperator et de Divus soient joints. Je suis persuadé à cette heure, qu’il n’est pas vraisemblable que les Grecs aient fait le contraire, et c’est de là que le ΘΟΣ ΣΑΣΤΟΣ me plaît beaucoup sur cette médaille des Iliens. Vous rapportez aussi dans votre P.S. le mot ΘΟΣ à Auguste, et vous ne parlez pas du titre d’ΑΥΤΟΚΡΑΤΩΡ qui, selon mon sentiment, doit être donné à Caligula, et de là s’ensuit, qu’on y doit remettre ΣΑΣΤΟΣ, parce qu’Aguste est rarement appelé absolument ΘΟΣ, à moins qu’il n’y soit ajouté quelqu’autre particularité, comme ΘΟΣ ΘΟΙ ΥΙΟΣ, Deus Dei filius. Vous avez bien remarqué, Monsieur, que Caligula est appelé Imperator dans l’inscription 64, de la neuvième classe de Reynessius, et voici une médaille grecque qui décide toute l’affaire ; le chevalier Patin en est mon garant, et il donne le revers d’une médaille à la page, où il y un Apollon tout nu, ΔΙΔΥΜΥΣ ΜΙΛΗΣΙΩΝ, et de l’autre côté, selon son témoignage la tête de Caligula, et ΑΥΤ ΚΑΙΣΑ ΓΑΙΟΣ ΓΡΜΑΝΙΚΟΣ CΑΣΤΟC. Mr Vaillant fait aussi mention de cette médaille, mais c’est dommage qu’il n’y ait pas mis la légende qui est à l’entour de la tête de cet empereur. J’ai oublié de dire encore un mot de la signification que le Père Hardouin donne à son ΠΡΙΟΔΟΣ : Nam ea vis est hujus vocis Periodou in nummis, ut annum currentem exprimat : id quod duobus aliis exemplis liquet. Je voudrais qu’il nous eût marqué ces passages, car je n’ai pas trouvé encore, quoique je ne veuille pas le nier, que ΠΡΙΟΔΟΣ signifie un an, mais bien un certain nombre d’années, comme il est évident par divers Periodoi, circuitus certorum annorum, dont parlent Scaliger dans son livre de Emendat. Temporum, Petavius et d’autres, pour ne rien dire des autres significations de ce mot, et entr’autres de Periodonikès. De plus je ne sais pourquoi ce savant jésuite y a ajouté currentem ; car quand on y met .. ou etous tetartou, ne serait-ce pas la même chose, c’est-à-dire Anno quarto ? Je suis fort aise que Mr. Schott veuille nous donner Suétone et Virgile illustrés par les médailles et bas-reliefs, et j’espère qu’il nous y fournira des pièces anecdotes, afin que non seulement les jeunes-gens, mais aussi ceux qui sont avancés en âge en puissent profiter. Nummum Phidonis non ejus aetatis esse, qua milli tribuit doctissimus Begerus, plane existimo ; et je crois, qu’on le doit attribuer à ceux de Thèbes dans la Béotie, qui marquaient ainsi leurs médailles, comme il paraît par celles qui nous sont données par Goltzius Table XVI, et que ΦΙΔΟ est le nom du magistrat, ou / son commencement ; ΚΤΡΙΓΟΡΙΟΣ se lit sur une d’elles ; j’ai aussi une médaille d’argent, où il y a d’un côté un bouclier tout semblable, et de l’autre un vase, d’où sort une vigne avec la légende FAET, et les savants l’attribuent aux Béotiens. Il est de plus étonnant qu’on ne voie pas de tels seymboles sur les médailles d’Argos, mais d’autres qui n’en approchent nullement, comme vous pouvez voir à la Table XII. dudit Goltzius. Ajoutez y que la médaille du roi de Prusse est écrit ΦΙΔΟ au lieu que les auteurs nous donnent toujours ΦΙΔΩΝ, ΦΙΔΩΝΟΣ ; quoique je ne veuille pas critiquer cela, sachant bien que l’Ι et l’Ι, l’Ω et l’Ο sont mis l’un pour l’autre sur les monuments anciens, n’y soutenir ou conjecturer aussi qu’il pourrait y avoir sur l’original φιλο, à cause que je crois que Mr. Begerus, qui était si exact et si savant, aurait bien remarqué cela. Nonobstant tout cela, je suis curieux de voir ce que Mr. Schott nous en dira, et j’espère que le bon Dieu lui donnera des forces pour pouvoir achever ce qu’il a entre les mains, et ce qu’il entreprendra dans la suite. Je viens à cette heure, Monsieur, à votre seconde lettre, et à ce qui me touche en particulier dans la première. Je vois donc, que vous avez dessein de mettre mon nom devant votre belle dissertation ; & quamvis me eo non digner honore, puisque vous le voulez, je le veux aussi, mais ea lege atque omine, qu’il y aura une trêve aux compliments, et que vous ne ferez pas un panégyrique de mon inclination pour toutes sortes d’études, et principalement pour les belles-lettres, et les antiquités grecques et romaines, tant sacrées que profanes. Si ce que j’ai dit à l’égard du passage de Thucydide vous peut servir, je vous en fais maître. Je suis bien aise que le père de la Rue vous ait conté la même histoire dont je vous ai parlé dans ma lettre ; et assurément j’aurais pu dire beaucoup sur les extraordinaires et bizarres explications du Père Hardouin, si je n’étais presque toujours occupé ailleurs. Mais je ne puis me résoudre à faire imprimer ma lettre toute entière, et ce que vous dites au commencement de votre première lettre, ces Messieurs-là ne croient pas que ce soit un péché que de calomnier ses ennemis, me rend cauteleux ; car quoique je me flatte que je suis supra calomnias, et que je ne les craigne pas, il en reste toujours quelque impression, dans ceux qui sont d’un naturel faible ou malin, et envieux. J’ai lu l’explication du mot ΚΟΣΩΝ ; j’en ai ri mon saoul, aussitôt que je l’ai trouvée dans le Journal, et je ne puis comprendre, comment de telles pensées peuvent venir à un Père qui a de l’érudition, et un bon jugement, quand il n’en abuse pas et qui est d’une grande lecture. La moitié des œuvres du Père Hardouin est achevée, je l’ai fait venir, car on peut faire cela, comme vous avez appris sans doute de l’avertissement de Mr. Le Clerc, et j’employerai quelques jours à la collationner, avec / la première édition, pour en connaître les changements, et voir s’il s’en est bien acquitté. Je ne crois pas pourtant que ce père sera si mal avisé que de changer ce qu’il a dit dans son livre De Nummis…de Cosa et qu’il y mettra son Caesar opem toti Syriae tulit. Ωνησατο ; car le mal est que le verbe Ωνεομω signifie toujours emo, et nous serions bien redevables à ce père, s’il nous voulait apprendre, où il est mis pour opum ferre. A Dieu ne plaise que je puisse approuver de telles extravagances, quas narrare est refutare, et je n’y vois rien de solide, rien de vrai, mais plutôt des châteaux en l’air et ludum jocumque Antiquitatis studii. Car qui a jamais vu, qu’on prenne les lictores pour des gens qui coupaient les bois, et les fasces pour des haches à couper des cèdres sur le Mont Liban ; et pourquoi est-ce qu’il fait des deux dernières lettres un mot et non pas deux, comme de chacune des précédentes ? Enfin, Monsieur, la médaille de la famille Junia, le devrait détourner d’une aussi bizarre explication car on y voit des lictores ou halebardiers d’une même façon, et le chevalier Patin y allègue aussi celle de ΚΟΣΩΝ. Mais j’abuse de votre patience ; Adieu donc, et je suis, Monsieur, etc. » (Cuper 1743, I, p. 11 ; Sarmant 2003, p. 134, notes 128).
-Lettre du 21 juin 1708 (de Deventer) : sur les folies d’Hardouin « L’on vient de m’envoyer le commencement de la nouvelle édition des Œuvres du Père Hardouin, c’est son livre, De Nummis Populorum & Urbium. Je l’ai feuilleté, et j’y trouve non seulement sa belle et sa jolie explication du nom de , mais aussi celle de , et tant d’autres extravagances, que je ne puis me défaire de ce vers d’Horace, qui me revient fort souvent, pergula pictorum, quand je considère la plupart des additions. L’on croit, que l’histoire de Léandre et de Héro nous est représentée sur une médaille d’ Abyde ; mais notre Œdipe y remet , Viri robur, en y ajoutant une histoire, et une coutume tout-à-fait ridicule et fabuleuse. Il soutient, que beaucoup de médailles sont frappées à Narbonne, et en voici de beaux exemples, CAESAR DICT. IN PERPETVO, c’est-à-dire, Dictator primus Narbone perpetuo, d’où il conclut que la Dictatura fuit Magistratus urbis, non orbis, & in aliis civitatibus R. Imperii non habuisse Caesarem hanc potestatem, etiam in Narbonem Provincia, nisi ei a S.P. Q is honor sponte deferretur, sive ad unum annum, ut Romae, sive perpetuo. L’inscription d’une médaille de Claudius, P N R est par lui expliquée Pondera Narbonensia restituta ; une autre de Gallien, dont la légende est INT SC VRB Senatusconsulto. Jove Narbonis Titaore Urbs Roma beata ; une autre de Magence VOT VNIV ITM : Vota Urbis Narbonis, primis quinquennalibus Impp. Trium Maximorum. Il y en a encore d’uatres plus ou moins ridicules, et je vous serais sans doute à charge, si je vous les envoyais toutes. L’on trouve sur une médaille GENIO ANTIOCHENI APOLLINI SANCTO ; c’est-à-dire, selon ce père : Genio primae Narbonensis, Tutatori Imperii, odio Christianorum etiam nobis irato Apollini Sancto Societas Mercatorum adjacent Hispaniae. C’est assurément se moquer du monde, et faire de l’étude des médailles, dont on tire tant d’éclaircissements pour l’histoire, la géographie, et pour tout ce qui est compris sous le nom de Belles Lettres, un vrai iusum jocumque. J’ai inséré dans mon histoire des III. Gordiens une médaille, où se voient Pupienus, Balbinus, et au milieu d’eux Gordianus ; mais le Père Hardouin fait de ce dernier Maximinus à la page 166 de sa nouvelle édition. Mais je ne puis comprendre d’où lui peut venir une telle pensée. Car il est tout-à-fait incroyable, que Maximin, déclaré ennemi par le Sénat, ait été mis sur une médaille, frappée en l’honneur de Pupienus. J’ai outre cela remarqué, que ce savant Père va par tout son grand chemin, qu’ilomet quelques méprises sans nommer les auteurs, qui les ont corrigées, et qu’il y en reste beaucoup. Je vous assure, qu’un homme se pourrait donner beaucoup de peine, s’il entreprenait de réfuter les abus et les explications ridicules, et tout-à-fait insoutenables, et s’il voulait collationner ces deux éditions. Pour moi je me lasserais bientôt, et soyez assuré, que je ne m’emploierai jamais à examiner et à détruire des extravagances qui sautent aux yeux, et qui sont de notoriété publique. Herculeus ille labor, quoique j’ai assez de matériaux pour en pouvoir faire un livre raisonnable »« P.S. J’ai oublié de vous mander que la nouvelle édition du livre De Num. Pop. et Urb. est de 216 pages y compris les tables, et que sur chaque page sont deux colonnes. Vous savez, Monsieur, que l’édition in quarto, est de 610 pages, sans compter les tables ; d’où vous pouvez voir qu’il y a plus ôté qu’ajouté, ce que j’avais aussi remarqué quand je vis le MS. l’année passée à Amsterdam » (Cuper 1743, IV, p. 12-13 ; Sarmant 2003, p. 132, note 117).
-Lettre du 19 novembre 1708 (de Deventer) :« J’ai lu la protestation du Père Hardouin, et mes amis de Paris m’en ont fait tenir un exemplaire ; c’est jour une comédie, et ne se soucier pas de ce que le monde dira d’une conduite si extraordinaire. Modo ait, modo negat, et il tache ainsi de se tirer de cette affaire, pour n’être pas obligé de faire une rétractation publique. Ses livres cependant sont remplis d’un nombre infini de paradoxes, et le venin qui y est caché se répand par tout le monde savant. Je crois difficilement que les Jésuites vous opposent un autre adversaire ; cette société est trop politique, pour se mêler d’une affaire qui ne peut avoir une bonne issue. S’ils se cachent derrière le rideau, et s’ils sont complices de ces attentats contre tant d’auteurs anciens, ils se tairont selon toute apparence ayant hazardé la réputation du savant père Hardouin, qui dans ladite protestation se fait seul auteur de tant de ridicules explications, et ses sentiments, qui choquent extrêmement tous les savants. Vous avez dessein de le pousser davantage, et de revenir à la charge ; mais votre dissertation latine l’a si bien frotté, même sur l’article des pères grecs et latins, qu’il est déjà terrassé, et que personne ne croira jamais ce qu’il a mis dans ladite protestation. Mr. de Lorme se défendra aussi de ce qu’il y dit contre lui, et nous en apprendrons, à ce que je m’imagine, quelque secret » ; sur Spanheim : « L’on me mande de Paris, que le second volume des Dissertations de l’illustre Mr. de Spanheim s’imprime actuellement à Londres ; j’ai écrit trois ou quatre lettres à cet excellent ministre, mais j’ai le malheur de recevoir aucune réponse, quoique je l’aie entretenu sur quelques particularités, qui m’étaient venues pour lui-même de France. J’attribue ce silence à la multitude de ses affaires politiques, car je ne croirais jamais qu’il puisse être alienato a me animo » (Cuper, VI, p. 18). +
-Lettre du 1 juin 1709 (de Deventer) : sur la santé de Spanheim : « M. le Baron de Spanheim a été dangereusement malade, senectus ipsa morbus ; et l’on me mande de Paris qu’on imprime effectivement la seconde partie de ses Dissertations » (Cuper 1743, VIII, p. 24). +
-Lettre du 9 juillet 1709 (de Deventer) : sur la darique : « J’ai eu l’honneur de vous entretenir sur la valeur d’un daricus, mais voici un passage qui mérite vos réflexions. Isaac Vossius parle ainsi à la page 39. Translationis LXX. Interpretum. Aureus cum absolute ponitur Daricum significat. Daricus vero vel stater minam valet. Minam vero conficiunt centum drachmae. Quis unquam nummum argenteum, centum drachmarum aut vidit, aut sando accepit ? Je ne crois pas que ce savant homme ait cru que mina fut une espèce de monnaie, mais il parle ainsi pour prouver que les LXX . ont eu raison de traduire le mot hébreu Gen. XXVII, 28, & XLV, 2, par aureos. Vous voyez par là, Monsieur, qu’un daricus a valu 30 francs de la monnaie de Hollande ; et je vous prie de bien vouloir examiner la pesanteur et la valeur de la médaille dont vous m’avez fait tenir copie » … « c’est de là qu’on y trouve le grec, cette langue étant commune par toute l’Asie, où il y avait quantité de gens de cette nation, et des qui les Arsacides s’appelaient , comme il paraît par leurs médailles, dont je possède une très bien conservée » … « La seconde touche votre daricus ; Plutarque nous marque, Persarum numisma daricum sagittaris signatum fuisse ; et l’on en pourrait juger que le vôtre ne devrait pas être appelé ainsi, parce que le Sagittarius ne s’y voit pas. Mr. Hyde à la page 307, croit que c’est un roi qui se voit dans la posture d’un sur la médaille publiée par l’illustre Mr. le baron de Spanheim, et il ajoute que les Perses étaient les meilleurs sagittaires du monde, que c’est pour cela qu’un roi se voit tenant l’arc entre ses mains dans les ruines de Persépolis, et que si recte meminit Suetonius in Caligula ponit in Parthorum vexilio DRACONEM, et in eorum vexillo regio arcum. Mais il se trompe assurément, et Suétone n’en dit pas un seul mot » … « Il se peut aussi que les rois parthes avaient cette coutume, car sur le revers de ma médaille d’argent d’Arsacès, une figure habillée est assise, et tient aussi ainsi l’arc, ce qui me confirme dans ma pensée ; et cela se voit aussi sur une autre médaille, publiée par Mr. Le Bruyn, où il y a une semblable figure, où un roi parthe assis et tenant l’arc, avec cette légende, » (Cuper 1743, IX, p. 30-33).
-Lettre du 22 août 1709 (de Deventer) : sur un darique : « Vous m’excuserez, sans doute, si je viens vous incommoder de nouveau, quand vous saurez la raison qui m’oblige d’être importun. J’ai communiqué votre Daricus à Mr. Reland, et il me mande là-dessus ce qui s’ensuit. ‘Ectypon nummi Persici, qui Daricus esse creditur, tibi remitto una cum tribus aliis ectypis aeri meo iussu incisis, ut et illud cum eruditissimo La Croze communicare possis. Ego quidem existimo characteres esse arabicos, nec tantam nummo vetustatem tribuo: antequam tamen confidentius sententiam meam dicam, velim mihi transmitti ectypon unius faciei, qua literae sunt, ichthyocollae impressum; ita fortasse multo clarius te proderent, imprimis cum sulpicer supra et infra eas duas lineas, alias quoque exstitisse’. Je vous envoie donc une taille-douce, et je vous prie de vouloir faire en sorte que ce savant professeur ait une copie, comme il désire. J’y joins une copie d’une autre médaille de bronze, qui est dans mon cabinet, et je vous prie de vouloir employer votre savoir, pour me l’expliquer. Le trou qui est sur le nez n’est pas originaire, on l’a fait depuis avec un burin ou quelque autre chose. Mr. Reland juge que ces quatre lettres sont phéniciennes, et qu’on pourrait en faire Sidon. Si cela est, je juge que cette médaille est bien rare et peut-être fort ancienne » (Cuper 1743, XI, p. 35-36). +
-Lettre du 1 septembre 1709 (d’Oxen) : « L’on se gêne fort à Paris pour trouver l’explication de la médaille que vous croyez être un Daricus ; je m’en vais les désabuser par mon grand mai Mr. Bignon, et je crois, que je vous ai mandé, que Mr. Reland la croit arabe ; et nonobstant cela, le revers est fort extraordinaire. Je vous rends un million de grâces pour les empreintes, dont vous me faites part, je les ai déjà envoyées à Mr. Reland, et je vous ferai savoir ce que ce savant professeur en juge ; je les ferai aussi tenir après à Mr. Rhenferd. Celle d’or, que vous croyez être égyptienne ou parthique, advertit animum meum, et je souhaite de tout mon cœur, que quelqu’un la puisse expliquer ; car il me semble, qu’elle doit contenir des choses bien remarquables. L’art de tirer ainsi les médailles sur le papier est bien belle, et je la voudrais savoir, si ce secret est communicable. Je vous suis bien obligé pour l’explication de la médaille publiée par Tristan, et dans mes notes sur Lactance. J’ai encore des explications de quelques autres savants, dont je vous parlerai, quand je serai en ville, et redditus musis meis. »… « J’ai prié Mr. l’Abbé Bignon de vouloir me faire le plaisir de m’envoyer des copies bien dessinées des médailles arméniennes, qui sont dans les cabinets de Ste Geneviève, et de Mr. de Lamoignon. Je lui dis, que c’est pour un de mes amis, qui est bien versé dans cette langue, et qui a dessein de faire l’Histoire des rois d’Arménie. Je ne vous nomme pas, de peur que cela ne nuisit à mon dessein, et j’espère que nous en viendrons à bout par l’entremise de cet illustre conseiller du roi » ; sur une statue publiée par Beger : « Je crois, que feu Mr. Begerus dans un de ces ouvrages a publié la statue, qui est dans la bibliothèque du roi, et dont les cuisses sont couvertes de lettres. Ce que vous dites à l’occasion de la médaille de Mr. Seidel, de l’ancien alphabet des Mendaïtes, m’est tout nouveau ; je n’en ai jamais entendu parler, et je vous en ai mille obligations » (Cuper 1743, XII, p. 39-40).
-Lettre du 7 septembre 1709 (d’Oxen) : «Je puis vous assurer qu’on lit sur la médaille, publiée par Mr. Reland, VICTORIA CONSTANTINI AVG. ; car je l’ai eue en mais, et meis oculis vidi. Mr. Galland, si je ne me trompe, m’en a parlé aussi dans une de ses lettres, et je vous communiquerai son explication quand je serai rendu à ma bibliothèque. Est-ce qu’il ne se pourrait pas que lesrois d’Arménie aient imité ceux de Constantinople, qui se disaient ? car votre explication de la syllabe ou mot SIZ, me plaît beaucoup » ; « Le grec qui entre dans ladite lettre est fort mal copié, et l’on est convaincu par là, que Mr. d’Oelven ne s’y entend pas. J’approuve les considérations, qui y sont couchées, et elles servent, si je ne me trompe, à extirper des explications des médailles, qui sont si bizarres, et tout-à-fait mal fondées. Voilà, Monsieur, tout ce que je puis vous dire sur vos deux belles lettres ; je les lirai de nouveau à Deventer, et si j’ai oublié quelque chose, je vous en parlerai dans une autre lettre. J’espère d’avoir bientôt vos considérations sur la médaille, où il y a quatre caractères inconnus, que je vous ai envoyée dans une de mes lettre » (Cuper 1743, XIII, p. 42). +
-Lettre du 1 novembre 1709 (de Deventer) : « J’ai envoyé le dessin de vos médailles arabes à Mrs. Reland et Rhenferd, et le premier me mande ce qui suit : ‘Nummus lit. A. notatus praefert eandem fere inscriptionem, quam nummus ille Constantini a me vulgatus Tab. 7. In Lib. De nummis Hebraeis et explicitus pag. 168. Principis ex eadem familia Artocidarum. Ipsius Artoci nomen eodem loco (sc. Ad sinistram in linea transversa) legitur quo in nostro nummo : quod si linea ad dextram, quae continet nomen ipsius aeque clare exstaret ac aliae quae titulo ejus complectuntur, tota inscription pateret. Optime feceris si Cl. Gallando hoc ectypummiseris ; non dubito, qui nille nos docere possit, quis nepos Artoci et quo nomine fuerit, qui hunc nummum cudit ; nam ego non novi, nisi Arselanum, velu ti alii volunt, Sokmanum. Sed aliud nomen in hoc nimmo est, pars aversa mihi videtur caput Antiochi repraesentare. Certe, si quid judico, non est a manu arabica, quare eandem de hoc nummo snetentiam fero, quam de nummo arabico Constantini, estque circa eadem tempora cusus, uterque a principe qui nepos erat Artoci. Quod si iterum typis describatur liber meus de nummis, mentionemhujus nummi faciam. Nummus B. complectictur nomen et titulos principis cujusdam eodem fere ordine, quo nummus A. sed non satis clare extant characteres. Nummus C. possidetur quoque a Wildio, qui si conferretur cum hoc, fortasse explicari unus per alterum posset. Nummum D. esse ab Hottingero editum, verum est ; nec hic satis conspicui sunt characteres. Nummum V. maxime admiror : est tamen persicus, non dubito. Caput thiara reflexa rectum, et formafaciei idmihi persuadent. Diu est, quod elegantiorem nummum non vidi ; an forte characteres persici in ambitu nummi leguntur ? Ita videtur. Certe ego multum tibi debeo, quod me conspectu harum rerum beare volueris, et Cl. La Croze meo nomine gratias agi desidero, cui ex tuis nummorum ectypis fi 25. Miseris, facies mihi rem pergatam’. Vous voyez, Monsieur, le plaisir, que lui ont donné vos médailles, et combien il vous en est obligé ; je vous envoie quelques copies de la médaille de Mr. Seidel, et de la mienne, que Mr. Reland a fait graver à Amsterdam. J’entretiendrai aussi bientôt Mr. Galland, sur la médaille marquée de la lettre A. et je lui ferai tenir aussi les autres, si vous voulez me faire le plaisir d’envoyer de chacune deux copies, pour en retenir une pour moir » ; « Je n’ai pas encore reçu les copies des médailles arméniennes de Paris ; j’en attribue la cause à la maladie de Mr. l’Abbé Bignon, dont Mr Galland me parle dans sa dernière lettre, qui est bien longue, mais pleine d’érudition et de curiosités « ; « Je vous suis obligé pour la manière de tirer les médailles sur le papier, et je verrai quand j’aurai quelque temps, si j’en pourrais venir à bout. Je n’ai pas pris garde à la cire dont votre lettre était fermée, et l’enveloppe était brûlée avant que je l’eusse lue ; j’y prendrai garde une autre fois » ; « Le jésuite Pedruzzi a publié les médaillons du duc de Parme ; il y en a des grecs, qui ne se trouvent pas ailleurs, et qui par conséquent sont bien singuliers ; j’espère qu’il me les fera tenir de la part du duc, comme ilm’a envoyé les médailles de son altesse d’or et d’argent des empereurs romains en quatre volumes in folio. Mr. Galland nous donnera les médaillons de Mr. l’Abbé de Camps, dont quelques-uns ont été publiés et illustrés par feu Mr. Vaillant, dont il relevera beaucoup de bévues, comme j’ai vu par quelques échantillons qu’il m’a communiqué. Mr. Vignoli m’a fait tenir sa dissertation De denariis pontificum rom. Dont le premier est de Hadrien, qui a été fait pape l’an de notre salut 772. Il tâche de réfuter la dissertation de Mr. Le Blanc, sur quelques monnaies de Charlemagne, pour détruire la souveraineté des empereurs de Rome. Je confesse avec lui, que ce ne sont pas des médailles ou de la monnaie des empereurs, mais des papes, et que Mr. le Blanc s’est mépris en cela, et en l’explication de diverses médailles particulières. Je suis au fond et pour le général du sentiment de ce dernier, et je tâche de le prouver par diverses médailles de celles mêmes, que Mr. Vignoli nous donne, dans la lettre que je lui ai envoyée. Je ne crois pas que cela plaise à ceux de Rome, ni sans doute au pape même, qui sans cela me fait l’honneur de m’estimer, et aime à lire les lettres, que j’écris aux savants de Rome et d’Italie, qui selon ses ordres les lui envoient ; il en fait même quelquefois des extraits de sa main, comme mes amis de Rome me le mandent. Voilà, Monsieur, un très grand honneur ; mais la vérité passe auprès de moi toujours devant, et la puissance des empereurs romains, des Grecs, des Allemands et des rois goths et lombards est si bien établie par une très grande quantité de passages des auteurs anciens, qu’il n’est pas besoin de se servir des médailles, pour prouver un fait de notoriété publique » (Cuper 1743, XIV, p. 43-47).
-Lettre du 31 décembre 1709 (de Swol) : « Je ferai tenir à Mr. Galland les copies des médailles arabes, dont vous m’avez fait part : je m’imagine que ce savant professeur contribuera beaucoup à l’explication de ces mystères, comme vous pouvez voir par une de ses lettres, que je vous prie de vouloir renvoyer. Vous verrez aussi par le billet qui y est joint, ce qu’en juge Mr. le professeur Reland, à qui je l’ai envoyée, selon le désir de Mr. Galland, comme vous verrez par sa lettre. J’abandonne l’explication de la médaille tyrienne, et je ne sais pas si sa pagaye, pour parler avec les colonies françaises d’Amérique, y est représentée avec le gouvernail. Je vous suis néanmoins très obligé des informations que vous m’en donnez et un ou deux passages des autres auteurs nous en doivent éclaircir, si peut-être on les pouvait rencontrer. J’ai envoyé des copies de la médaille de Mr. Seidel et de la mienne à Mr. Cristin, vicomte de Veurne et de Duisbourg, conseiller en la cour souveraine de Brabant; il les a communiquées à quelques personnes curieuses ; et le Père Vitri, jésuite à Cambrai, croit qu’elles sont toutes deux maures, ou frappées dans la Maurétanie ; il allègue pour raison, que le même revers presque se rencontre sur des médailles, qui sont frappées en l’honneur d’Hadrien et de Commode, et que les caractères de l’autre côté sont assez semblables à une autre, du roi Juba, qu’il a vue, et qu’il a perdue il y a deux ans. Cette remarque peut être vraie ; mais je ne vois aucun fondement à pouvoir soutenir, que la même soit aussi frappée dans le même pays ; et les lettres de ces deux médailles ne se ressemblent en aucune manière, au moins à ce que l’autopsie m’en apprend. Votre raisonnement sur la médaille marquée de la lettre B est fort juste ; mais quoique la tête surmontée de deux anges soit assez bien gravée, il me semble ourtant, qu’elle n’est pas si bien faite, que la tête que Mr. Reland croit être une des Séleucides et qu’elle ne sent pas son grec ou son latin, mais absolument son arabe ; et je ne doute nullement, que cette pièce ne doive être attribuée à cette dernière nation. J’ai très exactement considéré l’empreinte de la cornaline, et j’y vois les mêmes lettres que sur la médaille persane ; j’en envoierai un exemplaire à Mr. Galland, cet habile antiquaire pourrait peut-être les déchiffrer ; pour moi je confesse mon ignorance ; mais je crois néanmoins, que cette pièce pourrait avoir été un sceau du prince même, dont on y voit la tête, ou de Cyrus, dont la tête était gravée sur les sceaux des rois de Perse, comme il est constant par le scholiaste de Thucydide ; et je ne manquerai pas d’en parleer dans la dissertation, que j’ai ébauchée sur cette matière » ; « J’espère de recevoir bientôt les copies des médailles arméniennes, qui sont dans le cabinet de Ste-Geneviève, et dans celui de Mr. De Lamoignon. Mr. l’Abbé Bignon s’y emploiera, mais il craint, que la mort de Mr. de Lamoignon n’y apporte quelque retardement. Il fera pourtant auprès des héritiers de cet illustre magistrat, ses cousins, tou ce qu’il pourra pour les avoir » ; « Il (nb : le consul de Grande-Bretagne qui est à Smyrne) y a joint un catalogue de médailles, où je trouve les noms de quelques villes qui me sont inconnues ; et j’attends tous les jours les médailles mêmes, qui viennent aussi du Levant, pour les examiner ; et j’espère d’y trouver quelques particularités, que nous ne connaissons pas encore » (Cuper 1743, XV, p. 48-50).
-Lettre de février 1710 ( ?) : « Je vous remercie pour les empreintes d’une médaille arabe, qui est assez singulière, et ce que vous dites à cette occasion du croissant des Turcs est fort juste, et me plaît beaucoup. J’ai envoyé une de ces copies, comme aussi celles des autres médailles arabes, à Mr. Heyman, il y a quelques semaines, et je crains fort, qu’il ne se porte pas bien, à cause qu’il ne m’a pas encore répondu. Il y a longtemps que je le connais, et il m’a écrit pendant ses voyages des lettres assez singulières ; et j’espère qu’il développera les mystères qui s’y rencontrent. Il est fort remarquable que les califes n’aient jamais mis des têtes sur leurs monnaies et que ce soient des princes turcs de l’Asie, qui en aient usé ainsi. J’ai quelques médailles arabes qui sont assez singulières, et l’une est remarquable par diverses figures d’hommes, dont je joindrai la description à cette lettre » ; « Ledit Mr. Bignon me mande ce qui s’ensuit : ‘Les Pères de Ste-Geneviève répondent mal à notre attente : ils n’ont point de médailles arméniennes, non plus que Messieurs de Lamoignon, spes nostra decolavit ; mais il se pourrait faire que ces messieurs les prennent pour des médailles arabes, et si vous me pouviez fournir quelques particularités, pour les connaître, je ne manquerai pas d’en donner avis à cet illustre personnage » ; « Il me semble que quelques savants m’ont envoyé des explications de la médaille que j’ai insérée dans mes notes sur Lactance ; je les chercherai et ne manqueria pas de vous faire tenir tout ce que j’en ai » ; « Voici, enfin, Monsieur, la description des cinq médailles arabes de bronze aussi nette, qu’il m’a été possible de la faire : la première est d’un côté remplie d’une inscription arabe dans un cercle, et il y en a à l’entour une autre, comprise en une ligne ; il y a de l’autre côté quatre personnes, une assise à bras croisés et baissant la tête, trois debout, deux par derrière de celui qui est assis et l’autre au devant, qui hausse une main, et met l’autre sur la tête nue de celui qui est assis. La 2. Est pareillement remplie d’une inscription, et de l’autre côté il y a deux poissons, ungrand et l’autre plus petit ; ce pourraient être des dauphins. La 3e. représente un prince à cheval, qui court à toute bride, il a des étriers et un bâton ou sceptre dans la main droite, un bonnet sur la tête, dont sort une pointe ; il y a, outre cela, trois étoiles, l’une devant sa tête, l’autre derrière son dos, et la troisième au-dessous du cheval. L’inscription arabe est de l’autre côté. La 4. A une fleur à trois tiges ; et sur l’autre côté une isncription aussi arabe. La 5. Une tête couronnée d’un diadème ; jurares vultum esse alicujus est Constantini ; il y a de l’arabe à l’entour, dont est rempli aussi le revers. La 1., la 2. et la 4. Sont assez épaisses ; mais les deux autres sont bien minces » (Cuper 1743, XIX, p. 61-2, 64-66).
-Lettre du 28 juin-1 juillet 1710 (d’Oxen et de Deventer) : p. 66 : « Quand je fus de retour chez moi j’examinai l’empreinte de la médaille grecque, et je consultai la page 56 de la nouvelle édition des œuvres du Père Hardouin, que vous avez alléguée. J’en apprends qu’il l’attribue à la ville de Béotie, dont le nom est ERVTHRAE, comme il paraît par Pline, allégué par ce savant jésuite, par Thucydide, et par Pausanias. Il juge que l’oiseau qui s’y voit est une perdix, à cause que Pline remarque, perdices non transvolare Boetiae fines in Atticam ; mais je jurerais que c’est un hibou, ou noctua. Le Père Hardouin se trompe quand il avance que la Clava est Herculis, Pharetra liberi symbolum ; car ils appartiennent tous deux à Hercule, et je n’ai jamais lu qu’aucun ancien ait attribué à Bacchus un carquois et par conséquent un arc, et je suis bien assuré que ces deux insignia, quand ils se voient sur les médailles, par exemple, des Macédoniens, et d’autres peuples, doivent être rapportés à Hercule. Le nom du magistrat sur cette belle médaille d’argent est , au lieu de Phantemis, si je ne me trompe ; sur celle du Père Hardouin le nom du magistrat est ; sur une autre publiée par Mr. Patin à la page 11 de ses empereurs , mais l’oiseau ne s’y voit pas » ; p. 70 : « J’ai mandé à Mr. l’Abbé Bignon les informations que vous me donnez touchant les médailles arméniennes, et je ne doute point qu’il n’emploie Mr. Galland pour les découvrir » ; p. 73-4 : « En voulant finir cette longue lettre, je me souviens qu’en la commençant, j’avais dessein de vous prier de vouloir m’envoyer des nouvelles copies des médailles arabes, que vous m’avez fait l’honneur de me faire tenir auparavant, tirées sur le papier, ou sur des cartes à jouer. Je les avais envoyées à Mr. Galland au commencement de cette année pour en avoir son sentiment. Mais le malheur a voulu que cette lettre, avec trois autres adressées à Mr. Bignon, au Père Montfaucon, et à l’Abbé de Vallemont, se soit perdue ; et je désire fort de les mettre entre les mains de ce savant professeur en arabe, ce qui ne se peut faire, sans que vous m’envoyiez, Monsieur, de nouvelles copies, dont je vous serai très obligé. Mr. le comte de Flodrof s’en chargera bien » (Cuper 1743, XX, p. 66, 70, 73-4).
-Lettre du 19 nov. 1710 (de Deventer) : « l’on souhaite avec empressement à Paris de voir les copies des médailles arabes, dont les premières se sont perdues » (Cuper 1743, XXII, p. 77). +
-Lettre du 6 décembre 1710 (d’Oxen) : « Je ferai tenir les empreintes des médailles arabes à Mr. Galland, qui les désire passionnément, et j’espère qu’il nous découvrira les mystères qui y sont compris » (Cuper 1743, XXIII, p. 79). +
-Lettre du 8 décembre 1710 (de Deventer) : « Mais Mr. le Baron de Spanheim est mort, et la république des lettres a perdu en lui un grand lustre, et un grand appui. Il aurait pu vous y être utile, si le service du roi son maître ne l’en avait empêché. Car, Monsieur, vous faîtes honneur aux savants de Berlin et du Nord, et votre réputation est si bien établie partout, que sa majesté ne vous permettrait pas de vous retirer » ; « Je vois par le billet de Mr. le Baron de Spanheim, qu’il se moquait de Mr. Oelven, et il avait raison ; donner dans les visions du Père Hardouin, c’est renoncer au bon sens ; et vous me ferez plaisir, si vous m’envoyez l’autre, qui touche celui, qui a écrit deux fois contre vous à feu son Exc. Mr. le Baron de Spanheim. Je n’aime pas de tels Ardeliones, et je juge qu’ils se sont dépouillés de toute civilité et humanité, lorsque sans raison ils disent ou écrivent à la sourdine du mal d’un autre ; même s’il y avait quelque raison, je suis d’avis de n’en mêler pas une autre, mais de dire ouvertement à la personne même, ce qui me fâcherait, et d’en tirer raison en ami » ; p.85 : « P.S. Assurez Mr. Schott de mes services. Est-ce que vous ne me pourriez pas faire avoir par son moyen un index des livres que feu Mr. Beger a publiés, ou qu’on a trouvés anecdotes après sa mort ; j’ai les imprimés pour la plupart. Pardonnez au désordre de cette lettre, en voulant finir ce long entretien, je reçois de Mr. Witzen quelques empreintes des raretés qui se sont trouvées en Sibérie, et je vous en envoie un exemplaire » (Cuper 1743, XXIV, p. 83-85). +