Grand document
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G
-Lettre du 1 septembre 1708 (de Deventer) : « Le système du P. Hardouin est entièrement renversé, et ce jésuite, tout savant qu’il est, n’y saurait répondre » ; « Il y a longtemps que je n’ai eu aucune nouvelle de Mr. l’ambassadeur de Spanheim, quoique je lui aie écrit diverses lettres ; j’ai reçu sa dernière en 1706, quand j’étais devant Ath ; depuis ce temps-là il s’est rangé sous les étendards d’Harpocrate. Je le crois fort occupé aux affaires de son sérénissime maître, ou qu’il tâche d’achever le second volume de ses belles et savantes Dissertations ; je crois aussi qu’il commence à penser à la retraite, ayant passé l’âge de quatre-vingt ans. Dieu veuille que la seconde conjecture soit vraie, et j’aurai raison de me consoler de ne point recevoir de réponse de sa part » (Cuper 1743, III, p. 198-199 ; Sarmant 2003, p. 134, note 131). +
-Lettre du 15 septembre 1708 (de Deventer) : « J’ai depuis en lisant et feuilletant les livres, beaucoup augmenté tous ces ouvrages, dont quelques-uns seront plus grands de la moitié. De ce nombre est l’histoire des Gordiens, qui fera un grand volume in 4° parce que j’ai examiné de nouveau avec soin ce que ce savant Mr. de Boze en a dit, et que j’ai dessein d’y joindre tout ce qu’on a écrit pour et contre, entre autres une défense anecdote de Mr. Galland, qui entend si bien la science des médailles ; sans parler de huit ou dix dissertations que j’y ajouterai, et qui servent à illustrer les antiquités de ce temps-là, qui ont rapport à mon histoire, les médailles et les inscriptions qui appartiennent au III. Gordien, et que je juge n’avoir pas été bien expliquées par les savants » (Cuper 1743, V, p. 203). +
-Lettre du 9 octobre 1708 (de Deventer) : « J’ai reçu des lettres de Smyrne, où l’on me promet de m’envoyer par la première occasion quelques inscriptions nouvellement trouvées, et une liste de médailles très rares ; je ne manquerai pas de vous en entretenir aussitôt que je les aurai reçues » (Cuper 1743, VI, p. 207). +
-Lettre du 23 novembre 1708 (de Deventer) : sur le P. Hardouin : « les jésuites donnent permission à de telles extravagances ; l’on ne fait rien dans cette société à l’insu du général et des autres premiers membres » ; « Je suis très content, Monsieur, que vous ayez pris plaisir à connaître les titres des ouvrages que je médite, et dont quelques-uns sont achevés. Je parle des médailles des Athéniens où il y a de petits éléphants, mais je ne sais si elles ont été frappées du temps de la guerre des Perses avant Alexandre le Grand. Si cela est ainsi, je suis persuadé que quelque préfet de la monnaie (car je m’imagine que ces marques sont d’eux) avait vu en Asie ce grand animal ; car les Perses n’en ont pas mené contre les Grecs, et peut-être qu’ils ne s’en sont point servis dans la guerre. L’on voit tout de même l’éléphant en petit sur les médailles de ceux de Naples et de ceux de Tarente ; je suis redevable du dernier point à Mr. Galland, qui m’a fait tenir copie d’une belle et rare médaille, qui sera un grand ornement à mon ouvrage » (Cuper 1743, VII, p. 211-212 ; Sarmant 2003, p. 134, note 130). +
-Lettre du 1 jan. 1709 (de Deventer) : « J’ai eu l’honneur de loger pendant dix jours du mois passé cet illustre Abbé (nb : l’abbé Passionei), et nous nous sommes entretenus avec un très grand plaisir de beaucoup de points de littérature ; il a vu ma petite bibliothèque, mes manuscrits et enfin ma petite collection de médailles, et il y trouvait des choses qui lui plaisaient extrêmement. Je lui ai beaucoup d’obligation de ce qu’il a bien voulu loger chez moi, et j’ai fait tout ce que j’ai pu dans un froid extraordinaire, pour le divertir ; je me loue fort de sa douce et agréable compagnie, de son savoir, et de la communication de diverses particularités, que j’ignorais ; j’ose me flatter qu’il a été et qu’il est encore fort content de moi » (Cuper 1743, VIII, p. 215-6). +
-Lettre du 23 avril 1709 (de Deventer) : « Mr. Reland a publié ses considérations sur les médailles samaritaines, qui lui ont été envoyées de Paris ; je vous prie de lire ce que je mande sur cette matière à Mr. Galland ; et j’y ajoute à cette heure, qu’on m’a envoyé de Suisse, une feuille volante qui contient le typus de 34. Nummorum Samaritanorum avec l’alphabet, par les soins de Mr. Jean-Baptiste Ottius, qui a eu, comme vous le savez, des contestations sur l’explication de quelques-unes avec Mr. Reland, et il y en a d’assez singulières, qui donneront bien de l’occupation, si je ne me trompe, à ceux qui s’y entendent » (Cuper 1743, IX, p. 220). +
-Lettre du 25 juin 1709 (de Deventer) : sur une grande médaille d’or carrée conservée à Berlin avec une inscription dans une langue inconnue, p. 224 : « On m’a envoyé de Berlin copie d’une médaille d’or carrée, où il y a des deux côtés un rond ;dans l’un se voit un homme ou palfrenier tenant un cheval sans selle par la bride, et dans l’autre rond une inscription, dont les lettres me sont aussi tout-à-fait inconnues, quoiqu’elles n’approchent pas de la simplicité des autres Oedipus profecto ab inferis et confiteor libens lubens meam ignorantiam. Mr. de Leibniz, qui a vu en Allemagne quelques-unes des premières lettres, m’a mandé qu’il jugeait que cette simplicité et cette conformité étaient des marques d’une fort ancienne langue ; et l’ami, dont je tiens la copie de la médaille se persuade que c’est un Daricus, et que l’histoire du palfrenier, qui par un artifice éleva Darius son maître sur le trône, y est représentée. J’espère que les savants en langues orientales qui sont à Paris expliqueront au moins la légende de la médaille, et que vous aurez la bonté de me communiquer leurs découvertes, et je vous assure, Monsieur, que je vous en serai toujours fort obligé » ; p. 225 : « L’on m’a envoyé de Suisse la feuille, que voici, où il y a une trentaine de médailles judaïques, ou, comme l’on parle, samaritaines, et je vous en fais part, au cas qu’elle ne se trouve pas à Paris. L’auteur en est Mr. Ottius, qui est très habile en langues orientales » (Cuper 1743, XI, p. 224-5). +
-Lettre du 1 août 1709 (d’Oxen) : « On m’a envoyé depuis peu quelques médailles, dont il y en a cinq ou six d’assez singulières. Vous avez vu, Monsieur, par ma dernière lettre, que l’Orient m’occupait alors presque tout entier ; je ne m’en puis encore défaire, et c’est pour cela que je vous envoie copie d’une médaille de bronze, où il y a quatre caractères qui me semblent être arabes. Je n’y vois goutte, talpa caecior sum, et quoiqu’un des bâtons croisés soit fait en gouvernail ou en massue, je ne détermine pourtant rien, et je laisse aux illustres académiciens l’explication de cette énigme » (Cuper 1743, XII, p. 227). +
-Lettre du 25 août 1709 (d’Oxen) : « Un de mes amis m’a mandé, qu’il a dessein de faire l’histoire des rois qui ont régné dans l’Arménie Mineure, depuis le 12. jusqu’au 14. siècle, qu’il entend passablement la langue arménienne, quoiqu’elle soir une des plus difficiles qui soit au monde, qu’il y a quelques médailles arméniennes dans le cabinet de Sainte-Geneviève, et dans celui du président de Lamoignon, et qu’il s’estimerait très heureux, s’il pouvait en avoir des copies bien dessinées » ; étonnement à propos d’un type de monnaies obsidionales qui présente la tête, non du roi, mais du défenseur de la place : « Vous savez sans doute, Monsieur, qu’on a battu la monnaie dans la ville de Tournai pendant le siège ; celle de bronze me paraît remarquable, parce que l’année est exprimée dans la légende, sans qu’on ait été obligé de se gêner, pour trouver le temps précis, car il y a Moneta In obsIDIonie TornaCensi Cusa, d’où résulte l’an 1709. Mais celle d’argent, qui a valu vingt sols, me semble bien extraordinaire, car on y voit cette légende M DE SVRVILLE, et la tête dece guerrier couronnée de laurier, car je ne crois pas que ce soit le roi, dont la mine est tout autrement majestueuse. Vous savez, Monsieur, que c’était un crime capital sous les empereurs romains, et qu’il l’est encore, de mettre son empreinte sur la monnaie. C’est une grâce sans exemple que sa majesté lui a faite, car je ne pourrais jamais croire que ce général ait fait cela de son chef et sans la permission de son grand maître, quoique cette monnaie soit faite et battue de sa vaisselle d’argent. Je vous prie de me mettre au fait de ceci, car ce serait un point d’histoire de ce temps, assez singulier, et la postérité croira difficilement qu’un roi ait eu tant de complaisance pour un de ses hauts officiers, qui s’est défendu en maître, ou qu’un sujet se soit osé émanciper jusque-là, et usurper une des plus grandes marques de la souveraineté. Pour le Daricus, dont je vous ai envoyé copie, l’on en est revenu, et Mr. Reland juge que la médaille est arabe, et qu’elle ne peut nullement atteindre au temps où Darius a vécu » (Cuper 1743, XIII, p. 229-30).
-Lettre du 1er septembre 1709 (d’Oxen) : à propos d’Hardouin : « Les personnes d’un tel savoir sont oridnairement idolâtres de leurs opinions. Je croirais la chose faisable (de le faire changer d’opinion) si c’étaient des paradoxes détachés, mais ils sont bâtis sur un système, sur un grand fondement, et le nombre en est si grand qu’il est presque impossible que la vérité ou même la vraisemblance y puisse prendre place et les chasser du cerveau d’une personne qui en a été remplie depuis si longtemps » (Cuper 1743, p. 231 ; Sarmant 2003, p. 133, note 120). +
-Lettre du 7 septembre 1709 (d’Oxen) : « Vous ne me dites rien, Monsieur, de la médaille dont j’ai eu l’honneur de vous faire tenir copie ; Mr. Reland juge que les quatre caractères nous donnent le nom de Sidon ; si cela est ainsi, je crois que cette médaille est une des plus rares et des plus singulières puisqu’on n’en a pas vu encore de semblable » (Cuper 1743, XIV, p. 232). +
-Lettre du 12 novembre 1709 (de Deventer) : « Je prends la liberté de vous confier une lettre pour Mr. Galland laquelle vous apprendra diverses particularités, qui touchent la république des lettres ; vous y trouverez des copies des médailles arabes, qui me sont envoyées de Berlin, et dont il y en a une, si elle n’est pas persane ou égyptienne, que j’admire à cause de sa beauté, et des choses extraordinaires qu’elles semblent représenter, quoiqu’elles soient pour moi des énigmes. J’espère que notre savant ami et professeur en arabe fera un Œdipe, et qu’il nous développera les mystères qui y sont contenus. Mr. Reland n’en sait que faire, Mr. Rhenferd ne m’a pas encore répondu, et Mr. Heyman, qui a été voyager pendant plusieurs années et apprendre les langues orientales tant mortes que vivantes, et qui a été fait à ma recommandation professeur en ces langues à Leyde, est malade à Vienne en Autriche. Il doit venir avec le fils de Mr. le consul de Hochepied, chargé d’antiquités, et c’est alors que je m’entretiendrai avec lui sur une médaille si extraordinaire » (Cuper 1743, XV, p. 233). +
-Lettre du 1 janvier 1710 (de Deventer) : « J’espère, Monsieur, que les chanoines de Sainte-Geneviève ne feront pas difficulté de laisser tirer des copies des médailles arméniennes, qui se trouvent dans leur riche trésor. Je suis fort touché de la mort de Mr. de Lamoignon… » ; p.234 :« Vous m’obligerez infiniment, Monsieur, de faire en sorte que les fils de cet illustre personnagene fassent pas difficulté de donner des copies des médailles dont il s’agit » ; p. 235 : « Vous me feriez plaisir de me communiquer vos considérations sur la monnaie de Tournai » ; p. 235 : « J’espère que les savants de Paris pourront expliquer les médailles, dont j’ai eu l’honneur de vous envoyer des copies. Le Père Vitry qui est à Cambrai les attribue à la Maurétanie, parce qu’on trouve des médailles d’Hadrien et de Commode, qui ont au revers MAVRETANIA, et sur lesquelles on voit un cheval et un homme, qui est devant ou à côté, et le tientpar la bride. C’est le Père Volhaert, bibliothécaire des Jésuites de Bruxelles, qui m’a fait tenir la lettre du premier, par le moyen du vicomte de Vueren et Duysbourg, qui est fort de mes amis, et qui est du même sentiment. Le Père Vitry juge aussi que les caractères sont fort semblables à ceux que l’on voit sur quelques médailles de Juba, où l’on voit aussi un cheval » ; p. 237 : « Il (nb : Heyman) m’a remis de la part du consul de la reine de la Grande-Bretagne de magnifiques inscriptions grecques anecdotes, une liste de médailles où il y a des noms de villes qui nous sont inconnues, et d’autres raretés assez singulières » (Cuper 1743, XVI, p. 234-7). +
-Lettre du 1 avril 1710 (de Deventer) : remercie Bignon pur un mémoire sur les monnaies obsidionales ; p. 239 : « Je vous ai entretenu, Monsieur, sur une médaille de bronze, dont un monstre à six ailes occupe le revers. Mr. Reland m’a fait savoir que l’illustre Du Cange dans ses Additamenta ad Constantinopolim Christianam, subjuncta notis ad Zonarae Annales p. 148. fait mention d’une médaille où il y a d’un côté deux têtes des empereurs avec la légende ANDRONIKI MHCAI, et de l’autre, un chérubin à six ailes ; cette médaille se trouve dans le cabinet des Sainte-Geneviève, et appartient selon Mr. Reland à Andronicus Senior et à Michael son fils. Cette pièce doit bien être curieuse, et n’y aurait-il pas moyen d’en avoir une copie ? J’espère que le savant Père Banduri fera entrer cette médaille dans son beau livre, dont le retardement me fait languir » (Cuper 1743, XVII, p. 238-9). +
-Lettre du 11 avril 1710 (de Swol) : « J’ai auprès de moi une trentaine de lettres de savants, dont j’ai reçu quelques-unes ici, et entre autres une du consul de la Grande-Bretagne à Smyrne, dans laquelle ce curieux et savant Anglais me parle de nouveau des médailles grecques, entre lesquelles il y en a de rares. Je me trompe peut-être, mais étant ici sans livres je ne puis m’en éclaircir. Je prendrai néanmoins la liberté de vous parler de quelques-unes de ces médailles, tant à cause que vous vous y plaisez et vous y diversifier, que parce que vous aurez par-là l’occasion de donner quelque occupation à Mrs. Les académiciens, dont vous êtes, Monsieur, le digne chef » (suit la description en latin de 3 monnaies d’argent et de 3 monnaies de bronze) ; « Je ne doute pas, Monsieur, que parmi ces médailles il n’y en ait qui ont été publiées ou décrites par Goltzius, le Père Hardouin et d’autres ; Selge est une ville d’Asie, Soli de Chypre ; mais j’ai voulu parler de ces restes du vieux temps, pour les raisons susdites, et pour ne pas vous envoyer literas nudas, comme Pline le Jeune dit quelque part, si je ne me trompe » (Cuper 1743, XVIII, p. 241-2). +
-Lettre du 4 juin 1710 (de Deventer) : sur la dispersion du cabinet de Sainte-Geneviève, p. 243 : « Je suis bien marri que le chérubin s’en soit envolé, et que les religieux de Sainte-Geneviève se soient défaits de presque tout leur cabinet, qui a été bien curieux, comme il paraît par ce que le Père Molinet en a publié. Je m’en étonne, car une pareille collection est un grand ornement pour une société aussi renommée que celle des Sainte-Geneviève. Est-ce qu’ils se sont fait un point de conscience de garder des restes du paganisme ? Ou est-ce qu’ils en ont fait présents à quelque grand seigneur ; car ils sont trop riches pour les vendre ? Quoi qu’il en soit, je m’imagine qu’ils savent bien à qui appartiennent à cette heure ces antiquités ; et si le possesseur est de vos amis, je me flatte de pouvoir encore recouvrer le chérubin, qui me tient fort à cœur, à cause de la singularité du fait. Les médailles arméniennes auront sans doute la même fortune ; car je suis particulièrement informé que de telles médailles ont été dans les cabinets de Mr. de Lamoignon et des religieux dont j’ai parlé. Feu Mr. Baillet les connaissait, et feu Mr. Picquet en avait des copies ; c’est pour cela que je crois qu’on les prend pour des médailles arabes. Personne n’est plus propre à les distinguer que Mr. Galland, ce grand antiquaire, et ce savant professeur en langue arabe ; il s’y emploiera, sans doute, si vous voulez avoir pour moi la complaisance de lui en parler, car je voudrais de tout mon cœur rendre ce service à un de mes amis, qui désire passionnément les copies de ces médailles arméniennes » ; sur la vente du cabinet du duc de Wurtemberg, p. 244 : « On m’a envoyé d’Allemagne le catalogue du Cimeliarchium seu Thesaurus Nummorum tam antiquorum quam modernorum Ducis Wurtembergiae, qui est à vendre. Il y a une grande quantité de médailles, et ce cabinet est digne d’un prince. Le catalogue est assez exact, mais quelquefois l’auteur se méprend, principalement dans la liste des médailles grecques ; je ne renverrai pas à un autre temps d’en entretenir Mr. Galland, surtout sur quelques-unes, qui sont, à ce qu’il me semble, assez singulières » (Cuper 1743, XIX, p. 243-4).
-Lettre du 1 août 1710 (d’Oxen) : p. 247 : « J’abandonne les médailles arméniennes et le chérubin, et je suis fâché de vous avoir importuné là-dessus. Mais, Monsieur, vous ne dites rien du manuscrit qui se trouve dans la bibliothèque des chanoines de Saint-Victor ; s’il s’y trouve encore, et si ces savants religieux veulent le publier, je me passerai très volontiers des médailles, dont je ne connais point les caractères » ; p. 247-8 :« J’ai lu avec plaisir dans le Journal des Savants de cette année, que Mademoiselle Le Hay va nous donner des antiques, et que Mr. son mari enverra aux curieux des empreintes des médailles grecques, qui sont inconnues aux antiquaires de Paris. Je vous prie, Monsieur, de me rendre ce service, et de me faire le plaisir que je puisse être de ce nombre » (Cuper 1743, XXI, p. 247-8). +
-Lettre du 1 jan. 1711 (de Deventer) : « Mon gendre, Mr. le baron de Broekhuisen, seigneur de Doorn, et Goote weede, membres des Etats de la Province d’Overijssel dans le corps de la noblesse, lietenant-colonel du régiment du général-major Mr. le baron de Keppel, a été au siège d’Aire, et il m’en a apporté une médaille obsidionale, que le brave gouverneur de cette importante place a fait battre de son argent pour payer la garnison. Les curieux l’ont vue, et ils ont eu quelque dispute sur l’inscription, qui s’y lit : PRO REGE ET PATRIA ARIA B., ce qui est sans dout Obsessa. Ils ne pouvaient pas comprendre comment on pouvait dire, que cette ville fut assiégée Pro Rege & Patria, et il y en avaient qui disaient qu’on aurait dû mettre D E, defensa, à cause que la ville a été défendue à merveille. Je soutenais qu’à la vérité, il y avait au premier abord quelque obscurité, mais qu’il fallait faire attention que par la élgende PRO REGE ET PATRIA le gouverneur marque que cette monnaie a été battue de son argent pour le service du roi et de la patrie ; et qu’ARIA OB singifie que cela s’est fait au siège de cette ville. Il aurait pourtant, si je ne me trompe, mieux valu qu’on eût mis ARIA OB à l’exergue, et que l’an 1710 eût été placé après le mot PATRIA. Je vous fais juge, Monsieur, de ce différent, et je dois ajouter que les armes du gouverneur m’y plaisent bien plus qu’une tête couronnée de laurier sur une autre médaille obsidionale, dont nous nous sommes entretenus autrefois. On me mande d’Italie qu’un moine bénédictin, nommé Dom Romoaldo Riccosaldo a réfuté les remarques de Mr. Ficoroni sur le Diarium du Père Montfaucon, et qu’on croit que c’est un nom supposé. Je souhaite fort de lire ce livre là, qui est imprimé à Venise, et faites moi le plaisir de m’informer, si notre bon ami n’en serait pas l’auteur lui-même » ; « Le roi de Prusse a ordonné à ses bibliothécaires de faire des Indices materiarum de tous les livres, qui sont dans la bibliothèque de sa majesté, qui est fort nombreuse. Ce sera sans doute un pénible travail pour ceux qui en ont soin ; mais ils pourraient se servir à la sourdine des Acta et des Journaux des savants, où ils en trouveront une bonne partie ; mais le mal est que les souverains veulent être obéis ponctuellement, et je m’imagine que ceux qui oseraient en user ainsi perdraient leur crédit et leur charge » (Cuper 1743, XXVI, p. 268-9).
-Lettre du 4 jan. 1711 (de Deventer) : « Je prends la liberté devous charger d’une lettre pour Mr. Galland : ce professeur y trouvera quelques réflexions sur l’inscription qui conserve la mémoire de LVNA HETRVSCA, cinq ou six empreintes des médailles arabes, qui lui donneront sans doute quelque occupation » (Cuper 1743, XXVII, p. 271). +
-Lettre du 7 mai 1711 (de Oxen) : « J’ai lu dans les Mémoires de Trévoux, que j’ai fait venir de France, que Mr. l’Abbé de Vallemont a publié une réponse à Mr. Baudelot, où se trouve détruit tout ce qu’il avance contre l’antiquité de la médaille d’Alexandre le Grand, et qu’elle est imprimée en l’an 1706. J’ai la dissertation de ce savant abbé, et deux lettres de Mr. Adele, que je crois être Mr. Baudelot, qui a voulu se cacher, mais la réponse y manque. Est-ce qu’il n’y a pas moyen de l’avoir ? Je ne vous parlerais pas, croyez-moi sur mon honneur, Monsieur, si je ne connaissais une autre voie ; et je désire passionnément de l’avoir, à cause que j’ai beaucoup de matériaux, pour en faire un Alexander verus, et un Alexander falsus vel dictus ; et vous pouvez bien juger, Monsieur, que les pièces, dont je viens de parler, me serviront admirablement pur embellir l’un ou l’autre » (Cuper 1743, XXVIII, p. 274-275). +