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-Lettre du 31 décembre 1710 (de Deventer) : « Je vous prie de vouloir me dire le contenu de la médaille, dont je vous envoie la copie ; l’on me dit, que ce n’est pas de l’arabe, et qu’on y remarque quelques lettres juives » (Cuper 1743, XXV, p. 86).  +
-Lettre du 27 de l’an 1711 (de Deventer) : p. 89 : « Je crois avec vous que la médaille, dont je vous ai envoyé copie, est gothique, elle en a assurément les marques, et je m’imagine que le graveur a voulu nous donner sur un côté un homme » ; p. 90 : « je ne manquerai pas de dire mon sentiment sur la dissertation de Mr. Schott, où il explique la médaille de Phidon, aussitôt que je l’aurai lue » ; p. 90 : « Je tâcherai de trouver moyen de faire venir ici les médailles arabes, que vous avez fait jeter en cuivre, aussitôt que Mr. le Comte de Flodrof sera arrivé, et je les enverrai copiées à Mr. Galland, à qui je ferai tenir en peu de jours celles qui sont tirées sur des cartes à jouer » (Cuper 1743, XXVI, p. 89-90).  +
-Lettre du 31 mars 1711 (de Deventer) : « J’espère que vous aurez reçu la lettre, que j’ai eu l’honneur de vous écrire il y a justement huit jours. Je vous y ai parlé des médailles de feu Mr. Snabelius, et en voici le catalogue ; les parents m’ont prié de vouloir l’envoyer à Berlin, ce qu’ils auraient fait très volontiers eux-mêmes, s’ils y connaissaient quelqu’un. Je m’adresse donc à vous, et vous fait part de ce trésor, au cas qu’il y ait quelques pièces qui pourraient servir à augmenter le riche cabinet de sa Majesté » (Cuper 1743, XXVII, p. 91).  +
-Lettre du 26 avril 1711 (d’Oxen) : « Il se peut faire que la médaille de Clodius Albinus est contrefaite, et qu’on doit lire sur une autre PROCILIA pour PORCILIA ; mais je n’ose rien décider sans avoir vu ces pièces, quoique le SEMPER AVGVSTVS me le fasse croire. Ne pressez pas Mr. Schott de vouloir ôter ma bévue de son recueil, où il traitera des médailles padouanes. Je l’ai faite étant fort jeune, quand je n’avais presqu’aucune connaissance de cette science, et je voyais que le savant Mr. Saubertus l’adoptait. J’ai même corrigé cette faute aussitôt que l’illustre Mr. de Spanheim eût la bonté de m’en avertir, et je parle ainsi dans mes observations augmentées et retouchées, qui peut-être verront le jour dans quelque temps. ‘Licetque antea ex Iphigeniae ut et alio nummo nonnulla docuerim, ea tamen omnia addere non placet, cum ab illustrissimo viro, antiquitatumque eruditissimo censore, ex Spanheimo, cui facile fidem habeo, literis humanissimis edoctus sim, hosce nummos supposititios, esse, non secus ac alios, qui Didonis, Helenae, Priami, Agamemnonis, Menelai ac similum heroum nomina, vultus aut facta quaedam singularia praeserunt’. J’en laisse Mr. Scott le maître, et il m’est presque indifférent s’il ôte ou s’il laisse sa miniatura cera ; mais j’espère qu’il sera assez obligeant pour y vouloir ajouter la dite rétractation, si ce n’est pas à ma considération, au moins à celle de feu son Excellence Mr. Le baron de Spanheim, et s’il ne trouve pas cela bon, il peut en user à son plaisir, et je ne laisserai pas d’estimer son application à l’étude numismatique, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi. Votre conjecture de trois triumvirs ne me déplaît pas, et elle serait tout-à-fait probable si la tête de Lepidus s’y voyait aussi ; mais cette omission m’en fait douter, et je puis dire que cette médaille est remarquable parce que le nom d’Antonius ne s’y trouve pas, quoique sa tête y soit. Si j’étais à Deventer, je feuilleterais mes livres de médailles pour apprendre s’il n’y en aurait point de semblables ; mais pour cette heure, je vous prie de vouloir être content hoc Catone » (Cuper 1743, XXVIII, p. 92-93).  
-Lettre du 25 mai 1711 (d’Oxen) : p.96 : « Les quatre médailles arabes sont entre mes mains, et j’en ai envoyé une à Mr. Reland » ; p. 98 : « Je vous envoie enfin les explications de Mr. Galland de vos médailles arabes » (voir lettre de Galland à Cuper) ;p. 101 : « Vous voyez, Monsieur, que Mr. Galland a expliqué bien au long vos médailles, l’ignorance de la langue arabe me met hors d’état d’en pouvoir juger ; quid praestiterit, tuum eris judicium, tua existimatis. Je vous prie de vouloir me faire tenir les empreintes qu’il désire, à savoir le revers de la médaille marquée de la lettre C où il y a deux bustes, et celle d’une autre, où il y a un prince assis, à la mode du Levant ; et si vous y vouliez ajouter des copies pour moi de ces deux médailles entières, vous me feriez un grand plaisir » (Cuper 1743, XXIX, p. 96-101).  +
-Lettre du 24 août 1711 (d’Oxen) : « Monsieur Galland se trompe assurément, mais sa dernière lettre m’apprend que le même sentiment lui reste. Vous dites bien, Monsieur, qu’on devrait en Hollande réimprimer les Mémoires de Trévoux, et je ne puis comprendre, pourquoi on les a discontinués. Il y a assurément de beaux extraits et de savantes remarques, quoique je n’approuve point tout ce qu’on y avance, et si j’en avais le temps, j’y pourrais fournir de bonnes considérations, comme je les ai envoyées sur une dissertation de Decursionibus à Mr. l’Abbé Bignon, où il n’y avait presque rien de bon, et où l’on expliquait pitoyablement des médailles de Néron, comme étant l’étude à la mode, mais non cuivis datur adire Corinthum. J’ai fait depuis peu quelques découvertes, à l’occasion de l’Histoire des trois Gordiens, et j’espère que Mr. Galland, ou un autre médailliste m’ôtera l’embarras, où quelques médailles du dernier de ces princes m’ont jetté. Il est appellé sur un côté Augustus, et par conséquent Maxime et Balbin étaient morts et lui régnait tout seul ; on voit de l’autre LIBERALITAS, et cependant il y a trois personnes assises sur le tribunal. Il en résulte cette question, si l’impératrice, et le préfet du prétoire ont tenu rang et place avec l’empereur, ou si l’on y a mis un vieux coin de Balbin et de Maxime, ou deux empereurs et le jeune César sont aussi assis. Les prières des païens pour les morts ne sont que des visions, et je réfuterai bientôt ce que Mr. Morin en dit. Je vous laisse le maître des copies des médailles que Mr. Galland désire, et je crois qu’il lui sera indifférent de les avoir en cuivre ou en papier » (Cuper 1743, XXX, p. 102-103).  +
-Lettre du 1 mai 1712 (de Deventer) : « L’on m’a envoyé de Smyrne un catalogue de médailles d’or, d’argent et de bronze, qui sont certainement excellentes, et dont la plupart méritent des réflexions sérieuses ; on y ajoint des inscriptions anecdotes la plupart grecques et une latine, qui est bien extraordinaire ; elle se voit à Stratonice en Carie sur le frontispice d’une maison, et contient le prix des denrées, qui s’y vendaient sans doute, d’où je conclus que ç’a été un macellum, où se tenaient les cupedinarii, cetarii, lanii, fartores, piscatores, selon Térence et Aucpes, que j’ose ajouter selon un Ms., et qui doivent avoir lieu dans cette maison, puisqu’on y taxe un U (c’est lécriture de cette inscription) fasianus pastus DUCENII qUINqUAGINTA, id est, à ce que je crois, sestertiis, ou denariis, quoique selon la dernière explication un faisan bien nourri aurait été à grand marché, ou aurait coûté 75 florenis Batavis. L’on y parle aussi du prix du miel, de la viande, des oies, des cailles, du vin, de l’huile et d’autres choses, et même des tailleurs, et de ce qu’ils pouvaient gagner en faisant des habits. Vous voyez sans doute par là, Monsieur, que c’est une pièce curieuse, et si cette marque est un denarius, je suis persuadé qu’il n’y a pas aujourd’hui une ville au monde où les denrées soient si chères » (Cuper 1743, XXXII, p. 109).  +
-Lettre du 19 juillet 1712 (de Deventer) : « Entre les médailles que j’ai reçues depuis peu de Venise, il y en a d’assez singulières ; vous savez que l’illustre Mr. Beger a publié dans ses Thesaur. Palatinus & Brandeburgicus, deux médailles de la ville de Tarsis, dont un côté nous représente un homme debout sur un animal à deux cornes ; entre les miennes il en a une petite de bronze, où l’on voit d’une part la tête d’une femme, au dessus d’une étoile, , de l’autre un homme habillé debout sur l’animal, tout de même comme sur celles dont je viens de parler, &C. Mr. Beger en raisonne assez bien, mais pourtant je souhaite d’en avoir encore une autre explication. Le livre du Père Banduri se met en vente, à ce que le Père Montfaucon me mande, et il ajoute que le premier m’écrira bientôt » (Cuper 1743, XXXIII, p. 112).  +
-Lettre du 28 déc. 1712 (de Deventer) : « J’espère que Mr. Schott sera remis entièrement, et que vous pourrez consulter la médaille de la ville de Tarse, et je suis très content que mes nouvelles littéraires ne nous déplaisent pas » (Cuper 1743, XXXIV, p. 116).  +
-Lettre non datée : p. 120-1 : « Je vous rends mille graces pour la copie d’une médaille d’or que vous jugez être un darique ; le revers appuie votre conjecture, et si le poids y répondait la voilà confirmée absolument. Le daricus d’or vaut vingt schellings, denarios ou drachmes d’argent, comme nous l’apprend entre autres Gronovius Liv. III Chap. 7 de pecunia veterum, et je vous prie de vouloir examiner cette particulairté. La grandeur de la médaille, dont nous parlons n’y répond point du tout, et je soupçonne que c’est au moins un double ou quadruple daricus, dont je désire d’avoir des informations. J’en donnerai communication à Mess. Rhenferd et Reland, et ce serait une découverte extraordinaire, s’ils nous en pouvaient apprendre le sens. Vous aurez appris par ma dernière, ce que j’ai envoyé au premier, et ce que j’ai vu à Amsterdam ; vous confesserez avec moi, que ce sont des raretés excellentes, et qu’on en aurait eu de l’Orient une plus grande quantité, si les barbares n’avaient pas ruiné tout, et si les voyageurs avaient été aussi savants et aussi curieux que ceux que nous avons eu le siècle passé, et qui se trouvent encore dans celui où nous sommes. La médaille publiée par feu Mr. Morel est arabe, comme vous le savez, et s’il y a entre ces lettres quelque conformité, ce serait une marque qu’elles ont été longtemps en usage dans l’Orient. Il y a des lettres persannes sur quelques cachets ou pierres gravées dans les livres des curieux qui nous les donnent, comme aussi dans l’Utilité des voyages de Mr. Baudelot, dont je fais mention dans une dissertation anecdote des sceaux des empereurs romains, et d’autres anciens rois, dont j’envoierai bientôt copie à l’illustre Mr. Bignon, qui me l’a demandée « ; p. 122 : « L’on dispute en Italie sur la première année de l’empire d’Héliogabale, et de Sévère Alexandre. Trois de mes amis sont aux mains. Mr. l’évêque d’Adria, Mr. Vignoli, qui est fait garde de la bibliothèque vaticane, et Valsechi, moine bénédictin. Ils m’ont fait présent de leurs dissertations, qui sont enrichies de médailles et promettent beaucoup ; jen’ai pas eu encore le loisir de les examiner ; et quoique tous les trois désirent de savoir mon sentiment, je ne suis pas beaucoup porté à être juge de ces triumvirs » (Cuper 1743, XXXV, p. 120-122).  
-Lettre du 20 février 1713 (de Deventer) : « Vous avez raison, Monsieur, de dire, que la matière des monogrammes est difficile, et qu’ils auraient pu être, comme ceux qu’on observe sur les médailles de Tyr, de Pergame, et de quelques autres villes ; et c’est aussi pour cela, que je nuntium remitto huic materiae, à moins que je trouvasse par hasard quelque autre éclaircissement » (Cuper 1743, XXXVI, p. 124).  +
-Lettre non datée : « J’ai prié Mr. le Comte de Flodrof de vouloir vous donner la permission d’enfermer dans un des paquets qui lui sont envoyés de temps en temps par le Grand Maréchal son père, les empreintes des médailles arabes, que vous souhaitez que je fasse tenir à Mr. Galland, et j’espère que vous trouverez la permission à la fin de cette lettre ; car je l’ai envoyée ouverte à Son Excellence, parce qu’elle se plaît à lire de telles curiosités, et qu’elle aime les histoires et la belle, mais point chagrine, littérature. Le cabinet des médailles de feu Mr. Snabelius sera vendu le 23 d’avril à Leyde. Il y en a de très rares et très belles ; comme cela se vendra par parties, je ne doute presque pas que le roi ne fasse acheter celles qui manquent à son cabinet ; dont Mr. Eggelingius, secrétaire de la ville de Brême m’a envoyé le catalogue, lorsque ce cabinet y était encore ; mais on le voulait alors vendre tout entier ; le catalogue aura été sans doute envoyé à Berlin » ; description d’une pièce avec la tête d’Auguste d’un côté et celle de Marc Antoine de l’autre ; d’une autre de Pescennius Niger ; d’une autre encore de Severus Septimius ; d’une de Clodius Albinus ; « Je ne parlerai pas des médailles des premiers empereurs qui ont été restituées par d’autres, ni de celles où se lit l’accusatif ; car quoi qu’elles soient comptées parmi les rares, je ne doute pourtant pas qu’elles ne se trouvent dans le riche cabinet de sa majesté ; permettez-moi néanmoins d’ajouter qu’il y a des médailles bien rares des familles romaines, et qui ne se trouvent pas dans Ursin, Patin ou Vaillant, pour ne pas direque ce catalogue nous apprend qu’il y a eu une famille MAIANIA, dont les savants antiquaires, chez qui on voit la même pièce, font Moenia ou Mainia, et dans les inscriptions de Gruter se trouvent L. Majanius Homerus, Majana Homeris, et Majanus Bellici F ? Trois des médailles qui sont publiées appartiennent selon toutes les apparences à la famille Moenia, et non à la famille Moecilia, comme il se lit dans le catalogue de feu Mr. Snabelius. La famille PORCILIA ne se trouve pas entre les médailles publiées et peut-être d’autres ; ce qu’on peut voir facilement. » (Cuper 1743, XXXVIII, p. 130-131).  
-Lettre du 24 mai 1713 (de Deventer) : « Vous savez qu’il y a une dispute entre lui (nb : Galland) et Mr. Schott à l’égard d’une explication d’une médaille d’Auguste ; il a dessein de défendre son sentiment, et il m’envoie une empreinte tirée sur l’original, qu’il me prie de vouloir envoyer à Mr. Schott, espérant que par la vue il approuvera ce qu’il en a dit. Vous savez à cette heure que Mr. Schott semble n’être pas trop content de moi, et quoique son équité me persuade qu’après mes informations il sera revenu de son erreur, néanmoins j’ai jugé faire mieux de lui faire savoir par vous ce que Mr. Galland souhaite qu’il sût ; voici donc ce qu’il me mande » (voir lettre de Galland à Cuper) ; p. 136 : « Je vous prie, Monsieur, de vouloir communiquer tout cela à Mr. Schott, et de m’excuser auprès de cet habile antiquaire, si je ne le lui envoie pas à lui-même, en l’assurant que je l’aurais fait très volontiers, si ce que vous savez n’était pas arrivé entre nous, et si je n’étais assuré de mon innocence. La médaille de Néron est assurément belle ; le Père Hardouin en parle à la page 346 de sa première édition des Nummi antiqui, mais outre le capricornus & copiae cornu que Mr. Patin y a trouvé, il s’y voit un thyrse mis sur une base, ou autel, avec je ne sais quelle autre chose. De plus il y a au-dessous du capricorne un globe ou le monde, et sur l’autel , d’où on peut conclure que ceux de Nicée ont célébré des jeux en l’honneur de l’empereur Néron. J’ai reçu depuis peu de semaines une lettre de Mr. le consul de la Grande-Bretagne à Smyrne, où il y a une liste de médailles fort rares, dont plusieurs sont anecdotes « (Cuper 1743, XLI, p. 135-136).  +
-Lettre du 29 mai 1713 (de Deventer) : « Mr. Schott me fera beaucoup de plaisir en m’envoyant quelques exemplaires de son explication de la médaille d’Auguste ; j’espère que vous lui avez communiqué à cette heure, ce que j’ai eu l’honneur devous écrire le sixième de ce mois de la part de Mr. Galland ; Mr. le Comte de Flodrof vous fera tenir la lettre. Je vous suis obligé de m’avoir envoyé la vraie légende de la médaille de la ville de Tarsis, et je suis avec cela bien aise que Mr. Schott soit de mon sentiment ; faites lui mes très humbles compliments » (Cuper 1743, XLII, p. 138).  +
-Lettre du 9 août 1713 (de Swol) : « Vous faites bien, Monsieur, de ne parler pas à Mr. Schott de ce que Mr. Galland m’a écrit touchant ses Ducenaires ; j’ai depuis reçu de Paris la réfutation du sentiment de Mr. Schott ; et puisque Mr. Gallant y témoigne de nouveau que les deux C. C. se distinguent par un point, il n’y a pas d’autre voie à suivre, que son explication Caji Caesaris. Je m’étonne qu’il vous ait dit vestigia manebant, c’est presque, sans comparaison, ce que faisait un empereur de Rome, quand il ajoutait à la grâce donnée liturae maneant. Je me soucie fort peu de ce qu’un magistrat a dit que Mr. Schott m’avait lavé la tête, et je suis entièrement persuadé que si Mr. Schott était informé de notre petite querelle, et s’il me connaissait, il en parlerait tout autrement. Ce sont assurément des pauvretés, et j’applique à ces messieurs le Miserere » (Cuper 1743, XLIII, p. 139-140).  +
-Lettre du 22 nov. 1713 (de Deventer) : « Je n’ai pas encore vu les considérations de Mr. Schott sur l’Apothéose d’Homère, mais bien une lettre écrite à Mr. Des Vignoles, où il se défend contre les extraits de sa dissertation sur une médaille d’Auguste, où il croit avoir trouvé les Judices ducenarios ; elle est insérée dans le IV. Tome de l’Histoire critique » (Cuper 1743, XLIV, p. 143).  +
Lettre du 10 avril 1714 (de Deventer) : p. 148 : « A propos de Mr. Seidel, dont vous m’avez parlé, l’on vient de m’apporter les Electa rei nummariae sive selectae dissertationes, qu’on a traduite en langue latine, et dont on a pris quelques-unes qui sont courtes, des Mémoires de Trévoux ; j’y en trouve entre autres une de Mr. Seidel sur une médaille d’or de Vetranio, et j’en apprends qu’il est savant effectivement, et que c’est grand dommage pour la république des lettres, quod sibi fere vixerit. J’y ai rencontré aussi une autre dissertation de Mr. de Leibniz, où cet illustre soutien de la République des Lettres explique quelques médailles de Gratien, et laquelle j’avais désiré longtemps « ; p. 149-150 : « L’on m’a envoyé de Suisse la feuille ci-jointe où vous verrez une trentaine de médailles, qu’on appelle samaritaines ; elles sont publiées par Mr. Ost, qui s’y connaît très bien. Vous aurez vu sans doute ce que le Père Simon ou un autre savant juge de ces lettres dans le second tome de la Bibliothèque Critique imprimée à Paris, et je vous prie de m’en vouloir dire votre sentiment. Un autre savant m’a mandé que ceux-là se trompent qui appellent ces médailles samaritaines, et qu’il a un tout autre sentiment des lettres, à qui l’on donne le même nom ; voilà que l’on va tailler de la besogne aux gens qui s’entendent aux langues orientales. Je ne sais si Mr. Seidel dans ladite dissertation parle de la médaille dont vous m’avez envoyé copie : item alterius nummi vetustissimi quadrati ex electro, literis sive Punicis sive Palmyrenis, quempro singulari ac unioc mepossidere haud fortasse vanè jactarem, si jactare meum esset. Je ne suis pas de son opinion sur l’explication de la légende de la médaille de Vetranio, et je juge que SALVATOR REIP. Y est ce tyran, ou empereur, si vous le voulez, et non pas N.S. J. dont on voit le monogramme dans le labarum, que tient Vetranio. Il parle d’une médaille de Faustine, où il y a aedificium cameratum ; j’en ai une aussi, mais je crains fort qu’elle ne soit contrefaite ou fausse, comme le sont presque toutes les médailles latines où il y a de grands bâtiments, au temps des empereurs » ; p. 151 : « Si la main de Dieu est sur le roi et sur la France, comme nous le croyons et comme l’expérience nous l’apprend, il doit s’ensuivre que des choses doivent s’être passées dans ce grand et florissant royaume, il y a quelques années, qui n’ont pas l’approbation du maître de l’univers » (Cuper 1743 XLV, p. 147-50 ; Sarmant 2003, p. 289, note 87).  
-Lettre du 10 septembre 1714 (de Deventer) : « J’ai reçu depuis peu une liste des plus rares médailles du monde et une ancienne inscription, qui en vaut au moins vingt autres. C’est Mr. le consul de la Grande-Bretagne à Smyrne, qui m’honore de ce présent, où il y a même des villes dont nous ne connaissons pas le nom. Il y aussi une médaille où on lit le nom d’Homère, j’en parlerai dans mes Remarques sur l’explication de Mr. Schott, et j’y prouverai par d’autres, que ce poète se voit quelquefois demi-nu sur ces monuments anciens » (Cuper 1743 XLVIII, p. 160-161).  +
-Lettre du 13 décembre 1714 (de Deventer) : « Permettez-moi de vous faire une autre prière, que vous ne me refuserez pas, si vous pouvez consulter le cabinet de sa Majesté ; j’ai remarqué, qu’il y a des médailles d’Antiochus, sur lesquelles se trouve le Pentagenum et le mot , et cela après la victoire remportée sur les Galates. Il n’y a pas un antiquaire qui fasse mention d’une telle médaille ; Pierius pourtant et d’autres témoignent qu’ils les ont vues. Je sais bien que Pierius est un pauvre homme en fait d’antiquités, et je m’étonne que d’autres le suivent aveuglément, et principalement Mr. de la Chaussée ; mais je souhaite d’être informé, si par hasard une telle médaille ou fausse ou légitime se trouve dans ce cabinet ; et peut-être, qu’on en pourrait trouver parmi les Padouanes, que Mr. Schott va publier, et ce savant antiquaire vous en pourra donner des bonnes informations » ; p. 164 : « L’on me mande aussi que le consul d’Angleterre m’envoiera bientôt de belles curiosités, et que le supérieur des Capucins français m’a écrit une lettre, sur trois diverses matières de l’Antiquité, qu’il aime extrêmement les médailles, les inscriptions, les autres monuments anciens et qu’il en fait une belle collection, qu’il se nomme Giesote de Villecotrès, et qu’il est d’une famille noble » (Cuper 1743 XLIX, p. 163-4).  +
-Lettre du lundi de Pâques 1715 (d’Oxen) : p. 165 : « La dispute entre Mr. Galland et Mr. Schott est finie ; car le premier est mort, comme Mr. L’Abbé Bignon me l’a fait savoir ; j’en suis tout-à-fait affligé, et j’y perds un grand et un intime ami, qui m’aimait et m’honorait, et qui répondait très régulièrement à toutes mes difficultés, et les expliquait à merveille. J’ai trois volumes des lettres, que nous nous sommes écrites, j’en fais grand cas, à cause de l’érudition, qui se trouve dans celles qui sont sorties de la plume de ce grand antiquaire. Je suis bien persuadé après les éclaircissements que vous me donnez de la part de Mr. Schott, que les médailles, où l’on trouve selon quelques savants le Pentagenum et le mot , sont toutes imaginaires » ; vol de la collection de monnaies du consul d’Angleterre à Smyrne, M. Gerards, p. 167 : « L’on vient de m’envoyer une nouvelle de Smyrne, qui m’est fort désagréable. J’ai eu l’honneur de vous mander que Mr. le consul de la Grande-Bretagne avait une belle collection de médailles fort rares, ce qui paraît par les listes, qu’il m’en a fait tenir de temps en temps. Ila eu le malheur, qu’un de ses domestiques l’a volé, et lui a pris ses médailles d’or et d’argent, et peut-être aussi celles de bronze. Ce coquin s’est sauvé, et il a fondu toutes les médailles en faisant des masses d’or et d’argent. Mr. Gerards en est malade et comme interdit. En vérité je plains le triste sort de ce curieux et savant consul, dont les raretés assemblées avec tant de peine, tant de dépenses, et dont on pourrait tirer un incroyable profit pour les antiquités, s’en sont allées en fumée, et mises hors de l’usage entièrement. Si on n’a pas conservé des catalogues, je me félicite de les avoir ; et si mon ami le trouve bon, je les pourrai faire imprimer quelque jour, pour apprendre au monde savant quelle grande perte il a fait par le vol d’un infidèle coquin » (Cuper 1743 L, p. 165-8; Burnett 2020b, p. 614 n. 365).  +